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Campus - ENVIRONNEMENT

À l’USEK, des initiatives vertes qui sortent du lot

Échanger ses déchets organiques contre des œufs de poule frais, déposer ses matériaux recyclables au centre de tri de l’université... Des étudiants de l’Université Saint-Esprit de Kaslik participent avec enthousiasme aux actions lancées par Green USEK en faveur d’un environnement universitaire vert.

À l’USEK, des initiatives vertes qui sortent du lot

Un jeune étudiant décorant le campus. Photo Fayyad Saab

C’est à l’intérieur même du campus de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) que le comité Green USEK a installé un poulailler. Vingt-trois volailles sont ainsi nourries avec les restes alimentaires que les étudiants apportent de chez eux. À chaque fois qu’un étudiant dépose un seau rempli de déchets organiques, il cumule des points — notés sur une carte dédiée à cet effet — en échange desquels il reçoit un certain nombre d’œufs frais et biologiques. Telle est l’idée de « Bring your Bucket to Campus » (Apporte ton seau au campus, NDLR), un projet qui fait partie du plan de gestion des déchets mis en place par Green USEK. « Quand j’ai vu pour la première fois le post publié sur la page Instagram de Green USEK, j’étais contente parce que je ne savais pas quoi faire de mes déchets organiques. Savoir que je les envoie dans un endroit fiable où ils vont servir de nourriture aux animaux, tels que des poules et des chats, m’a davantage encouragée à trier ma poubelle. Et obtenir, en retour, des œufs de la poule que nous nourrissons nous rend heureux et nous encourage à continuer à leur donner de la nourriture ! » se réjouit Margot Wehbé, 20 ans, étudiante en traduction et langues modernes.

Petit à petit, tout peut être réalisé pour le bien de la société, estiment les étudiants volontaires auprès de Green USEK. Photo Dalida Sneifer

Non loin du poulailler, le centre de collecte et de tri accueille des étudiants soucieux de l’environnement. « Ce qui est remarquable, c’est que lorsque les étudiants découvrent la présence de Green USEK et du centre de collecte et de tri, ils n’hésitent pas à participer activement aux actions proposées : ils aident à trier les matériaux, prennent part aux activités de surcyclage (action de récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus besoin afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité supérieure, NDLR), etc. Le centre est devenu comme un refuge où ils se sentent à l’aise, où ils peuvent s’occuper du poulailler ou des chats errants qu’ils recueillent », estime Dalida Sneifer, coordinatrice de Green USEK. Dans ce local, les étudiants déposent non seulement leurs matériaux recyclables, mais aussi des livres et toutes sortes d’objets dont ils n’ont plus l’utilité et que Green USEK conserve pour certaines occasions.

Motivés et engagés, les étudiants ont fabriqué eux-mêmes les décorations de Noël à partir de matériaux collectés. Photo Dalida Sneifer

« Pour Noël, comme l’université ne pouvait pas se permettre, financièrement, de décorer le campus, nous avons décidé de bricoler la décoration à coût zéro, à partir de matériaux rassemblés dans notre centre de collecte et de tri, et que nous avons surcyclés », poursuit-elle. Évidemment, les étudiants ont aidé au bricolage et à l’installation des décorations à travers le campus. Une fois collectés dans ce centre, le plastique, le verre, le carton, le papier et les métaux sont acheminés vers des usines de recyclage, alors que les déchets verts sont utilisés pour le compost. « Au Liban, nous n’avons ni tri des ordures ni sensibilisation au sujet des déchets en général. Les gens mélangent le tout dans un seul sac qu’ils jettent dans la même benne, pensant que quelqu’un passera par là, prendra leurs déchets, les triera et les enverra au recyclage. Alors qu’en réalité, ils finiront dans des dépotoirs, émettant des gaz toxiques », explique Margot Wehbé. « Compte tenu de la situation actuelle du pays avec tous les problèmes politiques, financiers et économiques, les défis environnementaux ne devraient pas constituer un fardeau supplémentaire, puisque les problèmes de déchets peuvent être résolus avec un effort collectif de la communauté qui commence par chacun de nous », renchérit Mélissa Machaalany, 19 ans, étudiante en ingénierie agricole.

