Près de 500 enseignants du public et du privé ont observé hier un sit-in devant le ministère de l’Éducation. Photo Mohammad Yassine
À l’appel du comité de coordination syndicale, quelque 500 enseignants des secteurs public et privé ont observé hier un sit-in devant le ministère de l’Éducation pour dénoncer la « négligence du secteur éducatif », l’« effondrement » de leurs salaires et le fait qu’ils vivent « comme des pauvres ».
« Non au travail forcé », « Le droit prime… Le droit est avec nous », « Pas de rentrée scolaire sans fondements permettant de tenir bon… Attention à notre colère »… Autant de slogans brandis par les manifestants pour réclamer leurs droits et dénoncer la détérioration de leurs conditions de vie et de travail. Marlène Rizk, enseignante du primaire et du complémentaire dans une école privée à Baabdate, a dénoncé « l’effondrement du salaire des enseignants qui ne leur permet de tenir qu’une semaine ». Elle a appelé les autorités à effectuer un ajustement salarial pour le corps professoral. « Beaucoup d’écoles n’ont toujours pas octroyé aux enseignants les six échelons » (prévus dans la grille des salaires et qui accorde des augmentations aux fonctionnaires et enseignants en fonction des diplômes et de l’ancienneté, NDLR), a-t-elle confié à notre journaliste sur place Mohammad Yassine.
« Nous ne parvenons pas à assurer le suivi académique de nos enfants ni à prendre soin d’eux parce que nous sommes débordés par le travail, poursuit Mme Rizk. Certains responsables au niveau de la direction des établissements appellent les enseignants à réajuster leur mode de vie alors que nous vivons déjà comme des pauvres. Je regrette que beaucoup d’enseignants n’aient pas participé à cette manifestation. » Elle a appelé le corps éducatif à manifester pour faire pression sur les autorités.
Les contestataires ont en outre déploré l’impact de la crise socio-économique sur le niveau d’éducation des élèves. Hanane Chaar, docteure en didactique, a critiqué la négligence du secteur éducatif par les autorités au pouvoir, notamment en ce qui concerne la situation des enseignants, des élèves et des employés. « Personne n’a donné de compensations au secteur éducatif, a-t-elle regretté. L’année dernière, le taux d’échec dans les cycles primaire et complémentaire était de 80 % parce que les élèves n’ont pas pu suivre les cours. » Et d’appeler les parties concernées à faciliter l’approvisionnement en essence aux enseignants.

