Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Le Premier ministre Nagib Mikati a remercié vendredi l'Irak pour le fuel que ce pays a envoyé au Liban, qui traverse une grave crise et souffre de lourdes pénuries, notamment en carburants et en alimentation électrique, et a promis d’œuvrer pour réduire le rationnement de courant, l'Etat ne fournissant plus que trois heures d'électricité par jour en moyenne, alors que les générateurs privés assurent la relève avec difficulté.
Avec plusieurs jours de retard, une première cargaison de carburant irakien est arrivée vendredi par mer à la centrale électrique de Deir Aamar. En réalité, ce fuel irakien, ayant une trop grande teneur en soufre, ce qui endommagerait les centrales d’Électricité du Liban (EDL), ce sont 30 000 tonnes de fuel-oil grade B qui arrivent au Liban cette semaine, alors qu’ils auraient dû être livrés entre le 5 et le 10 septembre. Près de 33 000 tonnes de gasoil devraient également être livrées entre le 10 et le 20 du mois courant par la société émirati ENOC, qui a remporté l’appel d’offres et qui devait échanger 85 000 tonnes de fuel irakien contre les deux cargaisons de carburant susmentionnées.
Selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), M. Mikati a remercié le gouvernement irakien "pour son soutien au Liban dans ces circonstances difficiles, et ce à travers l'application du contrat d'importation de fuel irakien, afin de contribuer à résoudre la crise de l'alimentation en courant électrique".
En crise économique et de liquidités depuis deux ans, le Liban peine à régler ses factures en devises et trouve donc des difficultés pour importer le carburant nécessaire à EDL, qui ne fournit plus que quelques heures de courant par jour. C’est pour cela qu’un accord a été conclu avec l’Irak le 23 juillet dernier, le Liban s’étant engagé à payer le fuel par des "services".
"Le gouvernement déploiera tous ses efforts pour réduire l'impact du rationnement de courant et améliorer l'alimentation", a promis M. Mikati. "Nous travaillerons sur une solution drastique à cette crise, en assurant différents moyens de production d'électricité pour, en fin de compte, donner la priorité au gaz naturel et aux énergies renouvelables (...)", a-t-il souligné.
En attendant, le pays continue de souffrir des pénuries de courant, comme dans la région de Baalbeck-Hermel, où l'alimentation est coupée depuis trois jours, ce qui a poussé des députés de la région à contacter les autorités concernées pour tenter de trouver une solution.
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