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Lifestyle - Un peu plus

Oh My Cron !

Oh My Cron !

Image d’illustration M.A./imgflip. com

Cela va bientôt faire deux ans que nous sommes coincés dans une pandémie hors normes. Lorsque tout ça a commencé à Wuhan, fin 2019, nous n’étions pas encore conscients que quelque deux mois après, nous serions à notre tour concernés par le Covid-19, et du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés bloqués à la maison, apprenant à travailler depuis notre lit et nous lavant les mains 50 fois par jour. On désinfectait tout ce qu’on touchait, des produits du supermarché aux repas qu’on avait commandés. Respect de la distanciation sociale, port du masque et même de gants au tout début. Psychose, paranoïa, suspicion, notre comportement avec les autres a changé en une fraction de seconde. On ne s’embrassait plus, on ne s’enlaçait plus. Et on s’est retrouvés éloignés de nos proches, coincés eux aussi, mais dans un autre pays. Puis nous sommes passés aux couvre-feux, à l’alternance des plaques d’immatriculation, la fermeture de certaines régions (et pas d’autres), aux horaires des lieux publics et des restaurants assez surprenants, aux autorisations de sortie. On a enchaîné les PCR et ceux qui l’avaient attrapé au tout début n’avaient pas très envie de l’annoncer. Limite, ils avaient honte. Ça voulait dire qu’ils avaient pris des risques et n’avaient pas vraiment fait attention, surtout avec le nombre de cas pas très nombreux, au début et surtout, au Liban.

Puis, les frontières se sont ouvertes à nouveau. Enfin, pas partout et pas pour tout le monde. Et rebelote, PCR à gogo. Avant de prendre l’avion, à l’atterrissage, avant de repartir et enfin, une fois encore à l’aéroport. Quarantaine obligatoire de quatorze jours en fonction du pays d’où on vient, 48 heures à l’hôtel en arrivant, passe sanitaire, assurance Covid et des réglementations de dernière minute qui prennent tout le monde de court. Pas besoin de test, besoin de test ; PCR de 72h puis de 24h; formulaires à remplir, à imprimer puis à ne pas imprimer… Le temps passant, on a recommencé à sortir. Les fêtes de fin de l’année 2020, les fêtes tout court. Retour en force du virus, des cas de contamination, des hospitalisations. Puis la phase des vaccinations est enfin arrivée, un peu au même moment que la réouverture des classes et un fonctionnement en hybride. Ça y est, on allait en finir avec le Covid et sa dizaine de variants venus un coup d’Inde, du Brésil ; un coup du Royaume-Uni ou de je ne sais où. Bêta, Lambda, Delta et le fameux Omicron.

Nous qui avions pensé, au tout début du premier confinement, qu’on en aurait fini en deux ou trois semaines, nous nous sommes retrouvés face à ce variant totalement fou et portant la quinzième lettre de l’alphabet grec. Ceux qui y avaient échappé et qui avaient été vaccinés l’ont quand même attrapé. Et le « quelques personnes dans mon entourage ont eu le Corona », s’est fait supplanter par le « putain, tout le monde l’a ». Et ce sont ceux qui ne l’ont pas eu (pendant les récentes fêtes de fin d’année) qui se sont retrouvés isolés du monde. Et là, nos comportements qui ont dû faire un virage à 180°, ont pris une tangente complètement absurde. Et à l’heure d’aujourd’hui, nos attitudes sont, limite, devenues loufoques. Dès qu’on se croise, les « Tu l’as eu ? »

fusent. « C’est bon, je viens d’en sortir. » « J’ai fait le booster shot. » « On s’embrasse ? » On préfère les chocs de poings, les bisous en l’air et les bye-bye de loin. Et tout ça est devenu tellement normal, qu’on ne réalise plus à quel point on a l’air ridicule avec ces nouveaux gestes de tous les jours. Et de tous les soirs bien évidemment. Ridicule au point où d’aucuns ont préféré prendre des risques pour l’avoir et en finir. D’autres ont joué la carte de la prudence. Mais comme un coup de poker, là aussi, personne n’est vraiment à l’abri. Ceux qui, en ce début 2022, n’ont jamais eu le Covid, sont des aliens pour la plupart d’entre nous.

À l’heure qu’il est, toutes les hypothèses sont dans la nature. Et comme tout le monde est devenu médecin spécialisé en virologie, tous les pronostics sont bons. « Yalla, c’est le dernier variant. » « Probablement l’avant-dernier. » « C’est le début de la fin. » « Le Covid est devenu une petite grippe. » Bref, on ne sait pas vraiment ce qui va se passer, puisqu’on a décelé le Deltacron il y a quelques semaines. Mais bon, au Liban, on est habitués à l’incertitude planante. C’est notre pain quotidien. Allez savoir ce qu’on va encore découvrir… juste avant les élections.

Chroniqueuse, Médéa Azouri anime depuis plus d’un an avec Mouin Jaber « Sarde After Dinner », un podcast où ils discutent librement et sans censure d’un large éventail de sujets, avec des invités de tous horizons. Tous les dimanches à 20h00, heure de Beyrouth.

Épisode du 16 janvier 2022 avec Georges Khabbaz

https://youtu.be/JbGh0uIpzpI


Cela va bientôt faire deux ans que nous sommes coincés dans une pandémie hors normes. Lorsque tout ça a commencé à Wuhan, fin 2019, nous n’étions pas encore conscients que quelque deux mois après, nous serions à notre tour concernés par le Covid-19, et du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés bloqués à la maison, apprenant à travailler depuis notre lit et nous lavant les...

commentaires (1)

Merci Médéa pour vos "un peu plus" qui font du bien et que je guette dans la une de l'OLJ. Merci aussi pour le merveilleux et si inspirant "Sarde after dinner" avec Georges Khabbaz, merci de m'y avoir fait découvrir Ghadi que j'ai regardé avec bonheur hier soir. Merci de nous offrir ainsi en ligne un arbre où l'oiseau éloigné que je suis peut venir se poser et partager un peu de vie libanaise avec vous en attendant de revenir sur place, bientôt j'espère.

Doumit El Khoury

10 h 06, le 21 janvier 2022

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Commentaires (1)

  • Merci Médéa pour vos "un peu plus" qui font du bien et que je guette dans la une de l'OLJ. Merci aussi pour le merveilleux et si inspirant "Sarde after dinner" avec Georges Khabbaz, merci de m'y avoir fait découvrir Ghadi que j'ai regardé avec bonheur hier soir. Merci de nous offrir ainsi en ligne un arbre où l'oiseau éloigné que je suis peut venir se poser et partager un peu de vie libanaise avec vous en attendant de revenir sur place, bientôt j'espère.

    Doumit El Khoury

    10 h 06, le 21 janvier 2022

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