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Culture - Arrêt Sur Talent

Nabeel Yakzan, photographe, coup de cœur de la rédac’

Ne cherchez pas ! Pas de prix à son actif, ni d’expositions. Nabeel Yakzan est un coup de cœur de la rédac’. Ce tout jeune talent, que « L’Orient-Le Jour » a découvert sur le réseau Twitter, promet de nous emmener très loin dans l’univers de la photographie.

Nabeel Yakzan, photographe, coup de cœur de la rédac’

La « thaoura » autrement. Photo Nabeel Yakzan.

S’il ne fallait que quelques mots pour décrire le travail de Nabeel Yakzan, ce serait « l’instant précis. » Dans son portfolio, aucune photo qui ne retienne pas notre attention. Ce jeune étudiant en ingénierie chimique, réservé et timide, tout juste âgé de 22 ans, est né et a grandi dans les émirats au cœur de la ville de Abou Dhabi. En 2017, Nabeel Yakzan rentre au Liban avec ses parents, s’inscrit à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et observe, en dehors de ses horaires universitaires, Beyrouth avec un regard neuf et se consacre à sa passion, la photo de rue. « Photographier les arbres et les forêts ne m’a jamais intéressé, mes photos se focalisent plutôt sur l’humain que je rencontre en chemin. » Ses sujets, en noir et blanc ou en couleurs, sans concessions, captent le regard et l’emprisonnent. Et ses images donnent à voir la société sublimée dans son naturel ou sa cruauté. Lui qui a évolué, depuis tout jeune, dans une ville aseptisée avec ses buildings arrogants et ses larges avenues déshumanisée va découvrir les rues de Beyrouth avec ce qu’elles recèlent comme richesses et culture. Les poubelles y côtoient la beauté, le voile flirte avec les minijupes, les voitures vintage défient les 12 cylindres. Et ce peuple dont il va tomber amoureux : le cheikh assis au même endroit tous les jours, cette employée qui sort à la même heure fumer sa cigarette, le marchand de café qui arpente les ruelles ou les petits artisans penchés sur leurs ouvrages. Nabeel Yakzan avoue que Beyrouth est un paradis pour qui sait regarder dans le viseur et ignorait qu’elle lui réservait de si grandes opportunités. Le jeune homme a commencé la photographie à 16 ans pour passer le temps, avant que ce hobby ne devienne une révélation et le pousse à trimballer son appareil un peu partout. Son rituel, lui qui ne connaît pas bien la ville, est de la parcourir et de s’y perdre. « Pour retrouver mon chemin, dit-il, je me sers de l’application Google Map. »

Des rues au quotidien tranquille traversées par la contestation du 17 octobre 2019 et dévastées par la double explosion du 4 août 2020, il ne va rien omettre d’immortaliser.

Son matériel fétiche : Nikon D850, Fujifilm XPro3

Son compte Instagram :@NabeelYakzan

Son compte Twitter : @NabeelYakzan

La « thaoura » autrement

Pour ce jeune photographe, la ville de Beyrouth a été construite par son peuple. À lui seul revient le droit de la déconstruire ou de la détruire le moment venu s’il le faut, pour la rebâtir sur de nouvelles bases, au nom de la liberté d’expression, de l’indépendance et des revendications aux droits de l’homme. Ni l’humeur du temps et ses pluies diluviennes si fréquentes à Beyrouth ni les autorités qui ne le représentent pas et se dressent en ennemi ne l’arrêteront. On essaiera de tenter l’impossible et Nabeel Yakzan est acteur et témoin. Enfant unique, il avoue qu’à chaque descente dans la rue pour soutenir et immortaliser la contestation, il a donné des angoisses à sa mère qui en arrivait presque à regretter la vie tranquille aux Émirats.

Photo Nabeel Yakzan.

Les « petites mains »

Qu’est-ce qui fait la richesse d’une ville sinon son histoire et ses habitants ?

À Beyrouth, il est encore fréquent de tomber sur un barbier prêt à attendre toute une journée pour étaler la mousse blanche sur les joues de son client, ou un retoucheur dont les yeux clignotent à chaque surpiqûre, mais qui s’évertuera à rendre la chemise qu’on lui a confiée comme neuve, ou encore un confectionneur de chemises qui tente de faire concurrence au prêt-à-porter de masse. Ils sont les petites mains du Liban, ce pays qu’ils n’abandonneront jamais. Nabeel les regarde et les aime, ces gardiens de traditions.

Photo Nabeel Yakzan.

La rue immortalisée

Il a beau utiliser les caméras les plus sophistiquées, planquer son portable dernière génération dans sa poche, il lui est quand même arrivé de réaliser que dans cette ville, où il n’a pas grandi, le temps s’est quelquefois figé. La technologie a beau avoir envahi et conditionné notre quotidien, une vieille cabine téléphonique est encore là pour que l’on pousse sa porte et décroche un vieux combiné poussiéreux. Tout comme cet homme poussant un chariot distributeur de café permettant de déguster son breuvage face au bleu de la Méditerranée et penser que le temps est encore au bonheur où l’on prenait son temps.

S’il ne fallait que quelques mots pour décrire le travail de Nabeel Yakzan, ce serait « l’instant précis. » Dans son portfolio, aucune photo qui ne retienne pas notre attention. Ce jeune étudiant en ingénierie chimique, réservé et timide, tout juste âgé de 22 ans, est né et a grandi dans les émirats au cœur de la ville de Abou Dhabi. En 2017, Nabeel Yakzan rentre au Liban avec ses parents, s’inscrit à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et observe, en dehors de ses horaires universitaires, Beyrouth avec un regard neuf et se consacre à sa passion, la photo de rue. « Photographier les arbres et les forêts ne m’a jamais intéressé, mes photos se focalisent plutôt sur l’humain que je rencontre en chemin. » Ses sujets, en noir et blanc ou en couleurs, sans concessions, captent le...
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Mesmerizing ❤️

Mireille Kang

07 h 38, le 09 février 2022

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  • Mesmerizing ❤️

    Mireille Kang

    07 h 38, le 09 février 2022

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