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Moyen-Orient - Éclairage

Washington approuve un contrat d’armement avec Riyad pour 650 millions de dollars

Une décision en contradiction avec les promesses de campagne du leader démocrate de « recalibrer » les relations avec le royaume saoudien, estiment les critiques.

Washington approuve un contrat d’armement avec Riyad pour 650 millions de dollars

Des combattants fidèles au gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite tiennent une position contre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, près de Ma’rib, le 17 octobre 2021. Photo AFP

Il s’agit du contrat d’armement le plus important conclu entre Washington et Riyad depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration de Joe Biden. Jeudi dernier, les États-Unis ont approuvé la vente potentielle d’armes pour une valeur de 650 millions de dollars au royaume saoudien, a annoncé le Pentagone. Selon le département de la Défense, cette décision vise à soutenir la « politique étrangère américaine et la sécurité nationale des États-Unis en aidant à améliorer la sécurité d’un pays ami ». Cette vente massive d’armes intervient dans un contexte marqué par une intensification des attaques de missiles balistiques lancés depuis le Yémen par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, en direction du sud-ouest du royaume saoudien. Le mois dernier, l’aéroport du « Roi Abdallah » a également été la cible d’un drone chargé d’explosifs. Une attaque qui a fait une dizaine de victimes. Au Yémen, les houthis ont également intensifié leur offensive depuis février dernier sur la ville de Ma’rib, dernier bastion des forces loyalistes dans le nord du pays, où ils semblent continuer à gagner du terrain face aux troupes soutenues par une coalition menée par l’Arabie saoudite depuis 2015. « La chute imminente de Ma’rib aux mains des forces houthies constituera une menace accrue pour la sécurité saoudienne. Par conséquent, l’accord semble viser à aider Riyad à faire face à cette menace », observe Neil Quilliam, chercheur au sein du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House. « Les houthis se rapprochent de plus en plus de la victoire au sol au Yémen, et quand ils l’obtiendront, la menace ne sera pas seulement pour la sécurité saoudienne, mais aussi pour la sécurité maritime, et cela risque de perturber les flux de pétrole à travers le détroit d’Ormuz. » En septembre dernier, le conseiller à la Sécurité nationale auprès du président Joe Biden, Jake Sullivan, s’est notamment rendu dans le royaume pour y rencontrer le prince héritier saoudien et pour discuter longuement de la guerre au Yémen.

Modifier sa politique

Ce nouveau contrat d’armement comprend 280 missiles air-air. Ces missiles tirés en vol, et non du sol, dans le but de détruire une cible aérienne, sont utilisés, selon le département d’État, à des fins de défense aérienne et ne peuvent pas viser des cibles au sol. « Plusieurs experts affirment cependant qu’il n’y a pas de différence entre système défensif et offensif », remarque Yasmine Farouk, spécialiste de la région au centre de réflexion Carnegie Endowment for International Peace. « L’administration Biden s’accroche à cet argument et à la nécessité de défendre l’intégrité territoriale de l’Arabie saoudite pour affirmer qu’elle n’a pas modifié sa politique vis-à-vis de Riyad. » Si Joe Biden a adopté un ton plus dur que son prédécesseur à l’égard de Riyad depuis janvier dernier, l’Arabie saoudite reste l’alliée principale des États-Unis dans la région.Lors de la campagne présidentielle, Joe Biden avait affiché sa volonté d’opérer un revirement de position par rapport à celle adoptée par Donald Trump à l’égard des pays du Golfe. Le candidat démocrate avait fait part à plusieurs reprises de son intention de « recalibrer » les relations entre Washington et Riyad. Une décision qui s’expliquait par le tollé provoqué par les violations des droits de l’homme commises par la coalition au Yémen, ou encore par le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul en 2018. Dès janvier, le président démocrate avait annoncé la suspension des ventes d’armes en cours à Riyad et Abou Dhabi ainsi que l’arrêt du soutien américain à la coalition menée par ces deux pays au Yémen. Le renseignement américain avait également rendu public, en février dernier, un rapport déclassifié sur le meurtre de Jamal Khashoggi pointant la responsabilité du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, simultanément à l’annonce de Joe Biden selon laquelle il ne traiterait qu’avec le roi – marquant ainsi une rupture avec la relation personnelle nouée entre son prédécesseur et le dauphin saoudien.

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Si Donald Trump était à l’époque fustigé par les démocrates pour la vente d’armes utilisées par la coalition saoudienne contre des civils au Yémen, Joe Biden fait aujourd’hui l’objet des mêmes critiques. « L’économie américaine ne devrait pas être construite autour du marché de la mort », a fustigé sur Twitter l’écrivaine américaine Marianne Williamson, qui avait annoncé sa candidature à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2022. « Ce contrat ne constitue pas un changement d’approche majeur, mais il revient à reconnaître à contrecœur que la relation avec l’Arabie saoudite est importante et, malgré les positions publiques, l’administration Biden continuera à soutenir Riyad dans son conflit au Yémen », résume Neil Quilliam. « Aux yeux des États-Unis, il est important que les Saoudiens demeurent leur client en matière de défense », explique de son côté Yasmine Farouk. Il y a aussi une pression importante exercée par les lobbies des armes alors que des usines entières travaillent pour le compte des pays du Golfe. L’administration Biden avait déjà approuvé en septembre dernier un accord d’une valeur pouvant atteindre 500 millions de dollars destiné à assurer la maintenance de la flotte d’hélicoptères militaires de l’Arabie saoudite.Si Riyad semble avoir donné plusieurs gages à Washington depuis janvier dernier – en libérant par exemple plusieurs activistes des droits humains dont le cas était médiatisé –, cette vente d’armes serait également un moyen de récompenser Riyad. « Les Saoudiens considèrent qu’ils ont fait des concessions sur plusieurs dossiers, auxquelles les États-Unis n’ont pas donné suite. Le royaume agite par ailleurs la carte selon laquelle il pourrait se tourner vers la Chine et la Russie pour de futurs contrats portant sur l’achat d’armes, même si cela est très difficile en pratique », ajoute Yasmine Farouk.

