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Société - Polémique

Colère à Tripoli contre un professeur accusé de harcèlement

Le principal concerné est introuvable, mais l’accès à son collège, devant lequel un sit-in a été organisé lundi, lui est interdit avant la fin de l’enquête.

Colère à Tripoli contre un professeur accusé de harcèlement

Des graffitis sur la façade de l’école Georges Sarraf à Tripoli où enseignait le « harceleur » : « Solidarité totale avec les victimes », peut-on y lire. Photo fournie par S.J.

« Cela fait longtemps que l’enseignant S. M. harcèle les filles ici et que l’administration de l’école le couvre malgré les plaintes répétées. » Y., une élève de première au Lycée Georges Sarraf à Tripoli, participe à un sit-in, en ce lundi, devant le collège pour réclamer le licenciement de l’enseignant en question et l’ouverture d’une enquête. Selon elle, l’homme « a souvent essayé de la toucher et lui a murmuré à l’oreille des propos gênants ». « Je me suis adressée au directeur à deux reprises, mais celui-ci a eu peur d’agir », assure-t-elle.

Le témoignage de Y. est loin d’être isolé. Selon cette dernière, nombreuses seraient les jeunes filles à s’être plaintes à plusieurs reprises des manières suggestives et insistantes de cet enseignant, dans cet établissement comme dans d’autres. Le sit-in de lundi, organisé par les lycéennes ainsi que par des avocats, avait pour objectif de soutenir celles qui ont osé briser le silence qui entourait, jusque-là, les agissements de ce professeur. L’Orient-Le Jour a essayé, en vain, de contacter S. M., qui semble avoir disparu de la circulation et qui a d’ores et déjà été interdit d’accès à l’école. Interrogé par L’OLJ, le directeur de l’établissement, Mohieddine Haddad, a refusé de s’exprimer sur la question au motif qu’une enquête a été ouverte par le bureau d’inspection pédagogique du ministère de l’Éducation. Une source de ce bureau a confirmé à L’OLJ que le ministre a envoyé une délégation pour enquêter sur les allégations de harcèlement contre l’enseignant. Lundi après-midi, l'Agence nationale de l'information (Ani, officielle), a rapporté que le ministre de l'Education, Abbas Halabi a reçu les résultats de l'enquête préliminaire sur l'affaire et a décidé de suspendre le professeur de ses fonctions. Le dossier a également été transmis à la Haute commission disciplinaire et au département des mineurs du ministère de la Justice, pour prendre les mesures nécessaires. Le ministre a en outre demandé que soit assuré un suivi psychologique aux écoliers.

 Jusque-là, les jeunes filles étaient restées silencieuses. C’est l’une d’entre elles qui a pris l’initiative de faire éclater le scandale via les réseaux sociaux. Entre autres anecdotes, une autre jeune fille, G. D., raconte qu’un jour l’enseignant en question a insisté pour prendre des photos avec ses élèves. Quand celles-ci ont refusé, il est entré dans une colère noire, les traitant de tous les noms. « La direction a refusé de nous écouter, il fallait donc alerter l’opinion publique, assure-t-elle. Et cette initiative a fait se délier les langues : beaucoup d’autres jeunes filles sont venues certifier ce que nous disions. »

Les élèves n’étaient apparemment pas les seules cibles du professeur. Maha, l’une de ses anciennes collègues, raconte qu’il a tenté de la séduire plusieurs fois, malgré ses refus répétés. Et quand elle en a parlé au directeur de l’établissement, celui-ci a préféré clore le sujet, assure-t-elle, lui disant : « Il a une couverture politique puissante. »

K. M. a été son élève dans un autre lycée, celui de Qalamoun. « Il était d’une immoralité intolérable, affirme-t-elle. Il ne nous appelait pas par notre prénom, mais par des “ma chérie”, “mon cœur”, en clignant des yeux comme un dément ! » se souvient-elle. Elle poursuit : « Durant les examens, il se promenait entre les bancs, s’attardant devant chacune d’entre nous à tour de rôle, parfois en approchant son visage du nôtre, et en entonnant des chansons d’amour. » K. M. avait pris l’habitude de ne pas lui répondre quand il ne l’appelait pas par son prénom et l’empêchait de s’approcher d’elle, le dédaignant ostensiblement. « Il m’insultait régulièrement, étant donné mon caractère rebelle, dénonce-t-elle. Même les garçons s’étaient aperçus de son manège. Un mot d’ordre circulait parmi eux, celui de nous protéger de lui. »

La jeune fille indique que S. M. n’est pas resté longtemps dans l’établissement où elle était scolarisée. Mais au lieu d’être pénalisé pour son comportement, il a simplement été muté vers un autre collège, par l’entremise de ses « protecteurs » politiques, où il a tranquillement continué à indisposer d’autres élèves.

Les problèmes de harcèlement ne sont pas nouveaux dans la société libanaise, mais peuvent s’avérer particulièrement toxiques dans le cadre scolaire pour les jeunes filles qui en sont victimes. Il semblerait toutefois que, ces derniers temps, les langues commencent à se délier et certains tabous à tomber. 


« Cela fait longtemps que l’enseignant S. M. harcèle les filles ici et que l’administration de l’école le couvre malgré les plaintes répétées. » Y., une élève de première au Lycée Georges Sarraf à Tripoli, participe à un sit-in, en ce lundi, devant le collège pour réclamer le licenciement de l’enseignant en question et l’ouverture d’une enquête. Selon elle, l’homme...

commentaires (7)

Il dev4ait être dans un penitencier pour pedophilie et être étiqueté comme prédateur sexuel

Robert Moumdjian

06 h 46, le 09 décembre 2021

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Commentaires (7)

  • Il dev4ait être dans un penitencier pour pedophilie et être étiqueté comme prédateur sexuel

    Robert Moumdjian

    06 h 46, le 09 décembre 2021

  • L'utilisation d'initiales dans les journaux libanais est courante par peur de la réaction brutale des personnes nommées, réaction qui peut aller jusqu'à des assassinats. Malgré cela, des initiales Q.Q. et K.K. ne nous intéressent plus. Nous voulons des noms et prénoms !

    Honneur et Patrie

    19 h 08, le 07 décembre 2021

  • Les directeurs de ces ecoles devraient aussi rendre des comptes.

    Marie-Hélène

    23 h 40, le 06 décembre 2021

  • Je suis toujours étonné. Durant toute mon adolescence au liban, je lisais dans les journaux m.a a volé... j.k a agressé... et quand j'étais parti faire mes études universitaires l'étranger, on nommait même le ministre s'il a donné une gifle. Jusqu'à aujourd'hui, 35 ans après, je retrouve dans nos journaux libanais des m. k et des n.j quelle est la raison? Pourquoi protège t on les malfrats ?

    Citoyen

    23 h 33, le 06 décembre 2021

  • Lui et le directeur qui a ignoré les demandes de filles doivent être arrêtés!

    Jack Gardner

    20 h 53, le 06 décembre 2021

  • C'est dégoutant...Beurk...Ca donne la nausée un "soi disant" prof pareil...

    radiosatellite.online

    19 h 39, le 06 décembre 2021

  • Qui est son protecteur? On veut son nom. Comme on Orient-Lejour exhibez le meme courage que celui exerce pour censurer

    Zampano

    19 h 03, le 06 décembre 2021

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