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Moyen-Orient - Diplomatie

Commande record de 80 Rafale par les Émirats pendant la visite de Macron

Paris salue « le plus gros contrat militaire à composante française de notre histoire », mais les ONG dénoncent depuis plusieurs années ces ventes car certaines armes ont été utilisées dans le conflit au Yémen, où l’Arabie saoudite et ses alliés – dont Abou Dhabi – sont soupçonnés de crimes de guerre.

Commande record de 80 Rafale par les Émirats pendant la visite de Macron

Emmanuel Macron (à gauche) accueilli par Mohammad ben Zayed al-Nahyane, à l’exposition de Dubaï, le premier jour de sa tournée dans le Golfe, le 3 décembre 2021. Thomas Samson/AFP

Les Émirats arabes unis ont signé hier un accord pour acquérir 80 avions de combat Rafale, une commande record pour l’avion de chasse entré en service en 2004, à l’occasion de la visite à Dubaï du président français Emmanuel Macron. Au total, cette commande, avec l’achat de 12 hélicoptères Caracal et les éléments associés, représente un montant de plus de 17 milliards d’euros, dont 14 pour les seuls Rafale, selon l’Élysée. Elle représente « le plus gros contrat militaire à composante française de notre histoire », s’est félicité Emmanuel Macron. Et elle démontre, selon lui, que les Émirats considéraient la France comme « un partenaire solide » et « fiable » qui « tient ses engagements ».

Cette vente « est un succès français », s’est réjoui de son côté le directeur général de Dassault Aviation, Éric Trappier, qui a signé à Dubaï l’accord avec Tarek Abdul Raheem al-Hosani, PDG de Tawazun Economic Council, chargé des acquisitions de sécurité et de défense. Puis Emmanuel Macron et le prince héritier d’Abou Dhabi Mohammad ben Zayed al-Nahyane, dit MBZ, l’ont acté à l’issue d’un tête-à-tête au pavillon d’honneur de l’Exposition universelle. Les Rafale seront livrés entre 2027 et 2031 et sont destinés à remplacer les 60 Mirage 2000-9 acquis en 1998 par Abou Dhabi.

L’avion sera livré au standard F4, un programme en cours de développement de près de deux milliards d’euros et présenté comme un « saut technologique, industriel et stratégique » à l’horizon 2024. Les armements font l’objet d’un contrat séparé signé avec le fabriquant de missiles MBDA pour un montant de deux milliards d’euros. Pour Emmanuel Macron, cette commande est « très bonne pour la France », car elle « crée de l’emploi » dans le pays et permet de « garantir la pérennité de la chaîne de production du Rafale jusqu’à fin 2031 », selon le ministère des Armées.

Critiques et dénonciations

Les Émirats sont actuellement le cinquième client le plus important de l’industrie de défense française sur la décennie 2011-2020, avec 4,7 milliards d’euros de prises de commandes, selon le rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France. Cette commande intervient dix ans après de vaines négociations soutenues par l’ancien président français Nicolas Sarkozy. Depuis, le Rafale a réalisé une percée à l’international malgré la concurrence d’appareils américains et européens.

Ces dernières années, Paris a été critiqué parce que certaines de ces armes avaient été utilisées dans le conflit au Yémen, où l’Arabie saoudite et ses alliés sont soupçonnés de crimes de guerre. L’ONG Human Rights Watch a ainsi affirmé que « les ventes d’armes et le maintien de partenariats militaires douteux au nom du contre-terrorisme et au détriment des droits de l’homme allaient rester comme une tache sur le bilan diplomatique d’Emmanuel Macron ».

En France, l’annonce de ce contrat record à quatre mois de la présidentielle a été applaudie par des responsables politiques, notamment à droite, tandis qu’elle était vivement dénoncée par le candidat écologiste Yannick Jadot, selon lequel « la France nous fait honte quand elle arme des régimes autoritaires qui méprisent les droits humains et dont la richesse s’est bâtie sur les énergies fossiles ».

À Dubaï, Emmanuel Macron était accompagné d’une large délégation de ministres, dont Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Bruno Le Maire (Économie) et Florence Parly (Armées), ainsi que de dirigeants d’entreprise, comme Total, qui ont signé une série d’accords. Le puissant fonds souverain émirati Mubadala a annoncé des engagements de huit milliards d’euros, dont six avec le ministère de l’Économie, pour accroître nettement son enveloppe d’investissements dans des entreprises françaises. Par ailleurs, l’accord de licence du Louvre Abou Dhabi a été prolongé de dix ans, jusqu’en 2047, avec un versement de 165 millions d’euros, témoignant de la réussite du musée ouvert en 2017 aux Émirats.

M. Macron était attendu hier soir au Qatar avant de rejoindre samedi Djeddah en Arabie saoudite où il devait s’entretenir avec le prince héritier Mohammad ben Salmane (MBS) sur les sujets régionaux et les relations bilatérales. Le président français a défendu sa décision d’être l’un des premiers dirigeants occidentaux à rencontrer l’homme fort de Riyad depuis l’assassinat en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul, qui a fortement terni son image.

Source : AFP


Les Émirats arabes unis ont signé hier un accord pour acquérir 80 avions de combat Rafale, une commande record pour l’avion de chasse entré en service en 2004, à l’occasion de la visite à Dubaï du président français Emmanuel Macron. Au total, cette commande, avec l’achat de 12 hélicoptères Caracal et les éléments associés, représente un montant de plus de 17 milliards...

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