On savait déjà qu’il était le meilleur shooteur de tous les temps en NBA, mais Stephen Curry l’a formalisé pour les livres d’histoire. Il fallait à la star des Warriors marquer deux tirs à longue distance pour réussir l’exploit de passer la barre des 2 973 marques de Ray Allen. Ce qu’il s’est empressé de faire lors de la victoire contre les Knicks (photo), dès le premier quart-temps, en moins de cinq minutes et en trois tentatives, sous les yeux de son glorieux aîné. Curry en est maintenant à 2 977 paniers primés au compteur, et la barre des 3 000 pourrait bien être franchie dans quelques jours. Al Bello/Getty Images North America/AFP
Triple champion avec Golden State, deux fois élu MVP (Most Valuable Player, meilleur joueur de la saison), recordman du nombre de paniers à 3 points inscrits : Stephen Curry est le meilleur shooteur de l’histoire de la NBA, dont il a révolutionné le jeu tout en étant un grand pourvoyeur de spectacle.
« Quelle que soit la façon dont vous êtes arrivé devant cette montagne, pourquoi ne pas essayer de la gravir ? Et le faire à votre manière », exposait le meneur des Warriors en 2015, alors que son équipe était sur la route du meilleur ratio victoire/défaite en saison régulière (73 v-9 d), pour dépasser les Chicago Bulls de Michael Jordan de la saison 1995-1996 (72 v-10 d).
Six ans plus tard, porté par une joie de jouer restée enfantine malgré les titres, les blessures, la pression l’entourant pour gravir la dernière marche, c’est à sa « manière » bien à lui qu’il a écrit une des plus belles pages du basket en dépassant Ray Allen et ses 2 973 tirs réussis derrière l’arc. En allant d’abord à un rythme infernal, puisqu’il a mis seulement 789 matches pour effacer des tablettes son glorieux aîné aux 1 300 rencontres en NBA. En y mettant les formes ensuite, avec ses shoots de n’importe quel endroit du parquet et ses tours de magie invraisemblables, dont le plus célèbre en 2015 face aux Los Angeles Clippers, lorsqu’il mystifia trois joueurs en dribblant comme l’éclair entre ses jambes, puis derrière, avant de réussir un step-back (shoot avec appui arrière).
Jugé trop frêle
La montagne, désormais, c’est lui. Et on est encore loin de savoir à quelle hauteur il finira par placer le curseur. Car il n’a que 33 ans, et vu sa forme physique encore au top, la retraite semble loin. Ainsi, avec à présent 2 977 paniers primés au compteur, la barre des 3 000 sera franchie dans quelques jours, et celle des 4 000 sera à portée s’il tient son rythme. Curry n’a désormais plus qu’un record qui lui échappe pour remplir toutes les cases : celui de 14 tirs inscrits en un seul match par son coéquipier Klay Thompson.
Mais même si son père Dell Curry, redoutable artilleur à 3 points (1986-2002), lui a transmis l’ADN du sniper, le chemin vers la gloire fut parsemé d’embûches pour celui que l’on surnomme « Baby Face Assassin » (l’assassin au visage de bébé). Né à Akron (Ohio), le 14 mars 1988, il n’aime rien tant que d’aller voir les matches du paternel et défier les plus grands que lui. « J’étais trop petit et je jouais avec des enfants plus âgés. La raison pour laquelle j’étais dans leur équipe était que je pouvais tirer à 3 points. À 9 ou 10 ans, j’ai compris que c’était une arme », expliquait-il en 2013 à USA Today Sports.
Pour le joueur jugé trop frêle par des universités réputées, la voie existe toutefois. En 2009, il est ainsi drafté en 7e position par les Warriors. Sa progression est constante, jusqu’à une blessure à une cheville qui plombe sa saison 2011-2012. C’est de la ligne à trois points qu’il marque ensuite les esprits en terminant l’exercice 2012-2013 avec 272 tirs réussis, effaçant le précédent record de... Ray Allen (269), encore lui. Ce record, il le portera à 402 en 2016, ce qui fera dire à Allen qu’il est « en passe d’être le meilleur shooteur de tous les temps ».
Depuis 2014, sous les ordres de Steve Kerr, le succès est éclatant, avec un premier titre de champion NBA en 2015, auréolé d’un premier trophée de MVP conservé à l’unanimité l’année suivante. Mais les Cleveland Cavaliers de LeBron James prennent leur revanche en finale. Avec Kevin Durant à ses côtés, il remporte deux autres bagues en 2017 et 2018, mais manque le triplé, après une cinquième finale consécutive plombée par les graves blessures de Durant et Klay Thompson, avec lesquels il forme les Splash Brothers. Les mois suivants, Curry broie du noir, se fracture la main gauche, et Golden State sombre. Au plus fort de la pandémie de Covid-19, il brille par son activisme, en faveur du mouvement Black Lives Matter et des droits des femmes. Il revient plus fort en 2020-2021, réussissant une saison à 32 points de moyenne, la meilleure de sa carrière.
Sourire et joie
Non content de s’être approprié le record historique de paniers à 3 points, le n° 30 des Warriors aura « révolutionné la façon de jouer », estime Reggie Miller, 3e meilleur marqueur de l’histoire à longue distance. Sous son ère, la banderille à 3 points est en effet devenue l’arme n° 1 de nombreuses équipes. « Tout le monde veut shooter comme Stephen Curry, comme tout le monde voulait être Michael Jordan. C’est la même quête de l’excellence absolue », abonde l’ancien entraîneur français Jacques Monclar. « Il y a de la joie dans son jeu, du plaisir, un côté coquin... Et avec son physique (1,88 m, 84 kg), il rend le basket accessible », conclut Monclar.
Voici par ailleurs les résultats complets des matches de la soirée NBA (a.p. signifiant après prolongation) :
Brooklyn-Toronto 131-129 (a.p.)
New York-Golden State 96-105
Portland-Phoenix 107-111 (a.p.).
Source : AFP
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