Le président du Parlement libanais (c), entouré de responsables arabes au Caire, lors de la 32e réunion de l'Union parlementaire arabe. Photo Hassan Ibrahim/Parlement libanais
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui assiste depuis jeudi au Caire à la 32è réunion de l'Union parlementaire arabe, a critiqué vendredi un rapport émis par cet organisme sur la solidarité entre les pays de la région, exprimant ainsi les réserves du Liban sur ce document.
"Je crois que nous sommes réunis ici sous le titre de la solidarité arabe. Mais où est la solidarité dans ce rapport ?", s'est demandé M. Berry, avant de formuler "les réserves du Liban" sur le texte de la commission politique. "Qu'en est-il du marché arabe commun ?", s'est encore interrogé le président du Parlement. "Quid de la solidarité face au terrorisme ? Il faut qu'il y ait une coordination arabe sur ce plan et que Le Caire soit le siège de cette coopération", a-t-il plaidé.
Le rapport de la commission politique de l'Union, lu à l'issue des travaux de la réunion, contient une série de recommandations, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Dans ce rapport, l'organisme exprime sa "solidarité avec le peuple libanais frère à l'ombre de la crise économique et financière qu'il subit et afin qu'il puisse regagner sa santé et sa stabilité, en vue d'un retour à une vie normale des institutions pour préserver la souveraineté et l'unité de son territoire". Ces propos sonnent comme une critique du pouvoir politique en place, dont M. Berry est l'un des piliers, et qui est accusé par la communauté internationale d'être responsable de l'effondrement socio-économique au Liban.
Les propos de M.Berry interviennent alors que le Liban tente de restaurer ses liens avec les monarchies du Golfe, après la crise diplomatique déclenchée en octobre dernier par l'ancien ministre de l'Information Georges Cordahi sur le rôle de Riyad dans la guerre au Yémen. Si depuis la démission du ministre, des avancées avaient semblé se profiler, elles ne se sont pas concrétisées. Le Koweït avait soumis douze propositions aux autorités libanaises, lors d'une visite de son chef de la diplomatie à Beyrouth en janvier dernier, afin de s'orienter vers un dégel diplomatique. Cette feuille de route comprenait plusieurs requêtes générales de la communauté internationale, comme l'organisation des législatives et le lancement de réformes, ainsi que certains points comme l’appel au respect de la résolution 1559 de l'ONU, adoptée en 2004 et qui porte, entre autres, sur "le désarmement et la dissolution de toutes les milices", à savoir le Hezbollah, financé par l'Iran. Fin janvier, le chef de la diplomatie koweïtienne, cheikh Ahmad Nasser al-Mohammad al-Sabah, avait annoncé que la réponse du Liban aux propositions était "à l'étude" et que des décisions seraient prises concernant la suite à donner à cette initiative.
Jeudi, M. Berry avait appelé l'Union parlementaire arabe à superviser les élections législatives libanaises prévues le 15 mai.

