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Économie - Reprise

La pandémie continue d’entraver la croissance mondiale, selon le FMI

La pandémie continue d’entraver la croissance mondiale, selon le FMI

L’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) Gita Gopinath a prévenu hier que la vaccination inégale dans le monde continue d’être un frein à la reprise complète de l’économie mondiale. Andrew Caballero-Reynolds/AFP

« La pandémie n’est terminée nulle part tant qu’elle n’est pas achevée partout. » L’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) Gita Gopinath a prévenu hier que la vaccination inégale dans le monde continue d’être un frein à la reprise complète de l’économie mondiale. Le FMI table désormais sur une hausse du PIB mondial de 5,9 % cette année contre 6 % pour les prévisions avancées en juillet. La révision à la baisse est « marginale », note Mme Gopinath. « Elle masque cependant d’importantes révisions pour certains pays » et « les perspectives pour les pays à faibles revenus se sont considérablement assombries », ajoute-t-elle. Environ 58 % de la population des économies avancées a été entièrement vacciné, contre 36 % dans les économies émergentes et moins de 5 % dans les pays pauvres, souligne l’institution de Washington, qui publie ses prévisions à l’occasion de ses réunions d’automne.

Autre difficulté, les goulets d’étranglement logistiques qui ont désynchronisé les chaînes d’approvisionnement mondiales, entraînant des blocages dans les ports, des pénuries pour toute une gamme de matériaux, en particulier les semi-conducteurs, et une hausse des coûts d’exportation. Aux États-Unis notamment, les industriels peinent ainsi à augmenter leur cadence de production. Résultat, le FMI a abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6 %, contre 7 % en juillet. Mais elle l’a révisée en hausse pour 2022, à 5,2 %, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé à la hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5 %). Mais là encore, les disparités sont grandes, avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3 %) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1 %).

La Chine, deuxième puissance économique du monde d’où est partie la pandémie fin 2019, va continuer de tirer la croissance mondiale (+8 %, soit -0,1 point) aux côtés des États-Unis et l’Inde (+9,5 %, inchangée). Pour la région Amérique latine et Caraïbes, qui a été durement touchée par la pandémie, les prévisions s’améliorent (+0,5 point à 6,3 %) après une sévère récession (-7 % contre -3,1 % à l’échelle mondiale) enregistrée en 2020.

La région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, à laquelle appartient le pays du Cèdre, connaîtra elle une croissance de 4,1 % cette année et l’année prochaine selon le Fonds, contre une récession de -2,8 % en 2020. Le FMI prévoit une croissance de 2,8 % et de 4,8 % en Arabie saoudite pour les deux années en raison d’un assouplissement des restrictions, permettant alors aux cours du pétrole de s’améliorer. Le Liban, quant à lui, n’a reçu aucune prévision de croissance pour les années 2021 et 2022, comme ce fut le cas au printemps, en raison de l’instabilité et de la difficulté d’anticiper une amélioration ou une détérioration de la situation. La Banque mondiale, elle, avec qui le Fonds tient ses réunions d’automne, s’était avancée en indiquant estimer que le PIB libanais se contractera cette année de 10,5 %. La prochaine édition du Lebanon Economic Monitor (LEM) doit être, en principe, publiée d’ici à novembre.

La Syrie n’est pas incluse en raison des tensions politiques.Pour 2022, le FMI table sur une croissance mondiale inchangée à 4,9 %. Toutes ces prévisions restent cependant très incertaines, reconnaît Gita Gopinath, rappelant que celles-ci reposent notamment sur un objectif de vaccination de 40 % de la population mondiale d’ici à la fin de cette année et de 70 % d’ici à la mi-2022.

Maintien de Kristalina Georgieva

Ces annonces interviennent au lendemain de celle du maintien de la Bulgare Kristalina Georgieva à son poste de directrice générale, après des semaines d’investigations éprouvantes. La question du maintien de Mme Georgieva, 68 ans, à sa tête était posée depuis la publication, le 16 septembre, des conclusions d’une enquête du cabinet d’avocats WilmerHale, menée à la demande du comité d’éthique de la Banque mondiale. La dirigeante était accusée d’avoir manipulé un rapport pour favoriser la Chine, des faits qu’elle a toujours niés. « Le conseil d’administration a estimé que les informations présentées au cours de son examen n’ont pas démontré de manière concluante que la directrice générale a joué un rôle inapproprié concernant le rapport “Doing Business 2018” lorsqu’elle était directrice générale de la Banque mondiale », selon un communiqué du FMI. « Après examen de l’ensemble des éléments de preuve présentés, le directoire réaffirme sa pleine confiance dans le leadership et la capacité de la directrice générale à continuer à s’acquitter efficacement de ses fonctions », ajoute le texte.

Cette affaire a profondément divisé les 24 membres du conseil d’administration. Si la France, le Royaume-Uni et plus largement l’Europe ont fait part de leur soutien à Mme Georgieva, les États-Unis se sont montrés plus réticents à renouveler leur confiance.

Mme Georgieva avait pris la tête du Fonds le 1er octobre 2019, en remplacement de la Française Christine Lagarde, nommée à la tête de la Banque centrale européenne. Elle était alors la seule candidate à ce poste. Selon un partage des rôles hérité de la création des institutions de Bretton Woods, le Fonds est traditionnellement dirigé par un Européen tandis que la Banque mondiale est aux mains d’un Américain, actuellement David Malpass. En 2019, les instances du FMI avaient toutefois dû changer les statuts pour pouvoir entériner la nomination de Mme Georgieva qui dépassait la limite d’âge, alors fixée à 65 ans.

L’OLJ et AFP


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