À chaque fois qu’un étudiant dépose un seau rempli de déchets organiques, il cumule des points – notés sur une carte dédiée à cet effet – en échange desquels il reçoit un certain nombre d’œufs frais et biologiques. Photo Toni Bassil

Instaurer des habitudes écologiques

Dans la même zone du campus où se trouve le centre de tri, le parking des étudiants sert de station pour le covoiturage. Une initiative lancée également par Green USEK et fonctionnant grâce à une plateforme en ligne qui sert à coordonner les trajets. Depuis son lancement en 2016, le comité Green USEK œuvre pour que le campus de l’USEK soit plus vert et durable. « Nous avons abordé la durabilité à partir de trois perspectives fondamentales différentes : le respect de la condition humaine, le respect de la conservation des ressources naturelles et la viabilité économique », affirme Dalida Sneifer. Durant le semestre écoulé, 143 étudiants se sont portés volontaires pour prendre part aux multiples projets lancés. « Être une citoyenne active pendant ces moments difficiles que traverse le pays est plus qu’essentiel. Le Liban appelle sa nouvelle génération pour un changement, pour un nouveau départ. Les jeunes apportent l’espoir d’un avenir meilleur et plus vert. Et cela peut se faire à travers le volontariat », rappelle Mélissa Machaalany, qui confie que devenir volontaire auprès de Green USEK a eu un grand impact sur sa vie. « Je me suis rendu compte que tout peut être réalisé par le dévouement et l’effort. Et l’élément le plus essentiel pour réaliser le changement, c’est l’action. Je pourrais parler jour et nuit de la crise des déchets dans le pays et de la pollution dangereuse à laquelle nous sommes parvenus, mais sans agir, rien ne changera. » Quant à Tarek al-Aouji, 20 ans, étudiant en architecture, il dit vouloir œuvrer pour un monde meilleur et lutter contre le changement climatique. « Une vie dédiée à faire un changement positif vaut la peine d’être vécue, et c’est pour cette raison que je participe aux activités. En inspirant 6 000 autres étudiants à l’USEK à faire la différence, nous pourrons ensemble rendre notre monde plus vert, et dessiner des sourires », avoue-t-il. Pour la coordinatrice de Green USEK, il s’agit de faire parvenir la vision de ce comité à travers toutes les activités qu’il organise. L’engagement de sa communauté a valu à l’USEK d’être la première parmi les universités vertes au Liban, selon le classement international des universités, UI GreenMetric 2021, lancé par l’Université d’Indonésie (Universitas Indonesia) en 2010. « Nous croyons en une économie circulaire, et à travers nos projets, nous essayons de nourrir l’esprit vert de notre communauté et d’instaurer des habitudes écologiques. Comme c’est faisable, viable et gratifiant, les jeunes pourront mener ce mode de vie partout où ils iront », relève Dalida Sneifer. « Nous n’avons pas le luxe du temps. Ce n’est que par la connaissance, le savoir-faire et la volonté que nous pouvons effectuer un changement », ajoute-t-elle. Ce que confirme Mélissa Machaalany : « Nous ne devons jamais penser qu’une personne à elle seule ne peut rien changer, tout commence avec chacun d’entre nous. Chaque personne est responsable du changement. Avec des petits pas et de la motivation, tout peut être réalisé pour que notre société aille mieux. »



C’est à l’intérieur même du campus de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) que le comité Green USEK a installé un poulailler. Vingt-trois volailles sont ainsi nourries avec les restes alimentaires que les étudiants apportent de chez eux. À chaque fois qu’un étudiant dépose un seau rempli de déchets organiques, il cumule des points — notés sur une carte dédiée à cet...

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