Les agriculteurs ont pu diminuer l’utilisation des engrais chimiques de 50 % en moyenne. Élie Harika/FAO
Le bureau libanais de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a lancé un projet visant à aider les agriculteurs à réduire leur dépendance aux pesticides chimiques et aux engrais, tout en luttant contre la pollution agrochimique du bassin supérieur du fleuve Litani. Ce projet a été mis en œuvre avec le ministère de l’Agriculture et bénéficie d’un financement de la Norvège. Il promeut la gestion intégrée des cultures, une technique qui concilie les exigences agricoles et la responsabilité environnementale. Ce programme a permis de former 42 producteurs libanais de pommes de terre aux pratiques de gestion intégrée des cultures.
Pour garantir la continuité du soutien apporté aux agriculteurs, la FAO a formé les animateurs du projet et le personnel technique du ministère de l’Agriculture aux pratiques de gestion intégrée des cultures. Grâce à ces connaissances, les animateurs ont gagné en assurance et ont su obtenir la confiance des agriculteurs, qui s’entretiennent régulièrement avec eux au sujet des problèmes qu’ils rencontrent sur leurs exploitations. Le projet prévoit également d’étendre ces pratiques à d’autres productions végétales de la région.
De nombreuses parcelles pilotes de culture de pommes de terre ont ainsi été établies à Baalbeck afin de comparer les pratiques traditionnelles aux pratiques de gestion intégrée des cultures. Sur chaque parcelle, deux cultures ont été réalisées côte à côte, dont l’une appliquait des pratiques validées de gestion intégrée des cultures. Tout au long de la saison de croissance des pommes de terre, l’animateur de la parcelle a suivi le développement de la culture et y a apporté les modifications nécessaires, notamment au niveau de l’irrigation. Un relevé de toutes les interventions réalisées sur les deux parcelles a été effectué, entre celle de l’agriculteur et celle en gestion intégrée des cultures, afin de préciser notamment les quantités et les types de pesticides et d’engrais utilisés. À la fin de la saison de croissance, le rendement de chaque parcelle a été calculé et des comparaisons ont été faites.
Les résultats ont montré qu’il était possible, à productivité égale, voire supérieure, de diminuer l’utilisation des engrais chimiques de 50 % en moyenne et les pulvérisations de pesticides d’au moins 60 %. Les agriculteurs ont pu constater les résultats directement sur le terrain.
Jusqu’à présent, les agriculteurs recouraient à des engrais chimiques et des pesticides pour gérer la nutrition des plantes ou lutter contre les maladies et organismes nuisibles aux végétaux. La plupart d’entre eux pensaient qu’en augmentant la quantité d’engrais chimiques, ils accroîtraient les rendements de leurs cultures.
Cependant, l’aggravation rapide de la crise économique et financière au Liban a amené les exploitants à reconsidérer la question, les intrants et engrais agricoles étant importés en devises. Face à cette contrainte et aux nombreux inconvénients des produits chimiques, les agriculteurs sont apparus plus que jamais convaincus de la nécessité d’utiliser moins d’engrais et de pesticides et de trouver de meilleurs moyens de gérer leurs terres, d’améliorer les rendements et de préserver l’eau.


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