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Moyen-Orient - Coup D’État

Nouveau conseil de transition au Soudan, sans le bloc procivils

Nouveau conseil de transition au Soudan, sans le bloc procivils

Des manifestants protestent contre le coup d’État de l’armée soudanaise, le 30 octobre 2021 à Khartoum. Mohammed Nureldin/Reuters

Le général Abdel Fattah el-Bourhane, auteur d’un putsch au Soudan fin octobre, a nommé jeudi un nouveau Conseil de souveraineté, dont ont été exclus les représentants du bloc réclamant un transfert du pouvoir aux civils. Après la chute en 2019 du dictateur Omar al-Bachir, un Conseil de souveraineté, composé de civils et de militaires, avait été mis en place pour chapeauter la transition vers la démocratie sous la présidence du général Bourhane. Le 25 octobre, ce dernier a dissous toutes les institutions, décrété l’État d’urgence et arrêté la plupart des dirigeants civils, ce qui a valu au Soudan une avalanche de condamnations et des coupes dans l’aide internationale.

Depuis des jours, les militaires annonçaient la formation « imminente » d’autorités pour mener le pays vers des élections libres, assurant seulement avoir dû écarter des dirigeants civils qui n’étaient pas d’accord avec eux sur le chemin à prendre vers la démocratie. Le gouvernement, dont plusieurs ministres sont toujours détenus et le Premier ministre Abdallah Hamdok en résidence surveillée, n’a, lui, jusqu’ici pas été remplacé. Avec son décret de jeudi soir, le général Bourhane conserve la présidence du Conseil de souveraineté, a annoncé la télévision d’État.

Développements très préoccupants

Le général Mohammad Hamdan Daglo, à la tête des très puissantes Forces de soutien rapide, des paramilitaires accusés d’exactions dans la région du Darfour (Ouest) ou lors de la répression de la révolte anti-Bachir, reste son numéro deux. L’ONU a jugé jeudi les développements au Soudan « très préoccupants », selon son porte-parole Stéphane Dujarric. « Nous voulons voir la reprise de la transition dès que possible » et « la remise en liberté du Premier ministre Hamdok comme celle des autres responsables politiques et dirigeants arrêtés », a affirmé M. Dujarric.

De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une réunion sur le Soudan, conclue sans déclaration commune. La faute en a été imputée par des diplomates à la Russie, qui continue de soutenir le général Bourhane, selon l’un deux. À l’issue de la réunion, l’ambassadrice britannique à l’ONU Barbara Woodward a déclaré que l’émissaire de l’ONU Volker Perthes avait indiqué au Conseil « que la fenêtre se refermait maintenant pour le dialogue et une résolution pacifique » de la crise.

Au Soudan, le ministre déposé de l’Information, Hamza Baloul, a qualifié sur Facebook les nominations de jeudi soir de « fuite en avant ». La nouvelle instance compte 14 membres. Seuls 13 noms ont toutefois été annoncés par la chaîne officielle Sudan TV. Le quatorzième membre doit représenter l’Est, où des manifestants ont bloqué pendant un mois et demi Port-Soudan, le poumon commercial du pays, et n’a visiblement pas encore été accepté par tous.

Appel à manifester

Sur les 13 noms annoncés, seuls quatre sont nouveaux : des personnalités non partisanes qui remplacent les quatre représentants des Forces de la liberté et du changement (FLC), l’union des forces civiles née de la révolte anti-Bachir, dont certains ont été arrêtées le jour du coup d’État. Parmi elles figure Abou al-Qassem Bortoum, un homme d’affaires qui avait plaidé la normalisation avec Israël (projet phare des militaires au pouvoir depuis 2019), posée comme condition par Washington pour sortir le Soudan de sa liste noire des États soutenant le « terrorisme ». M. Bortoum, 55 ans, a été député sous Omar al-Bachir et gère aujourd’hui des compagnies agricoles et de transport.

Autre nouveau membre du conseil : Salma al-Moubarak, issue d’une grande famille soufie du Soudan. Sans passé politique, elle est la deuxième femme du conseil avec Raja Nicola, la représentante de la minorité chrétienne copte qui conserve son poste. Les neuf membres qui se maintiennent au Conseil de souveraineté sont des représentants de l’armée ou de groupes rebelles armés ayant signé fin 2020 la paix avec Khartoum après des années de conflits à travers le pays.

Mardi, la Troïka (Grande-Bretagne, États-Unis et Norvège) à la manœuvre sur le dossier soudanais avait exhorté le général Bourhane à réinstaller M. Hamdok dans ses fonctions. Les forces de sécurité ont appréhendé jeudi Mohammad Naji al-Assam, une figure de la révolte de 2019, a annoncé un syndicat de médecins prodémocratie. Ces arrestations en masse n’ont malgré tout pas entamé la détermination des partisans d’un transfert du pouvoir aux civils. Malgré la répression qui a déjà fait 14 morts, selon un syndicat de médecins prodémocratie, ils appellent à une nouvelle « manifestation du million » qui doit se tenir aujourd’hui.

Source : AFP

Le général Abdel Fattah el-Bourhane, auteur d’un putsch au Soudan fin octobre, a nommé jeudi un nouveau Conseil de souveraineté, dont ont été exclus les représentants du bloc réclamant un transfert du pouvoir aux civils. Après la chute en 2019 du dictateur Omar al-Bachir, un Conseil de souveraineté, composé de civils et de militaires, avait été mis en place pour chapeauter la transition vers la démocratie sous la présidence du général Bourhane. Le 25 octobre, ce dernier a dissous toutes les institutions, décrété l’État d’urgence et arrêté la plupart des dirigeants civils, ce qui a valu au Soudan une avalanche de condamnations et des coupes dans l’aide internationale.Depuis des jours, les militaires annonçaient la formation « imminente » d’autorités pour mener le pays vers des élections...
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