Rechercher
Rechercher

Économie - Levée des subventions

La Direction du pétrole aurait demandé d’arrêter d’approvisionner le marché en carburant subventionné

La Direction du pétrole aurait demandé d’arrêter d’approvisionner le marché en carburant subventionné

Une station-service à Dora (entrée nord de Beyrouth), il y a une semaine. Le rythme chaotique dans lequel la levée des subventions se déroule a décuplé la taille des files de véhicules attendant de faire le plein. Photo P.H.B.

La directrice du pétrole au sein du ministère de l’Énergie et de l’Eau, Aurore Feghali, aurait demandé mercredi aux directions des installations pétrolières de Tripoli (Liban-Nord) et de Zahrani (Liban-Sud), ainsi qu’à toutes les compagnies importatrices de carburant du pays, d’arrêter d’approvisionner le marché local en carburant subventionné au taux de 8 000 livres pour un dollar. Les deux directions évoquées sont rattachées au ministère de l’Énergie.

Dans son courrier daté du 15 septembre, dont L’Orient-Le Jour a pu consulter une partie et dont le contenu a été confirmé par une source au sein des filières de distribution, la directrice fait référence à une liste de navires qui ont déchargé le carburant acheté via le mécanisme de subventions. Elle justifie la mesure en expliquant qu’il faut faire l’inventaire du carburant subventionné et non subventionné – une référence au mazout déjà vendu au prix du marché à certains groupes, dont les industriels. Aucun délai ou calendrier n’a en revanche été communiqué. Contactée, Aurore Feghali n’a pas répondu à nos messages.

Si elle venait à se confirmer, cette mesure surviendrait alors que les mécanismes de subventions sur le carburant mis en place depuis octobre 2019 par la Banque du Liban – officiellement pour limiter la hausse des prix en livres de l’essence, du mazout (consommé essentiellement par les générateurs privés) et du gaz domestique en bonbonne – doivent être définitivement levés. Une étape qui était attendue cette semaine mais qui semble avoir été retardée, sans que les raisons en soient explicitées. Selon une source proche des filières de distribution, la décision de la directrice du pétrole semble marquer le prélude à la levée définitive des subventions sur le carburant. L’ancien ministre druze Wi’am Wahhab a, lui, affirmé avoir « appris » qu’une réunion organisée au ministère de l’Énergie consacrée à la levée des subventions avait été programmée mercredi après-midi, dans un tweet relayée pare l’Agence nationale d’information.

Le mécanisme réservé au carburant – ainsi que ceux similaires qui avaient été mis en place pour le blé, les médicaments ou encore le matériel médical – avait été imaginé par la BDL au moment où la livre a commencé à se déprécier face au dollar, lors des premières semaines de la crise. Une tendance provoquée par la crise de liquidités en devises dans laquelle le pays s’était engouffré, la BDL ayant à ce moment cessé de soutenir la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar sur le marché, avant de finalement décider de réserver ses interventions aux seuls produits subventionnés. Concrètement, ces mécanismes permettent en effet aux importateurs d’échanger leurs livres contre des dollars issus des réserves de devises de la BDL à un taux inférieur à celui atteint par la monnaie nationale sur le marché parallèle (près de 15 000 livres mercredi soir).

Deux ans après, la quasi-totalité des mécanismes de subventions ont été levés, provoquant non seulement des hausses de prix, mais encourageant également des acteurs à stocker des produits pour les revendre au prix fort. Une partie des produits subventionnés ont également été détournés par la contrebande vers la Syrie. S’agissant du carburant, les mécanismes en place ont été amendés à deux reprises depuis juin (au niveau du taux pour les échanges de dollars et de la couverture des montants des factures des fournisseurs). Le rythme chaotique dans lequel ce processus s’est déroulé a décuplé la taille des files de véhicules attendant de faire le plein, et même provoqué des troubles à l’ordre public dans certaines régions. Si certains receleurs ont été appréhendés par les autorités, l’armée et les forces de sécurité semblent avoir radicalement levé le pied depuis plusieurs semaines.Enfin, le ministère n’a toujours pas modifié cette semaine les tarifs du carburant, alors qu’il a l’habitude de le faire chaque mercredi.


La directrice du pétrole au sein du ministère de l’Énergie et de l’Eau, Aurore Feghali, aurait demandé mercredi aux directions des installations pétrolières de Tripoli (Liban-Nord) et de Zahrani (Liban-Sud), ainsi qu’à toutes les compagnies importatrices de carburant du pays, d’arrêter d’approvisionner le marché local en carburant subventionné au taux de 8 000 livres pour un...

commentaires (2)

" Ainsi, il semblerait que la crise axxtuelle du carburamt et les supplices infligés aux consommateurs qui doivent faire la queue durant des heures pour 10 litres d'essence, ne soient pas dus aux manœuvres des propriétaires de stations, mais à une volonté délibérée du gouvernement sortant. Bravo et Merci!

Yves Prevost

07 h 05, le 16 septembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • " Ainsi, il semblerait que la crise axxtuelle du carburamt et les supplices infligés aux consommateurs qui doivent faire la queue durant des heures pour 10 litres d'essence, ne soient pas dus aux manœuvres des propriétaires de stations, mais à une volonté délibérée du gouvernement sortant. Bravo et Merci!

    Yves Prevost

    07 h 05, le 16 septembre 2021

  • Fini les subventions une fois pour toute. Les honnêtes gens doivent pouvoir s'approvisionner en carburant en essence surtout, sans ni faire la queue, ni recourir au marché noir des voleurs..

    Esber

    23 h 09, le 15 septembre 2021

Retour en haut