Le logo du mouvement Amal. Via l'ANI
Le bureau politique du mouvement Amal s'est prononcé lundi contre le versement par l'Etat d'une avance à l'organisme public Electricité du Liban (EDL), réclamée par le ministre de l'Energie Walid Fayad, et dénoncé un "échec continu" de la résolution de la crise de l'électricité dans le pays qui connaît, depuis des mois, de longues heures de rationnement en courant. Cette question a provoqué des débats houleux en Conseil des ministres lors de l'étude de l'avant-projet de l'année en cours.
A l'issue de sa réunion hebdomadaire, le parti dirigé par le président du Parlement, Nabih Berry, a dénoncé "l'échec continu de la résolution des racines de la crise de l'électricité", déplorant le fait qu'"aucune réforme sérieuse n'ait été lancée dans ce secteur". Pour les berryistes, "la politique des avances est la base de l'effondrement économique et financier, parce qu'elle a fait porter à l'Etat des fardeaux qui se sont avérés inutiles". Ces derniers ont également dénoncé le fait que certaines nominations n'ont pas toujours pas été effectuées au sein d'EDL, alors que le pays est frappé depuis des mois par de sévères rationnements en courant.
La question du financement d'EDL provoque des remous, depuis samedi, au sein du gouvernement. Qualifiant le dossier de l'électricité de "houleux", le ministre de l'Information p.i. et de l'Education, Abbas Halabi, avait indiqué samedi que les discussions autour de ce sujet, qui figure au 13ème point de l'avant-projet, "ont été suspendues". Il a souligné que le ministre de l'Energie, Walid Fayad, a été appelé à justifier une "avance à EDL d'un montant de 5.000 milliards (5 billions) de livres libanaises". Un appel qui a été renouvelé lundi lors de la réunion du Conseil.
Le ministère de l'Energie est tenu depuis des années par des ministres membres ou proches du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), avec qui Amal est à couteaux tirés. L'été dernier, la question d'un versement à EDL avait déjà provoqué des tiraillements politiques entre les différentes parties.
Le parti chiite a par ailleurs condamné les frappes israéliennes qui ont visé à l'aube un poste militaire et un dépôt d'armes du Hezbollah près de Damas en Syrie, depuis l'espace aérien libanais, déplorant le fait que l'Etat hébreu ne respecte pas les résolutions internationales à l'égard du Liban et de la Palestine.
Le mouvement Amal a par ailleurs mis en garde contre le danger de la présence au Liban de réseaux israéliens visant à "porter atteinte à la sécurité et la stabilité" du pays du cèdre, après l'annonce du démantèlement de dix-sept groupes par les forces de sécurité intérieure, annoncé plus tôt dans la journée, lors d'un Conseil des ministres. Une annonce également salué aujourd'hui par le chef du mouvement Amal, Nabih Berry.


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