Dans son homélie hier à Dimane, le patriarche maronite a accusé les responsables libanais d’être « immoraux ». Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï s’est de nouveau déchaîné hier contre les dirigeants, accusant la classe au pouvoir de « comploter par moments contre la population et la légalité nationale avec des forces illégales et des axes étrangers », avant d’appeler indirectement le peuple à reprendre le flambeau de la thaoura pour « combattre une tendance destructrice ».
Dans son homélie dominicale, particulièrement violente hier à l’égard de la classe dirigeante, le chef de l’Église maronite a accusé celle-ci d’ « immoralité », les responsables libanais étant selon lui « à l’écoute de leurs propres intérêts seulement ». « Onze mois plus tard, il est désormais clair, en dépit des promesses creuses formulées, que les responsables libanais ne veulent pas d’un gouvernement, laissant la population livrée à elle-même », a-t-il fulminé.
S’adressant directement aux responsables, il a lancé : « Cessez de torturer le peuple, de vous jouer du destin du pays et de l’État et d’épuiser les formules gouvernementales (proposées) l’une après l’autre, en inventant de nouvelles conditions à chaque fois que d’autres sont réglées. Mettez fin au blocage et à cette conduite suicidaire », a martelé Mgr Raï, dans ce qui semble être un message adressé particulièrement au camp présidentiel. « Nous condamnons votre engagement à liquider l’État libanais : son système, son pacte, son rôle historique et son message humain. Il est désormais évident que vous êtes partie intégrante du putsch contre la légalité et l’État, que vous ne voulez pas du Liban édifié par nos aïeux, une terre de rencontre et de dialogue, que vous ne voulez pas de gouvernement central et que vous faites exprès de pousser les Libanais à prendre leurs propres affaires en main et à opter pour des solutions qu’ils évitent depuis cinquante ans », a-t-il dit, mais sans préciser lesquelles.
La flamme de la révolution
Béchara Raï s’est dit persuadé que la population libanaise, « même martyrisée, va finir par se soulever pour combattre cette tendance destructrice ». « Ce qui la morfond, c’est qu’elle libère souvent le pouvoir de décision de l’État sans l’appui de celui-ci qui, parfois, complote contre elle et contre la légalité nationale, en coordination avec des forces illégales et des axes étrangers », a-t-il poursuivi, dans ce qui semble être une allusion au Hezbollah et à l’axe iranien, mais aussi une référence au gigantesque mouvement populaire qui s’était manifesté en 2005 – après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri – contre l’occupation syrienne et les forces politiques qui s’accommodaient de la présence de l’armée syrienne au Liban.Le patriarche semblait hier encourager les Libanais à se soulever contre un fait accompli qui risque de dissoudre l’identité et l’État libanais, lorsqu’il a affirmé : « Quant à nous, nous réaffirmons notre soutien au soulèvement populaire (du 17 octobre 2019) et notre souci de préserver la légalité. La thaoura représente l’espoir d’un Liban nouveau. Elle peut corriger les dérives et ouvrir la voie aux générations montantes pour assumer des responsabilités nationales. Nous sommes soucieux de préserver la légalité nationale parce qu’elle est l’expression de l’unité de l’entité libanaise et des constantes historiques libanaises. ». Et d’insister : « La flamme de la révolution brûle toujours. Elle a juste besoin qu’on renforce son unité et qu’on canalise ses objectifs. »
Il a enchaîné en tombant à bras raccourcis sur les représentants de « la légalité nationale » : « Où en sont-ils des constantes nationales ? Qu’est devenu leur rôle dans la préservation de la Constitution, de la souveraineté libanaise et leur attachement à l’autonomie du pouvoir national de décision ? Que sont devenues leurs tentatives d’empêcher la désintégration de l’État et de sauver le peuple ? »
Dans le même ordre d’idées, le patriarche maronite a accusé des forces qu’il n’a pas nommées de « laisser le peuple souffrir pour pousser les jeunes et les familles à l’émigration, vider la société libanaise de ses forces actives et porter un coup au partenariat national afin de pouvoir mettre la main sur le pays ».
Il a réitéré son appel à « la tenue d’une conférence internationale sur le Liban sous l’égide de l’ONU, en vue d’une application des résolutions internationales le concernant, de la mise en vigueur de l’ensemble des articles de l’accord de Taëf, de la proclamation de la neutralité du pays et de régler les dossiers des réfugiés syriens et palestiniens ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Beaucoup de jeunes de la THAOURA ( !! ), vous disent , aller en boite de nuit ne fait pas de NOUS une Mauvaise personne, aller à l'église ne fait pas de VOUS une Bonne personne. Il semble parfois que Dieu, en créant l'homme ( certains ), ait quelque peu surestimé SES capacités. Et Victor Hugo de conclure : JESUS disait AIMER ; l'Eglise dit : PAYER . Merci
13 h 54, le 23 août 2021