Ce contrat survient, en outre, après que l’Iran a annoncé une reprise des pourparlers indirects sur le nucléaire avec les États-Unis le 29 novembre, après près de six mois d’interruption. « Les États-Unis indiquent qu’ils souhaitent négocier avec l’Iran, mais affirment en parallèle vouloir défendre l’Arabie saoudite et prendre en compte ses intérêts dans le cadre de ces pourparlers. Les Saoudiens ont donc besoin d’une preuve et, dans ce cadre, cette vente d’armes n’est pas anodine », remarque Yasmine Farouk. Si cette vente d’armes n’a pas besoin d’être approuvée par le Congrès, un projet de loi défavorable adopté par le Sénat et à la Chambre des représentants pourrait bloquer l’accord.

Il s’agit du contrat d’armement le plus important conclu entre Washington et Riyad depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration de Joe Biden. Jeudi dernier, les États-Unis ont approuvé la vente potentielle d’armes pour une valeur de 650 millions de dollars au royaume saoudien, a annoncé le Pentagone. Selon le département de la Défense, cette décision vise à soutenir la « politique étrangère américaine et la sécurité nationale des États-Unis en aidant à améliorer la sécurité d’un pays ami ». Cette vente massive d’armes intervient dans un contexte marqué par une intensification des attaques de missiles balistiques lancés depuis le Yémen par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, en direction du sud-ouest du royaume saoudien. Le mois dernier, l’aéroport du « Roi...
commentaires (3)

L'arabie saoudite assure du boulot à nos compatriotes. ils assuraient une grande part de revenus via les touristes d'arabie. Ils ont investi et lancé divers projets financiers au liban. Ils n'ont jamais pensé produire des usines d'armement, d'usine de missiles et ni même pensé au nucléaire militaire. En revanche, ils investissent dans le domaine spatial actuellement. En face? Nous avons l'iran qui crée et/ou finance des milices chiites ( au liban et ailleurs) qui ont prété allégeance au guide spirituel iranien et sont soumises aux instruction des militaires iraniens. Un pays qui fout le bordel partout où il met ses pieds. Il est tout à fait normal que l'arabie saoudite malgré tous ses défauts majeurs soit un pays à défendre et à garder. Ne serait ce que pour les libanais. Ils ont tout intérêt à avoir des relations commerciales, touristiques, politiques avec l'arabie. Nous avons vu l'impact d'une rupture de relations avec l'arabie...Catastrophe. En revanche, la non relation entre le liban officiel et l'iran? Bof..Aucun impact. Les libanais ne bossent pas en Iran et ne parlent même pas leur langue. Le liban a des intérêts avec l'arabie ( et réciproquement) alors qu'avec l'Iran..Nada..rien..Juste leur milice d'occupation qui est étrangère au tisse libanais ouvert, moderne et pacifique.

LE FRANCOPHONE

17 h 39, le 06 novembre 2021

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Commentaires (3)

  • L'arabie saoudite assure du boulot à nos compatriotes. ils assuraient une grande part de revenus via les touristes d'arabie. Ils ont investi et lancé divers projets financiers au liban. Ils n'ont jamais pensé produire des usines d'armement, d'usine de missiles et ni même pensé au nucléaire militaire. En revanche, ils investissent dans le domaine spatial actuellement. En face? Nous avons l'iran qui crée et/ou finance des milices chiites ( au liban et ailleurs) qui ont prété allégeance au guide spirituel iranien et sont soumises aux instruction des militaires iraniens. Un pays qui fout le bordel partout où il met ses pieds. Il est tout à fait normal que l'arabie saoudite malgré tous ses défauts majeurs soit un pays à défendre et à garder. Ne serait ce que pour les libanais. Ils ont tout intérêt à avoir des relations commerciales, touristiques, politiques avec l'arabie. Nous avons vu l'impact d'une rupture de relations avec l'arabie...Catastrophe. En revanche, la non relation entre le liban officiel et l'iran? Bof..Aucun impact. Les libanais ne bossent pas en Iran et ne parlent même pas leur langue. Le liban a des intérêts avec l'arabie ( et réciproquement) alors qu'avec l'Iran..Nada..rien..Juste leur milice d'occupation qui est étrangère au tisse libanais ouvert, moderne et pacifique.

    LE FRANCOPHONE

    17 h 39, le 06 novembre 2021

  • BONNE NOUVELLE. IL FAUT UNE ARABIE FORTE CONTRE LES REVES HEGEMONIQUES DE L,IRAN.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 53, le 06 novembre 2021

  • la duplicite de la politique vue,souhaitee et surtout entendue par hassan nasrallah.... qui fait son jeu ( SES JEUX ) a quelque details prets.

    Gaby SIOUFI

    10 h 39, le 06 novembre 2021

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