Longtemps dans l’ombre de Martin Fourcade, Quentin Fillon Maillet a écrit sa propre histoire en décrochant hier son premier titre olympique en biathlon, dans une épreuve qui n’est pourtant pas sa spécialité, lors de l’individuel (20 km) qu’il a survolé malgré deux pénalités au tir. Odd Andersen/AFP
Longtemps dans l’ombre de Martin Fourcade en biathlon, Quentin Fillon Maillet a écrit sa propre histoire en décrochant hier mardi son premier titre olympique lors de l’épreuve individuelle (20 km), qu’il a survolé malgré deux pénalités au tir. Le Jurassien de 29 ans a obtenu le premier sacre de sa carrière aux Jeux olympiques et a offert aux Français leur première médaille d’or. Auteur d’un 18/20 au tir, Quentin Fillon Maillet a devancé le Biélorusse Anton Smolski et le tenant du titre norvégien Johannes Boe.
Tout un symbole : parmi les premiers à féliciter Quentin Fillon Maillet, celui qui l’a inspiré et a longtemps incarné le biathlon en France, Martin Fourcade, qui lui a donné une chaleureuse accolade au bord du stade de Zhangjiakou. Quatre ans après la razzia de Martin Fourcade aux JO de Pyeongchang (trois titres, dont deux en solo), Quentin Fillon Maillet marche sur les traces de la légende du biathlon, partie à la retraite en 2020. Martin Fourcade était également le seul Français à s’être imposé dans l’individuel aux JO (à Sotchi en 2014).
Dans une épreuve qui n’est pourtant pas sa spécialité, Quentin Fillon Maillet s’est montré d’une assurance sans faille, à l’image de ce qu’il démontre sur le circuit depuis le début de saison. Le leader de la Coupe du monde, très à l’aise sur la piste, a limité la casse sur le pas de tir, alors que l’individuel sanctionne chaque faute à la carabine d’une minute de pénalité. « Il y a beaucoup d’émotion et de plaisir aujourd’hui. C’est juste dingue. J’avais beaucoup de confiance en moi pendant l’échauffement. Avec deux fautes, je n’imaginais pas pouvoir espérer la victoire. Finalement, avec peu d’informations sur la piste et avec le dossard n° 11, il restait beaucoup d’athlètes derrière moi », a rappelé le nouveau champion olympique. « C’était du grand, grand Quentin. C’est sur la piste qu’il est allé chercher ce titre. Il n’a jamais été le plus doué, mais il ne lâche jamais rien et il croit toujours en lui. C’est la victoire du travail qu’il a mis en place depuis des années », a renchérit Vincent Vittoz, l’entraîneur des Bleus.
Une revanche
Victorieux à onze reprises en Coupe du monde, Quentin Fillon Maillet était jusqu’ici resté bredouille sur le plan individuel dans les grands championnats (JO, Mondiaux). Mais le Français, longtemps dans l’ombre de Martin Fourcade et de Johannes Boe, a pris cette saison une nouvelle envergure (cinq succès) et, sauf accident, le gros globe de cristal ne devrait pas lui échapper.
L’or récolté hier confirme la densité exceptionnelle de l’équipe de France de biathlon, tant chez les hommes que chez les femmes. En trois courses disputées depuis le début de ces Jeux d’hiver de Pékin, la France a obtenu trois podiums (l’or pour Quentin Fillon Maillet, donc, et l’argent pour Anaïs Chevalier-Bouchet et le relais mixte). Et le meilleur reste à venir avec, en fin de semaine, le diptyque sprint-poursuite, qui sourit habituellement beaucoup plus aux Français, et les relais, où ils font figure de favoris avec la Norvège.
Ce titre est aussi une forme de revanche pour Quentin Fillon Maillet, quatre ans après une édition 2018 des JO disputée dans des conditions mentales très compliquées : embarquant pour Pyeongchang (Corée du Sud) alors que sa compagne souffrait d’une maladie, ainsi que quelques jours après le décès de son beau-père, il était passé totalement à côté du rendez-vous olympique. « Il y a une petite revanche par rapport aux Jeux d’il y a quatre ans (…). C’est un début juste exceptionnel, avec le final pour la médaille d’argent du relais mixte, l’or aujourd’hui. Le biathlon français fonctionne plutôt bien. Ça fait vraiment plaisir », a souligné Quentin Fillon Maillet après la course.
Source : AFP

