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"Le Liban ne doit plus être une plateforme pour les conflits extérieurs", plaident les évêques maronites

Les évêques maronites réunis le 2 février 2022 à Bkerké. Photo ANI

Le Conseil des évêques maronites a estimé mercredi que le "Liban ne doit plus être une plateforme pour les conflits extérieurs", des propos qui interviennent quelques jours après que le Liban a remis une réponse officielle aux propositions des pays du Golfe pour résoudre la crise diplomatique avec Beyrouth, dans le cadre de laquelle la question des armes du Hezbollah semble constituer le principal obstacle à toute avancée.

La réunion mensuelle des évêques maronites a eu lieu en présence du numéro trois du Vatican, Mgr Paul Gallagher en visite officielle à Beyrouth. Dans le communiqué publié par le Conseil à la fin de cette réunion, les évêques ont salué le fait que Mgr Gallagher "porte le dossier libanais au niveau international".

"Nous soulignons la nécessité de résoudre avec fermeté la faille urgente survenue au niveau des relations avec le Golfe de sorte à mettre un terme final aux ingérences dans les affaires des pays amis et frères", ont par ailleurs affirmé les évêques dans leur communiqué. "Nous voyons dans cette faille le besoin urgent du Liban d'annoncer sa neutralité afin qu'il ne soit plus une plateforme pour les conflits extérieurs, qu'il se redresse et se concentre sur sa bonne gestion de sa situation", ont-ils par ailleurs ajouté.

Les relations entre le Liban et les monarchies du Golfe se sont détériorées fin octobre à la suite de propos hostiles de l'ancien ministre de l'Information, Georges Cordahi, sur le rôle de la coalition saoudienne dans la guerre du Yémen. Dans une tentative de médiation entre les parties, le chef de la diplomatie koweïtienne avait avancé samedi dernier, lors d'une visite à Beyrouth, une série de propositions, parmi lesquelles que le monopole des armes soit détenu par l’État et l'application des résolutions onusiennes, notamment la 1559 prévoyant le désarmement des milices, et donc du Hezbollah. La réponse préparée par Beyrouth souligne de son côté qu'il faut privilégier la "paix civile" au Liban, que l'application de la 1559 nécessite du temps, et que les conditions soient réunies dans un contexte régional plus large. Dimanche, le patriarche maronite Béchara Raï avait critiqué à mi-mot cette réponse estimant que l’État devait prendre des "décisions courageuses" et ne pas "occulter la vérité afin de protéger la prolifération des armes".

Les évêques ont encore appelé le gouvernement, réuni pour examiner l'avant-projet de budget 2022, à "accorder la priorité à la disponibilité des services publics et ceux liés à la santé et aux besoins alimentaires, sur la base d'une supervision stricte des importations, de la distribution et des ventes". Le Conseil des ministres planche depuis la semaine dernière sur l'avant-projet de budget de l'année en cours, un document contesté au niveau de certains sujets jugés problématiques ou sensibles dans un pays en pleine crise.

Les évêques ont enfin déploré "la perturbation qui sévit dans le secteur éducatif au niveau des salaires, des frais de scolarité et de la régularité du travail des institutions concernées", estimant que cela "menace de paralyser ce secteur". Ils ont appelé le gouvernement à trouver des solutions dans le cadre des négociations avec le Fonds monétaire international et du budget de l'année en cours.


Le Conseil des évêques maronites a estimé mercredi que le "Liban ne doit plus être une plateforme pour les conflits extérieurs", des propos qui interviennent quelques jours après que le Liban a remis une réponse officielle aux propositions des pays du Golfe pour résoudre la crise diplomatique avec Beyrouth, dans le cadre de laquelle la question des armes du Hezbollah semble constituer le...