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Moyen-Orient - Iran

Près de 70 arrestations lors d’une manifestation à Ispahan

Près de 70 arrestations lors d’une manifestation à Ispahan

Des Iraniens manifestant contre l’assèchement de la rivière Zayandeh-Roud, à Ispahan, le 19 novembre 2021. Fatmeh Nasr/ISNA/AFP

La police iranienne a annoncé samedi l’arrestation de près de 70 personnes au lendemain de protestations émaillées de violences contre l’assèchement d’une rivière emblématique à Ispahan, troisième ville d’Iran. Depuis plus de deux semaines, des manifestations sont organisées par des habitants d’Ispahan qui se plaignent de la terrible sécheresse et reprochent aux autorités de détourner l’eau de cette ville du centre du pays pour approvisionner la province voisine de Yazd qui manque aussi cruellement d’eau. Pour la première fois vendredi, la manifestation s’est accompagnée de heurts entre forces de l’ordre et protestataires. Nourodin Soltanian, porte-parole de l’hôpital universitaire d’Ispahan, cité samedi par l’agence de presse Mehr, a fait état de manifestants blessés, dont « deux dans un état grave ». « Nous avons arrêté 67 des principaux auteurs et fauteurs de troubles », a déclaré de son côté un haut responsable de la police nationale, le général Hassan Karami, à l’agence de presse Fars. Il a fait état d’« environ 2 à 3 000 émeutiers dans les troubles de vendredi ». Les arrestations ont été menées par la police, les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, et les services de renseignements.

Hier, la police antiémeute a mené des patrouilles sur les deux ponts historiques de la ville iranienne d’Ispahan, où le calme est revenu. « Dans la matinée, la ville était calme et la circulation normale. J’ai vu des policiers antiémeute patrouillant dans le lit de la rivière entre les ponts historiques, mais leur nombre était inférieur à samedi », a déclaré un photographe local joint par téléphone.

Grenades lacrymogènes contre jets de pierres

Vendredi, « après le départ des agriculteurs (du point de rassemblement), des opportunistes et des contre-révolutionnaires sont restés sur place », a affirmé le chef de la police d’Ispahan, Mohammad-Réza Mirheidari. Les services de sécurité ont « pu identifier et arrêter les personnes ayant détruit des biens publics ». La police a tiré des grenades lacrymogènes sur les protestataires qui ont riposté avec des jets de pierres, brisant les vitres d’une ambulance, et incendié une moto de police, selon l’agence de presse Fars. « En raison des jets de pierres et de l’utilisation de pétards et de bombes assourdissantes, certains de nos collègues ont été blessés. D’autres l’ont été par des tirs de fusils de chasse », a ajouté M. Mirheidari à la télévision. « Un policier a également été poignardé, mais son état est satisfaisant », a-t-il encore dit. La rivière Zayandeh-Roud qui traverse Ispahan est à sec depuis 2000, sauf pour quelques brèves périodes. Elle est devenue le principal lieu de rassemblement des manifestants. Selon M. Karami, « 30 à 40 000 agriculteurs et des habitants d’Ispahan ont participé aux rassemblements la semaine dernière ».

Les États-Unis inquiets

Hier, le journal ultraconservateur Kayhan fait le lien entre la reprise des pourparlers sur le nucléaire aujourd’hui à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances et les manifestants d’Ispahan, présentés comme faisant le jeu de l’ennemi américain. « Les événements de vendredi autour de (la rivière asséchée) Zayandeh-Roud témoignent de l’infiltration d’une cinquième colonne américaine, à l’approche des pourparlers de Vienne, pour provoquer une émeute et pousser à de (nouvelles) sanctions » américaines contre l’Iran, écrit le journal. Samedi, les États-Unis, ennemi juré de l’Iran, se sont déclarés « profondément inquiets » de la « répression violente » contre des manifestants « pacifiques » à Ispahan, selon les termes du département d’État. « Le peuple iranien a le droit d’exprimer sa frustration et de tenir son gouvernement pour responsable. »

Jeudi, un accord a été conclu entre les agriculteurs de la région d’Ispahan et les autorités sur la distribution de 50 millions de mètres cubes d’eau, selon Fars. D’après cette agence, une canalisation acheminant l’eau de la province d’Ispahan vers Yazd a été détruite jeudi soir par un bulldozer, ainsi que trois réservoirs d’eau. En conséquence, l’eau potable dans des localités de Yazd a été coupée. Pays aride, l’Iran connaît une sécheresse chronique depuis des années, avec pour conséquences des inondations régulières provoquées par la combinaison du durcissement des sols et de précipitations plus ou moins violentes.

Source : AFP


La police iranienne a annoncé samedi l’arrestation de près de 70 personnes au lendemain de protestations émaillées de violences contre l’assèchement d’une rivière emblématique à Ispahan, troisième ville d’Iran. Depuis plus de deux semaines, des manifestations sont organisées par des habitants d’Ispahan qui se plaignent de la terrible sécheresse et reprochent aux autorités...

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