Edin Dzeko est surnommé le « Cygne de Sarajevo » en hommage à son élégance quand il s’envole pour aller chercher les ballons très haut. Filippo Monteforte/AFP
À 35 ans, Edin Dzeko n’a rien d’un préretraité et reste un redoutable buteur, avec la Bosnie, adversaire de la France demain mercredi en qualifications du Mondial 2022 au Qatar, comme avec l’Inter Milan, où le « Cygne de Sarajevo » veut faire oublier Romelu Lukaku. « Je peux donner encore beaucoup », proclame le Bosnien, dont le surnom, inspiré de celui de la légende Marco Van Basten (le « Cygne d’Utrecht »), est un hommage à son élégance quand il s’envole pour aller chercher les ballons très haut.
À l’AS Roma, le « cygne » battait pourtant un peu de l’aile il y a quelques mois, en froid avec l’entraîneur Paulo Fonseca qui avait décidé de lui retirer le brassard de capitaine et de le mettre en concurrence. Au « vilain petit canard » Dzeko était notamment reproché d’avoir contesté certains choix tactiques. Depuis, José Mourinho a débarqué chez les Giallorossi. Mais Dzeko a choisi de s’envoler vers le nord, et l’Inter, pour répondre à l’appel de la Ligue des champions. Non sans saluer Rome, ville où sont nés ses trois enfants, et la Roma, club qu’il continuera de « soutenir », au moins « 36 journées sur 38 ». Il n’avait aucun doute sur le nouvel entraîneur nerazzurro, Simone Inzaghi. « J’ai entendu de bonnes choses de la part des joueurs qu’il entraînait, et vu la façon dont jouait la Lazio (l’autre club de la capitale italienne, entraîné par Inzaghi de 2016 à 2021), je savais que ce serait un système parfait pour moi », a-t-il souligné il y a quelques jours.
« Remercier » Lukaku
Avec ses plus de 600 matches en club, sur les pelouses de Serie A (à la Roma pendant six ans), de Premier League (à Manchester City de 2011 à 2015) et de Bundesliga (à Wolfsburg de 2007 à 2011), il a l’expérience pour relever un sacré défi : succéder à Lukaku, celui qui a porté les Nerazzurri ces deux dernières saisons, avec un scudetto en guise de cadeau d’adieu en mai. « Lukaku, il faut le remercier, mais il ne faut pas regarder le passé », assure Dzeko.
Après deux journées de championnat, les tifosi sont déjà un peu moins inquiets : le nouveau n° 9 a offert une nouvelle passe décisive vendredi dernier contre l’Hellas à Vérone (3-1), une semaine après avoir réussi ses débuts contre le Genoa (4-0) avec une autre passe et surtout un premier but, en fin de match au stade San Siro. « Même si j’avais des crampes, j’ai dit à l’entraîneur que j’allais bien et de me laisser sur le terrain. Et j’ai réussi à marquer, cela a été un soulagement », décrit-il. « C’était le premier match, quand tu marques immédiatement, c’est encore mieux », ajoute celui qui ne pouvait espérer meilleur baptême dans ce stade qui était aussi celui de son idole Andriy Shevchenko avec l’AC Milan.
« Lukaku est l’un des attaquants les plus forts en ce moment, mais l’Inter a fait un choix intelligent », a estimé dans la Gazzetta dello Sport l’ex-attaquant international Luca Toni. « C’est un avant-centre qui peut aussi jouer en soutien d’une autre pointe, il bouge beaucoup », a-t-il ajouté au sujet de l’attaquant, arrivé libre en Lombardie, après avoir trouvé un accord avec la Roma pour solder sa dernière année de contrat.
Lloris connaît la chanson
Hugo Lloris et les Bleus savent donc que Dzeko sera encore demain le danger principal des Bosniens, dix ans après les frayeurs qu’il avait fait vivre aux supporteurs français au Stade de France, en octobre 2011. Lors d’un match décisif pour la qualification à l’Euro 2012, Dzeko avait donné le tournis à Adil Rami et ouvert la marque d’une magnifique frappe. Les Bleus, qui n’avaient besoin que d’un point, avaient alors vu planer le fantôme d’Emil Kostadinov, le bourreau bulgare de 1993, jusqu’à l’égalisation salvatrice de Samir Nasri.
Si la pression sera moindre demain, les qualifications n’étant qu’à mi-parcours, Lloris connaît donc la chanson : pour que la Bosnie marque, il ne suffit parfois que d’un « cygne ».
Anthony LUCAS/AFP

