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Monde - Disparition

Hommages planétaires à Desmond Tutu

Hommages planétaires à Desmond Tutu

L’archevêque Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix, est mort paisiblement dimanche à 90 ans. Mike Hutchings/File Photo/Reuters

L’Afrique du Sud a entamé lundi une semaine de deuil pour l’archevêque Desmond Tutu, immense figure morale de la lutte contre l’apartheid, mais aussi une malice, une chaleur, un rire en cascade communicatif, dont le pays se sent déjà orphelin.

Le Prix Nobel de la paix, mort paisiblement dimanche à 90 ans, s’était retiré de la vie publique ces derniers mois, visiblement affaibli. Mais chacun se souvient de sa petite silhouette violette, sa ténacité et son franc-parler légendaires pour dénoncer les injustices et écorner tous les pouvoirs.

Le président Cyril Ramaphosa a rendu visite à la famille dans l’après-midi. « Il était courageux, il était franc et nous l’aimions pour cela car il donnait une voix à ceux qui n’en ont pas », a déclaré le chef d’État à la presse en sortant de la maison de l’archevêque anglican au Cap.

« Quand nous étions de jeunes militants, si l’archevêque Tutu était présent, jamais la police ou l’armée ne nous tirait dessus. Pourquoi ? On ne sait pas vraiment. Mais il nous servait de bouclier », a twitté Panyaza Lesufi, aujourd’hui un cadre de l’ANC, parti fossoyeur de l’apartheid qui est toujours au pouvoir.

Les obsèques sont prévues samedi dans la cathédrale Saint-Georges du Cap, son ancienne paroisse. Le corps, placé en chapelle ardente vendredi, sera incinéré et ses cendres reposeront dans la cathédrale.

L’assistance sera limitée à une centaine de personnes en raison du Covid, même si plus de 400 ont déjà exprimé leur intention d’assister à la célébration, a précisé lors d’une conférence de presse l’Église anglicane, qui a encouragé les fidèles à suivre la messe depuis chez eux.

Arch, comme il est surnommé affectueusement en Afrique du Sud, « est le dernier d’une génération extraordinairement remarquable de dirigeants africains », écrit lundi la veuve de Nelson Mandela, Graça Machel, évoquant « la perte d’un frère ». De lundi à vendredi, les cloches de la cathédrale Saint-Georges sonneront pendant dix minutes, à partir de midi. L’archevêque du Cap a demandé à ceux qui les entendent « de faire une pause dans leur emploi du temps chargé » pour penser à Tutu.

Fous rires

Les hommages ont continué à fuser partout dans le monde de la part de nombreux chefs d’État, mais aussi d’autorités religieuses dont le pape François. « Dans les yeux de Desmond Tutu, nous avons vu l’amour de Jésus (...) Dans son rire, nous avons entendu la joie de Jésus », a déclaré le chef spirituel des anglicans Justin Welby. Son ami le dalaï lama a salué un « grand homme, qui a vécu une vie pleine de sens ». Leurs fous rires communs, quand ils se chambraient joyeusement sur leurs différences religieuses, font les délices des chaînes de télévision sud-africaines qui passent ces images en boucle.

Joe et Jill Biden, disant avoir le « cœur brisé », ont estimé que « l’exemple » de l’archevêque anglican « transcende les frontières et trouvera un écho à travers les âges ». Le couple présidentiel américain a aussi évoqué le « pouvoir du message de justice, d’égalité, de vérité et de réconciliation » porté par Desmond Tutu. D’innombrables pays du monde entier se sont associés à cette émotion par des messages au plus haut niveau, comme la reine Elizabeth II saluant le défenseur « inlassable » des droits humains ou le président français Emmanuel Macron assurant que le « combat » de Desmond Tutu « pour la fin de l’apartheid et la réconciliation sud-africaine restera dans nos mémoires ».

Des Sud-Africains par dizaines ont continué lundi à se recueillir, en dépit de la pluie, devant la cathédrale au Cap, où un registre a été ouvert pour y déposer messages ou bouquets de fleurs.

Après l’avènement de la démocratie en 1994 et l’élection de son ami Nelson Mandela, Desmond Tutu avait inventé le terme de « nation arc-en-ciel ». Il avait présidé la Commission vérité et réconciliation (TRC) dont il espérait, grâce à la confrontation des bourreaux et des victimes, qu’elle permettrait de tourner la page de la haine raciale.

Source : AFP

L’Afrique du Sud a entamé lundi une semaine de deuil pour l’archevêque Desmond Tutu, immense figure morale de la lutte contre l’apartheid, mais aussi une malice, une chaleur, un rire en cascade communicatif, dont le pays se sent déjà orphelin.Le Prix Nobel de la paix, mort paisiblement dimanche à 90 ans, s’était retiré de la vie publique ces derniers mois, visiblement affaibli. Mais chacun se souvient de sa petite silhouette violette, sa ténacité et son franc-parler légendaires pour dénoncer les injustices et écorner tous les pouvoirs.Le président Cyril Ramaphosa a rendu visite à la famille dans l’après-midi. « Il était courageux, il était franc et nous l’aimions pour cela car il donnait une voix à ceux qui n’en ont pas », a déclaré le chef d’État à la presse en sortant de la maison de...
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