Sur cette photo datée du 3 novembre, Xavi Hernandez, l’entraîneur espagnol du club qatari as-Sadd SC (à l’extrême gauche de l’image), célébrant avec ses joueurs un but de son équipe contre le club al-Duhail SC, dans le cadre de la Qatar Stars League. Karim Jaafar/AFP
Attendu comme le messie, Xavi Hernandez, l’ancienne gloire du FC Barcelone (Barça), quitte son exil qatari pour prendre la relève de Ronald Koeman avec un défi immense : reconstruire une équipe en ruine pour la hisser à nouveau vers les sommets. Le club qatari d’as-Sadd, que Xavi entraînait depuis 2019, a annoncé hier avoir trouvé un accord avec les Catalans pour le retour au bercail de l’ancien milieu de terrain. « As-Sadd a fait un communiqué, mais pas le Barça. Attendons », a de son côté prudemment commenté, lors de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match, l’entraîneur intérimaire Sergi Barjuan, dont les heures à la tête du club semblent comptées.
Après un jeu de séduction qui a duré plusieurs années, le mariage s’apprête à être enfin célébré entre le FC Barcelone et l’un des hommes qui incarnent le mieux le club. Une union attendue par une large frange des supporteurs blaugrana. Après avoir quitté le Barça en 2015, le génial milieu de terrain a pris la direction d’as-Sadd, au Qatar, où il a fini sa carrière de joueur (2015-2019) avant d’entamer une reconversion immédiate comme entraîneur. Après deux années à la tête du club de cet émirat du Golfe, il a déjà remporté le championnat, la Coupe et la Supercoupe du Qatar. Mais surtout, en un laps de temps réduit, Xavi a réussi à installer au Qatar des principes de jeu qui lui sont chers. Ceux appris dans les rangs de la Masia, le prestigieux centre de formation catalan, et affinés auprès d’un entraîneur comme Pep Guardiola : un jeu de possession, fait de passes courtes dans des espaces réduits. Bref, les bases du tiki-taka, le fameux jeu catalan lancé par l’icône Johan Cruyff dans les années 1990.
Un rêve et une nouvelle page
Contacté en janvier 2020 pour remplacer Ernesto Valverde sur le banc barcelonais puis l’été suivant pour succéder à Quique Setién, Xavi a jusqu’ici toujours décliné les offres du club, refusant de prendre la charge d’une équipe sans projet clair et sans cap fixe, mais réitérant à chaque fois son amour pour son club de cœur. « Je ne le cache pas, et je l’ai toujours dit, mon objectif principal, quand ça pourra se faire, c’est le Barça. C’est ma maison, et ce serait un rêve », avait confié Xavi dans une interview au quotidien Marca en juillet 2020. « J’ai toujours dit que Xavi finirait un jour par être entraîneur du Barça. Mieux, j’aimerais qu’il soit l’entraîneur du Barça sous ma présidence. Ce que je ne sais pas, c’est quand », a récemment soutenu le président Joan Laporta.
En mai dernier, Xavi avait prolongé son contrat de deux ans avec as-Sadd, jusqu’en 2023. Mais l’appel du Barça a été trop fort. Le chantier est immense. Xavi devra accorder ses violons avec Laporta et, surtout, composer avec les énormes soucis financiers qui plombent le club catalan, endetté de plus d’un milliard d’euros.
Sur le terrain, ses objectifs sont clairs : sportivement, le Barça, actuel 9e de la LaLiga à 9 points de la Real Sociedad et à 8 points de son grand rival, le Real Madrid, doit à tout prix revenir à la tête du classement. Il doit aussi tenter d’assurer une qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, malgré les deux claques initiales reçues face au Bayern Munich au Camp Nou (3-0) et contre le Benfica à Lisbonne (3-0). Mais surtout, Xavi doit faire retrouver son identité de jeu au club blaugrana en se basant sur la jeune génération dorée qui émerge, avec, en tête de gondole, les prodiges Ansu Fati, Pedri et Gavi, et d’autres talents précoces, comme Segiño Dest ou Frenkie de Jong.
La difficulté pour la « Maquina » (la machine en espagnol) sera d’atteindre tout cela sans entrer en conflit avec ses amis de la vieille garde catalane qui arrivent en fin de carrière : les Gérard Piqué, Jordi Alba et autres Sergio Busquets. Et il devra composer avec l’ombre de son ancien équipier Lionel Messi, parti au Paris Saint-Germain l’été dernier et dont le Barça peine toujours à faire le deuil. Si Koeman a été celui qui a jeté les fondations du Barça post-Messi, Xavi devra être l’architecte qui tournera définitivement la page pour en écrire une nouvelle.
Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA/AFP


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