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Culture - Musique

La riche actualité du compositeur Béchara el-Khoury

La riche actualité du compositeur Béchara el-Khoury

Le compositeur Béchara el-Khoury. Photo DR

En cette période profondément déprimante où le nom du Liban est synonyme de crise sur fond d’escroquerie, il est revigorant de se dire que certaines personnes, notamment dans le domaine de l’art et de la culture, portent haut les couleurs de leur pays à travers le monde.

Ainsi le compositeur Béchara el-Khoury que l’on ne présente plus et dont la musique est jouée dans le monde entier n’a pas chômé ces derniers mois et, depuis son dernier concert à la Philharmonie de Paris, ses œuvres ont été programmées dans de prestigieux festivals européens.

Depuis sa jeunesse, Béchara el-Khoury admire profondément (pour ne pas dire vénère !) le compositeur allemand Richard Strauss (1864-1949), à ne pas confondre avec Johann Strauss, le père de la valse viennoise. Or il se trouve que le maestro libanais a été, pour son immense joie, programmé dans les mêmes concerts que son idole. Le 27 août dernier, au Festival de La Chaise-Dieu à côté de Lyon, la soprano australienne Loren Fagan interprétait ainsi Chant d’amour de Béchara el-Khoury sur un poème de Lamartine, une œuvre qui, selon le musicologue Gérald Hugon, « devrait figurer au répertoire de toute soprano qui se respecte ». La chanteuse était accompagnée de l’orchestre symphonique de l’Estuaire (OSE), sous la direction du chef français Daviel Kawka. Elle donnait également les Quatre derniers Lieder de Richard Strauss, œuvre testament du compositeur allemand, empreinte de sérénité et de nostalgie, contrastant avec le bouillonnement de ses poèmes symphoniques et de ses opéras.

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Hasard du calendrier, le même soir, à quelques kilomètres de là, sur une commande du jeune et prometteur Festival Caunes Minervois, une œuvre de Béchara el-Khoury était donnée en première mondiale, Image pour quatuor à cordes, La Nuit, interprétée par le quatuor à cordes Ellipse, formé des solistes de l’Orchestre national de France. Il est intéressant de noter que le catalogue du compositeur libanais, qui en est à son opus 112, est majoritairement composé d’œuvres symphoniques et concertantes ainsi que d’œuvres pour piano et qu’il est donc rare et d’autant plus précieux de l’entendre dans le répertoire de la musique de chambre.

Le 8 octobre prochain, c’est le Concerto pour cor et orchestre, The Dark Mountain, de Khoury, qui sera joué au théâtre BFM de Genève, toujours en compagnie d’œuvres de Richard Strauss, par l’orchestre symphonique OSE, le corniste David Guerrier, tous placés sous la direction de Daniel Kawka.

Par ailleurs, le pianiste italien Giacomo Scinardi, qui commence une tournée à travers les États-Unis, interprétera les quatre Sonates pour piano, alors que le compositeur met la dernière main à une 5e sonate dédiée à cet interprète.

Enfin, Béchara el-Khoury vient de terminer une œuvre inspirée par la ville de Deir el-Qamar, Le Couvent de la lune, pour violon et orchestre, dédiée à la violoniste franco-britannique Olivia Hughes et que l’on espère entendre au Liban.

Beaucoup d’autres projets, avec de prestigieux interprètes, dont un cycle de six Lieder pour soprano et orchestre sur des poèmes de la poète française Céline Walter, sont en cours, mais il est bien trop tôt pour en parler. Suite au prochain numéro !


En cette période profondément déprimante où le nom du Liban est synonyme de crise sur fond d’escroquerie, il est revigorant de se dire que certaines personnes, notamment dans le domaine de l’art et de la culture, portent haut les couleurs de leur pays à travers le monde. Ainsi le compositeur Béchara el-Khoury que l’on ne présente plus et dont la musique est jouée dans le monde...

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