Le chef du parlement, Nabih Berry (d), s'entretenant avec une délégation du Fonds monétaire international à Aïn el-Tiné, le 8 décembre 2021. Photo fournie par notre correspondante Hoda Chédid
Une délégation du Fonds monétaire international (FMI), en visite à Beyrouth depuis plusieurs jours, a poursuivi ses réunions avec les responsables libanais, s'entretenant mercredi avec le président du Parlement, Nabih Berry, et le ministre des Finances, Youssef Khalil. Le chef du Législatif a dans ce contexte affirmé que les députés et le gouvernement "coopèrent solidement afin d'approuver les projets de lois et les réformes qui contribuent à réaliser le sauvetage réclamé". Des propos qui se veulent rassurants, alors que les négociations entre Beyrouth et l'institution n'ont toujours pas donné de résultats concrets en vue d'une assistance financière au pays en grave crise.
Lors de la réunion, le président de la Chambre et la délégation ont "passé en revue les étapes franchies au niveau des négociations entre le Liban et le FMI, et ce à quoi ce dernier s'attend au niveau du plan de redressement et des réformes à mettre en place", rapporte notre correspondante Hoda Chédid. M. Berry a dans ce contexte assuré qu'"une coopération solide a lieu entre le Parlement et le gouvernement au niveau de l'approbation de projets de lois et de réformes qui contribuent à réaliser le sauvetage réclamé", soulignant que "l'application des lois est la porte d'entrée vers les réformes".
La délégation s'était entretenue, plus tôt dans la journée, avec le ministre des Finances, Youssef Khalil.
De son côté, la Ligue des déposants a affirmé dans un communiqué avoir discuté avec la délégation du FMI des problèmes auxquels elle fait face et des solutions qu'il faudrait y apporter. La Ligue a demandé au Fonds de "faire preuve de transparence concernant les plans financiers proposés et d'impliquer les syndicats ainsi que les mouvements issus de la société civile afin qu'ils participent à l'élaboration des solutions". La Ligue a encore insisté sur l'adoption d'une "solution équitable et globale à la crise financière via un plan qui préserve la valeur des petits et moyens dépôts bancaires et fasse porter le fardeau du redressement à d'autres parties". Selon elle, tout plan de redressement économique et financier abordé avec le gouvernement sera "inefficace" s'il n'implique pas les déposants. Le communiqué annonce en outre que La ligue et le FMI poursuivront leurs discussions et se réuniront à nouveau.
La délégation est composée de l'actuel chef de mission pour le Liban, Martin Cerisola, son successeur qui doit prendre ses fonction dès 2022, Ernesto Ramirez-Rigo, et enfin le vice-directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale de l’organisation, Athanasios Thanos Arvanitis.
La veille, la délégation du FMI s'était réunie avec le chef de l'Etat, Michel Aoun qui avait exprimé "l’engagement du Liban" à mettre rapidement en œuvre un plan de réformes lui permettant de sortir de la crise et à "coopérer" avec le Fonds. Elle avait également été reçue par le chef du gouvernement, Nagib Mikati, avec qui elle a évoqué les "détails" du plan de redressement que développe le gouvernement, notamment les aspects liés aux finances publiques, au secteur bancaire et à la banque centrale, ainsi qu’aux réformes des infrastructures et à la politique monétaire.
Le Liban a repris contact avec le FMI cet automne, dans le sillage de la formation du gouvernement de Nagib Mikati le 10 septembre, soit 13 mois après la démission de celui de Hassane Diab, qui avait approché l’institution en 2020. À cette époque, les discussions entamées en mai avaient été suspendues par le FMI face aux divisions, côté libanais – l’exécutif d’un côté, et la Banque du Liban, les banques et certains députés, de l’autre -, sur l’approche à privilégier pour estimer le montant des pertes financières du pays et les répartir. Un montant qui demeure l’obstacle le plus immédiat au progrès des discussions avec le Fonds et sur lequel les représentants libanais ne sont toujours pas d’accord.
Mais le pays connaît une grave crise politique qui paralyse le gouvernement Mikati qui ne s'est plus réuni depuis le 12 octobre.


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