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Technologies - COMPOSANTS

Les batteries au lithium : boules incendiaires des centres de recyclage

Un téléphone, une brosse à dents électrique ou encore des casques sans fil qui prennent feu dans les centres de tri et de traitement des déchets : les professionnels du recyclage alertent sur les risques causés par la présence de lithium dans des objets de plus en plus nombreux et pas toujours bien triés.

Les batteries au lithium : boules incendiaires des centres de recyclage

Les professionnels s’inquiètent de l’arrivée « massive et exponentielle » sur le marché des piles et batteries au lithium. Photo Bigstock

Ce type de batterie est de plus en plus présent dans les objets du quotidien, « et on arrive à un premier cycle de fin de vie », explique Frédéric Hedouin, directeur général de Corepile, éco-organisme français de collecte et de recyclage des piles, qui estime leur durée de vie entre 5 et 10 ans.

Alors, ce n’est pas un hasard si, « depuis cinq ans, il y a une recrudescence des incendies dans les centres de tri », dénonce la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage (Federec). Les professionnels s’inquiètent particulièrement de l’arrivée « massive et exponentielle » sur le marché des piles et batteries au lithium.

Pour l’entreprise Ecore, parmi les leaders du marché en France et en Europe, 40 % des départs de feu recensés sur leurs sites sont liés au lithium.

Les batteries au lithium, matériau chimique qui réagit aux chocs et à l’eau, peuvent poser des problèmes lorsqu’elles sont éventrées au cours du processus de recyclage. Or, « ce n’est pas possible de distinguer une batterie au lithium dans 100 tonnes de déchets », explique Gaylord Renard, du groupe Ecore.

« Normalement, les gens devraient apporter les batteries dans des points de collecte. Le problème, c’est qu’ils sont peu connus, alors les batteries sont laissées dans les appareils et les gens les jettent, dans le meilleur des cas, dans la déchetterie, dans le pire des cas, dans une poubelle », dit Corentin Lesage, chargé de mission recyclage à la Federec.

Des assureurs frileux

Les données du Bureau français d’analyse des risques et pollution industrielles (Barpi) sont sans appel : en 2020, près d’un quart des accidents se produisant dans les installations industrielles françaises le sont dans le secteur des déchets et des eaux usées.

Un incendie, « c’est une perte d’exploitation, un site qui peut être à l’arrêt pendant plusieurs mois, parfois une reconstruction, c’est toute une chaîne opérationnelle qui s’arrête et par la suite, il faut pouvoir récupérer un flux vers le site qui aura été dévié », résume Nathalie Yserd, directrice générale d’Ecosystem, un éco-organisme spécialisé dans la collecte de déchets d’équipement électroniques et électriques (DEEE).

Les recycleurs, particulièrement dans la filière DEEE, doivent s’équiper pour réagir en cas de départ du feu : caméras thermiques, cubitainers, canons à eau, formation des salariés à la manœuvre hydraulique...

Face à ces risques, « presque aucune compagnie d’assurances française n’accepte de garantir les recycleurs à cause de la fréquence des sinistres et (ces compagnies) ont considérablement augmenté les prix et les franchises », explique Patrice Rouvier, courtier en assurance sur le secteur du recyclage.

En réponse à ce phénomène émergent, Ecosystem souhaite « organiser des assises nationales début 2022 pour rassembler et sécuriser les différents acteurs ».

Une des solutions avancées par la Federec serait que les fabricants intègrent plus de pratiques d’écoconception. L’une des origines du problème réside dans le fait que bon nombre de batteries au lithium ne peuvent être retirées du produit. Une solution serait de les rendre accessibles et démontables par le consommateur.

Source : AFP


Ce type de batterie est de plus en plus présent dans les objets du quotidien, « et on arrive à un premier cycle de fin de vie », explique Frédéric Hedouin, directeur général de Corepile, éco-organisme français de collecte et de recyclage des piles, qui estime leur durée de vie entre 5 et 10 ans.Alors, ce n’est pas un hasard si, « depuis cinq ans, il y a une...

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