L’attaquant français Kylian Mbappé (au centre) disputant le ballon au défenseur belge Jason Denayer juste devant la cage du portier des Diables rouges, Thibaut Courtois. Franck Fife/AFP
Résiliente et renversante, l’équipe de France a signé une dernière demi-heure de jeu ébouriffante pour surpasser une Belgique revancharde (3-2) et valider sa qualification pour la finale de la Ligue des nations européenne de football, grâce à l’héroïsme de son jeune international Théo Hernandez, jeudi soir à Turin. Dominante pendant 60 minutes (2-0), la Belgique a longtemps cru pouvoir adoucir l’amer souvenir de la demi-finale du Mondial 2018 en Russie. Mais la sélection n° 1 mondiale a coulé face au champion du monde, une fois de plus, dans un scénario bien plus miraculeux qu’à Saint-Pétersbourg il y a trois ans (1-0)... Une revanche qui risque d’asseoir encore plus la rivalité entre ces deux nations voisines. Les Bleus ont construit leur succès avec patience, révolte et folie. Karim Benzema a réduit le score, Kylian Mbappé a retrouvé le sourire sur penalty et Théo Hernandez, pour sa seconde sélection, a illuminé le Juventus Stadium d’une frappe limpide au second poteau à la dernière minute du match, transperçant un Thibaut Courtois (le gardien belge) démuni.
Espagne-France sera donc l’affiche prestigieuse de la finale de la 2e édition de la Ligue des nations, demain soir à Milan, avec un second trophée à portée du sélectionneur français Didier Deschamps depuis sa prise de fonction en 2012. Il ne pourra pas remplacer, ni effacer, l’Euro manqué des Bleus, mais il peut permettre d’aborder le chemin vers le Mondial 2022 avec espoir. La Belgique et sa génération dorée des Hazard, Lukaku et De Bruyne, essuie, elle, une nouvelle désillusion dans sa quête de titre international : l’équipe dirigée par Roberto Martinez reporte ses rêves d’une année, jusqu’au Qatar.
Les fans venus au Juventus Stadium n’oublieront pas cette rencontre de folie : les quelques centaines de supporteurs français sont restés près d’une demi-heure à chanter après le coup de sifflet final. De quoi prouver, s’il le faut, que la rivalité née du dernier Mondial a laissé des traces. Dès l’entame, quelques huées ont bruissé lors des hymnes nationaux de part et d’autre, et l’intensité totale des premiers instants, marqués par un arrêt de grande classe signé Hugo Lloris devant Kevin De Bruyne, a montré que les deux sélections n’étaient pas là pour faire de la figuration. Ce choc de voisins fut aussi un match de frangins : les frères Lucas et Théo Hernandez, titulaires, ont arboré le maillot bleu ensemble pour la première fois, du jamais-vu depuis les frères Patrick et Hervé Revelli en 1974.
Source : AFP

