Nagib Mikati à Baabda, le 17 août 2021. Photo Dalati et Nohra
Encore un rendez-vous manqué. Contrairement aux attentes, le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, ne s’est pas réuni hier avec le président de la République, Michel Aoun, sa nouvelle mouture – actuellement en gestation – n’étant toujours pas prête.
Le treizième round de pourparlers entre le chef de l’État et le Premier ministre désigné devait être l’occasion pour le milliardaire sunnite de remettre à M. Aoun un nouveau projet de gouvernement de 24 ministres, à raison de huit pour chacun des trois grands ensembles politiques du pays. Mais « le chef du gouvernement désigné n’a pas encore complètement accompli sa tâche. Il est actuellement en train de mettre des noms sur les portefeuilles », confie à L’Orient-Le Jour un proche du Premier ministre désigné, précisant que cela se fait à la lumière des douze entretiens que MM. Aoun et Mikati ont déjà effectués depuis la nomination du député de Tripoli à la présidence du Conseil, le 26 juillet dernier.
La non-tenue de l’entretien, qui était attendu hier et qualifié d’ « important » dans certains cercles politiques, a montré qu’en dépit de l’optimisme que le chef de l’État s’efforce de distiller quant à un dénouement heureux dans les prochains jours, les obstacles restent entiers. Mais la présidence préfère voir les choses sous un autre angle : « Les contacts se poursuivent pour aplanir les obstacles persistants », souligne un proche de Baabda.
Le Hezbollah semble participer à ces efforts. Hussein Khalil, conseiller politique du secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, est en contact permanent avec le chef du gouvernement désigné, dont la formation chiite dit vouloir faciliter la tâche. « Nous soutenons M. Mikati. Nous lui avons remis, depuis une dizaine de jours, une liste de noms de candidats parmi lesquels il pourra sélectionner les futurs ministres », déclare à L’OLJ un proche du parti chiite sous couvert d’anonymat. Il fait savoir que la quote-part chiite devrait inclure les Travaux publics et le Travail (Hezbollah), ainsi que les Finances et l’Agriculture (le mouvement Amal). « Le cinquième portefeuille serait celui de la Culture », ajoute le proche du Hezbollah.
Parallèlement, la valse des noms se poursuit, notamment au niveau de quelques portefeuilles-clés, tels que l’Énergie et les Affaires sociales, qui devraient faire partie du lot de M. Aoun.
Calculs politiques
En apparence donc, c’est principalement sur les noms des ministrables que buterait encore la future équipe Mikati. Mais au vu du contexte dans lequel le Premier ministre a été choisi pour mettre sur pied le nouveau cabinet, on est en droit de croire que ce sont surtout de minutieux calculs politiques qui retardent la naissance du gouvernement.
C’est le cas des détracteurs de la présidence qui accusent le chef de l’État et son camp de chercher toujours à détenir le tiers de blocage au sein d’une équipe qui pourrait être appelée, en cas de non-tenue des échéances électorales de l’année prochaine, à diriger le pays dans une phase ultérieure. « Le problème auquel fait face le processus est celui des deux ministres chrétiens que veut (le chef du Courant patriotique libre) Gebran Bassil », en sus des huit de la quote-part du camp aouniste, lance une personnalité qui suit de près le dossier du gouvernement. Elle accusait ainsi la présidence et son camp de vouloir faire passer leur lot à neuf ou dix ministres, soit plus que le tiers de blocage dans une équipe de 24. Une option à laquelle Nagib Mikati continue de s’opposer, insistant sur une formule au sein de laquelle personne ne posséderait la minorité de blocage. Sans répondre à ces accusations, le groupe du Liban fort a réitéré, dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion hebdomadaire, son appel à MM. Aoun et Mikati à « former le gouvernement cette semaine ».
M. Mikati mène sa mission sous la pression de la communauté internationale qui s’impatiente de voir le pays du Cèdre se doter d’une équipe qui relancerait les négociations avec le Fonds monétaire international.




L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
De source bien informée qui a requis l'anonymat (sic), l'obstacle principal à la formation du gouvernement vient de Gebran Bassil. Son intention est de placer à la tête du Ministère de l'Energie une personne qui continuerait à pomper l'argent du dit ministère qu'il a pourtant déjà écumé, car il croit avoir oublié quelques piécettes dans quelque tiroir depuis qu'il a été nommé par son beau-père à la tête de ce Ministère alors qu'il venait de la société civile.
19 h 29, le 25 août 2021