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Politique - Décryptage

La scène sunnite à la merci des conséquences des hésitations de Saad Hariri

En attendant une déclaration officielle de sa part, les proches de Saad Hariri affirment que jusqu’à nouvel ordre, il ne compte pas se présenter aux prochaines élections prévues le 15 mai. Mais, selon eux, cela ne signifie pas que le courant du Futur ne devrait pas participer à ce scrutin. Au contraire, Saad Hariri aurait décidé de présenter des listes dans la plupart des circonscriptions électorales, notamment à Saïda, à Beyrouth, dans la Békaa-Ouest et au Nord. S’il est certain que Bahia Hariri devrait se présenter à Saïda, c’est le siège qui revenait à Saad Hariri à Beyrouth qui pose problème.

Toujours selon les proches du chef du courant du Futur, ce dernier aurait songé un moment à proposer ce siège à l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, mais il est apparu que celui-ci n’est pas suffisamment populaire auprès des électeurs du courant du Futur à Beyrouth. Le choix se serait donc porté sur le secrétaire général du courant, Ahmad Hariri, qui devrait d’ores et déjà entamer une campagne électorale musclée. Toutefois, des critiques commencent à s’élever au niveau de la base populaire du courant du Futur à Beyrouth (dans la seconde circonscription en particulier), car pour celle-ci, Ahmad Hariri n’a pas la même légitimité populaire que son cousin Saad. Cela est d’autant plus important que les hésitations de Saad Hariri au sujet du prochain scrutin législatif ont ouvert les appétits de nombreuses parties et personnalités sunnites qui veulent désormais se lancer dans la course.

D’ailleurs, un des grands problèmes auxquels devrait faire face le courant du Futur dans la bataille électorale, c’est le manque de fonds. Cet élément déterminant, qui découle des problèmes successifs de Saad Hariri avec les dirigeants saoudiens et de la liquidation de ses avoirs en Arabie saoudite, devrait constituer un handicap pour les candidats du courant du Futur. En conséquence, ceux-ci devraient être désormais choisis parmi les personnalités fortunées prêtes à financer les élections, au détriment des candidats traditionnels, soit membres du courant du Futur, soit évoluant dans son orbite.

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Mais au-delà de l’élément financier, le positionnement de Saad Hariri sur le plan régional constitue aussi un facteur déstabilisant pour les électeurs sunnites. Saad Hariri a beau afficher des positions hostiles au Hezbollah et à l’axe dit de la résistance et s’aligner politiquement sur le point de vue des dirigeants saoudiens, l’hostilité à peine dissimulée de ces derniers à son égard ajoute encore à la confusion de son électorat. Ce dernier est en effet habitué à considérer que l’appui traditionnel de la communauté sunnite au Liban vient de l’Arabie saoudite et des États du Golfe en général. Les relations compliquées de Saad Hariri avec les dirigeants saoudiens et la position hostile de ces derniers à l’égard de sa participation aux élections et à la vie politique libanaise en général déstabilisent donc la base populaire du courant du Futur qui ne sait plus où se situer exactement. Officiellement, cette base est hostile au Hezbollah et à l’Iran, mais en même temps, elle constate que la préférence des autorités saoudiennes va nettement vers les Forces libanaises et leurs alliés sur la scène sunnite, notamment l’ancien ministre de la Justice Achraf Rifi. Cette contradiction qui paraît inexplicable à la base populaire du courant du Futur pourrait affaiblir sa motivation à se rendre aux urnes. De même que le fait que Saad Hariri ne participe pas personnellement au scrutin rend celui-ci moins intéressant pour les électeurs du Futur.

En face de cette absence de motivation (jusqu’à présent) chez les électeurs du courant du Futur, l’on trouve une importante mobilisation des autres parties politiques sunnites, qui estiment que l’affaiblissement du courant du Futur leur est profitable. Depuis quelques semaines en effet, plusieurs mouvements, courants et personnalités ont commencé à se préparer pour se lancer dans la bataille électorale. Selon des sources sunnites à Beyrouth, le plus remarquable est la réapparition de deux courants opposés, le premier proche des islamistes et le second proche du régime syrien. Ces courants ont rapidement refait leur apparition sur le terrain, en particulier à Tripoli et dans le Nord en général, ainsi qu’à Beyrouth. Ils pensent pouvoir occuper la place laissée vacante par l’affaiblissement du courant du Futur et s’apprêtent déjà à se lancer dans des campagnes féroces. Parallèlement à la réapparition de ces courants, un certain malaise commence à se faire sentir au sein même de Dar el-Fatwa. Des cheikhs du Nord ont ainsi envoyé une pétition au mufti de la République Abdellatif Deriane pour lui rappeler qu’ils manquent de tout et qu’ils n’arrivent plus à répondre aux demandes de la population. De même, d’autres voix commencent à s’élever dans la Békaa pour dénoncer le manque d’action de la part du mufti Deriane, considéré comme proche du chef du courant du Futur Saad Hariri. Dans ce contexte préélectoral, si le mufti de la République perd une partie de son autorité sur les cheikhs, cela augmentera la confusion au niveau des électeurs et de la scène sunnite en général. Surtout si les cheikhs, pour compenser le manque de fonds en provenance de Dar el-Fatwa, commencent à recourir à d’autres sources de financement, chacun de son côté...

Dans le paysage général, tous ces éléments peuvent paraître secondaires, mais dans un pays où les équilibres communautaires et politiques sont aussi délicats, ils doivent être pris en considération au cours des prochains mois.

