Un spécimen de « Cortinarius semivelatus », une espèce excessivement rare. Photo fournie par Michel Hallak
Sandra Sleiman affirme à L’Orient-Le Jour que sa motivation pour se lancer dans cette étude est la difficulté de reconnaître les espèces comestibles de celles qui sont toxiques. En effet, dans les montagnes, les résidents aiment beaucoup cuisiner des plats à base des différents champignons que l’on trouve dans la nature. Leur expérience permet généralement d’éviter les espèces dangereuses, mais les erreurs ne sont pas impossibles, et les conséquences sanitaires dramatiques. « Les champignons sont un monde à part, très différent des espèces végétales et animales », souligne la jeune femme.
Poussée par sa curiosité, Sandra Sleiman s’est donc lancée à corps perdu dans sa recherche. « Je suis partie de zéro, il n’y a pas beaucoup de documents sur la question, dit-elle. J’ai dû consulter les références mondiales, qui sont le plus souvent en langue française, alors que mon éducation est anglophone. J’ai cependant pu dépasser cet obstacle. »
L’essentiel des recherches de la jeune scientifique se sont déroulées dans le Akkar, dans les forêts de chênes et de sapins, au pied desquels poussent quantités de champignons. Une nouvelle preuve, s’il en faut, de la biodiversité remarquable de ce caza de l’extrême nord du pays. Sandra Sleiman s’est fait accompagner de plusieurs « cueilleurs » expérimentés qui l’ont fait profiter de leur savoir-faire ancestral. Ses connaissances scientifiques ont fait le reste.
Pour la chercheuse, cette recherche devrait motiver des étudiants à fouiller davantage dans les espaces verts des autres régions, à la recherche de cette richesse que constituent les espèces de champignons. « Je suis prête à les aider », assure-t-elle. Pour sa part, elle espère qu’une amélioration de la situation générale au Liban lui permettra de poursuivre sur sa voie, et d’approfondir son étude, notamment sur les huit espèces totalement inconnues auparavant.