En attendant une déclaration officielle de sa part, les proches de Saad Hariri affirment que jusqu’à nouvel ordre, il ne compte pas se présenter aux prochaines élections prévues le 15 mai. Mais, selon eux, cela ne signifie pas que le courant du Futur ne devrait pas participer à ce scrutin. Au contraire, Saad Hariri aurait décidé de présenter des listes dans la plupart des circonscriptions électorales, notamment à Saïda, à Beyrouth, dans la Békaa-Ouest et au Nord. S’il est certain que Bahia Hariri devrait se présenter à Saïda, c’est le siège qui revenait à Saad Hariri à Beyrouth qui pose problème. Toujours selon les proches du chef du courant du Futur, ce dernier aurait songé un moment à proposer ce siège à l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, mais il est apparu que celui-ci n’est pas suffisamment...
commentaires (5)

Contrairement a certains, je pense que cette analyse est juste et décrit la situation exacte au sein de la communauté Sunnite. Grace a Dieu, les Sunnites au Liban ne sont pas aussi islamistes que dans les pays arabes ou même en Europe. Pour la première fois depuis la fondation du pays, le peuple Libanais a la chance de changer de pratique et enfin d'exprimer ses positions nationales autrement qu'a travers sa communauté. Les Sunnites souverainistes sincères ont la chance cette fois de pouvoir se présenter même en tant que FL, Kataeb ou a travers les nouveaux partis issus de la société civile pour justement atteindre un jour un état ou ses intérêts priment sur ceux des communautés. Cette ouverture changera la donne sur le terrain et permettra a l'avenir, peut être, de regarder vers la même direction. Si les dirigeants souverainistes de toutes les communautés ne réagissent pas lors de ces élections pour inverser la situation catastrophique ou nous ont mené le Hezbollah et ses suppôts, le Liban que nous connaissons sera bel et bien mort et il faudra alors le repenser chacun a sa manière et de son coté... De toute manière, tant que le parti Iranien n'aura pas remis ses armes la guerre, comme solution, reste inévitable. Cette nouvelle catastrophe sera aussi a mettre au compte de Aoun et de ses amis qui auront trahi sur toute la route... pour ne rien changer a leurs mauvaises habitudes.

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 24, le 11 janvier 2022

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Commentaires (5)

  • Contrairement a certains, je pense que cette analyse est juste et décrit la situation exacte au sein de la communauté Sunnite. Grace a Dieu, les Sunnites au Liban ne sont pas aussi islamistes que dans les pays arabes ou même en Europe. Pour la première fois depuis la fondation du pays, le peuple Libanais a la chance de changer de pratique et enfin d'exprimer ses positions nationales autrement qu'a travers sa communauté. Les Sunnites souverainistes sincères ont la chance cette fois de pouvoir se présenter même en tant que FL, Kataeb ou a travers les nouveaux partis issus de la société civile pour justement atteindre un jour un état ou ses intérêts priment sur ceux des communautés. Cette ouverture changera la donne sur le terrain et permettra a l'avenir, peut être, de regarder vers la même direction. Si les dirigeants souverainistes de toutes les communautés ne réagissent pas lors de ces élections pour inverser la situation catastrophique ou nous ont mené le Hezbollah et ses suppôts, le Liban que nous connaissons sera bel et bien mort et il faudra alors le repenser chacun a sa manière et de son coté... De toute manière, tant que le parti Iranien n'aura pas remis ses armes la guerre, comme solution, reste inévitable. Cette nouvelle catastrophe sera aussi a mettre au compte de Aoun et de ses amis qui auront trahi sur toute la route... pour ne rien changer a leurs mauvaises habitudes.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 24, le 11 janvier 2022

  • Franchement c’est une idée fixe voire une obsession. Tous les articles de Mme Haddad ont pour sujet la critique de Saad Hariri ou l’encensement du Hezbollah et de ses factotums du CPL. Sortez un peu le dimanche, vous verrez qu’il y a d’autres sujets au Liban comme les multiples pénuries et la paupérisation de la population grâce aux réalisations du régime fort

    Lecteur excédé par la censure

    12 h 00, le 08 janvier 2022

  • C’est plus un style adopté dès le début, alors qu’il veut être toujours zaim et premier ministre, à chaque fois, il prétend se récuser pour flirter avec ses constituantes et se faire désirer et démontrer qu’il est le seul leader capable de les mener toujours vers un rêve à jamais non réalisé; il attend son heure à Abu Dhabi et déléguera sa place pour un seul tour de piste non renouvelable à plusieurs qui ont une seule qualité: ni la capacité, ni la volonté de le remplacer un jour

    Roger Dib / NEAR EAST CONSULTING GROUP OLJ00791

    11 h 11, le 08 janvier 2022

  • ELLE A SAUTE SUR L,OCCASION DE MEDIRE SUR HARIRI. L,A-T-ON VU FAIRE DE MEME SUR LES DEBOIRES DE AOUN ET SURTOUT DU GENDRE HAI PAR PRESQUE TOUS LES LIBANAIS CAR PEUPLE CHIITE INCLUS ? OU DU HEZBOLLAH ET SES INTIMIDATIONS ET MENACES EXERCEES SUR LES LIBANAIS SURTOUT CONTRE LE MJUGE BITAR ? RIEN QUE DES BOURDES CHAQUE MATIN. UNE PYTHIE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 19, le 08 janvier 2022

  • Vous voyez la défaite arriver madame lol

    Bery tus

    06 h 20, le 08 janvier 2022

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