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Société - Drame De Tleil

Le Akkar continue d'enterrer ses victimes

"Dirigeants et responsables devraient imaginer ce que c'est que d'avoir deux jeunes hommes et de les retrouver brûlés et carbonisés sous ses propres yeux".

Le Akkar continue d'enterrer ses victimes

Des femmes en pleurs et des hommes portant, le 18 août 2021 dans le village de Doussé, le cercueil de l'une des victimes de la famille Chreiteh, tuée dans l'explosion d'une cuve d'essence dimanche dans le Akkar. Photo Ibrahim Chalhoub / AFP

Quatre jours après l’explosion survenue dans la nuit de samedi à dimanche d’une cuve d’essence dans le village de Tleil, au Liban-Nord, le Akkar continuait d'enterrer ses victimes, les familles ayant décidé que les funérailles seront privées et non collectives.

Dans la matinée, des convois d'ambulances de la Croix-Rouge ont transporté les corps des victimes, rapporte notre correspondant sur place Michel Hallak. Une foule nombreuse a accompagné le cortège de cercueils, en exigeant des représailles contre les coupables du drame et une accélération de l'enquête. Le cortège s'est arrêté à Halba, à Koueikhat et à Tleil pour se diriger ensuite jusqu'aux lieux de naissance des victimes. Leurs proches ont demandé que les députés de la région du Akkar ne participent pas aux funérailles.

Environ 15 victimes ont été enterrées mercredi, selon un correspondant de l'AFP. A Khirbet Char, le caporal Ahmed Saadallah Othman et Chaaban Ezzedine Mohammad ont été inhumés dans le cimetière de la ville. Le soldat Mohammad Radouane Assaad a été inhumé dans la mosquée orientale de la localité de Kaouachra. Des victimes ont également été inhumées à Berbara, en présence d'une foule nombreuse, ainsi qu'à Doueir Aadouiyé.

Dans le village de Doussé, des funérailles populaires ont eu lieu pour quatre victimes de la famille Chreiteh, deux frères, Khaled et Jalal Mouïn Chreiteh et deux autres Hussein et Fayad Adel Chreiteh. Leurs cercueils, recouverts du drapeau libanais, ont été accueillis par des tirs en l'air et des pluies de pétales de roses. "Ils sont morts parce qu'ils cherchaient de l'essence", crie à plein poumons Mouïn Chreiteh qui enterre ses deux fils de 16 et 20 ans ayant péri dans l'incendie provoquée par l'explosion. "Dirigeants et responsables devraient imaginer ce que c'est que d'avoir deux jeunes hommes et de les retrouver brûlés et carbonisés sous ses propres yeux", confie-t-il encore. "C'est la privation qui a mené à ceci, le Akkar est une région démunie", a-t-il déclaré à l'AFP, alors que le pays est en proie à des pénuries inédites et en tous genres. "Tout ce que nous faisons, c'est payer de notre sang", a-t-il déploré.

Dans l'après-midi, deux Libanais grièvement blessés dans la déflagration, Nader Darouiche et Khaled Osmane, ont été évacués vers la Turquie à bord d'un avion médical. Le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, était présent lors du transfert des deux blessés dans l'avion spécialement affrété par Ankara. Il a souligné de l'Aéroport international de Beyrouth que trois autres personnes, des militaires, avaient déjà été hospitalisées dans des hôpitaux turcs depuis dimanche, ainsi que plusieurs autres, dont le nombre n'a pas été précisé, au Koweït.

Dernier adieu

Mardi soir l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), avait rapporté que les funérailles des victimes ne seraient pas collectives, à la demande des familles. Celles-ci ont préféré des obsèques privées, invoquant l'état des corps et la chaleur estivale extrême. Des funérailles collectives avaient été évoquées à Bireh dans le Akkar, en présence du mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, mais à la demande des familles des victimes, la décision a été prise d'organiser ultérieurement une cérémonie de commémoration, au même endroit, en présence des autorités religieuses. Mardi, un dernier adieu avait été rendu à plusieurs victimes du drame.

De nombreuses familles sont toujours à la recherche des leurs, plusieurs restes humains n’ayant pas encore été identifiés tant ils sont carbonisés. Jusqu’à présent, cinq personnes sont toujours portées disparues, selon notre correspondant : Ali Issa al-Waari, Amer Mohammad Moustapha, Ahmad Saadallah Osman, Chaabane Ezzeddine Mohammad et Fadi Ghazi el-Cheikh.

La cuve qui a explosé dans la nuit de samedi à dimanche était apparemment destinée à la contrebande vers la Syrie et cette tragédie a provoqué une profonde colère dans le Akkar, région très défavorisée du Liban-Nord. Selon le bilan non officiel du ministère de la Santé, 28 personnes sont décédées dans cette déflagration, comme l’a affirmé à L’Orient-Le Jour Joseph Hélou, directeur des soins médicaux au ministère. En outre, au moins 80 personnes, civils et militaires, souffrent de graves brûlures et ont été admis dans plusieurs hôpitaux du pays, qui souffrent de la crise et des pénuries de médicaments et de matériel médical, ainsi qu'à l'étranger. Le Koweït et la Turquie ont notamment accueilli des blessés.

Quatre jours après l’explosion survenue dans la nuit de samedi à dimanche d’une cuve d’essence dans le village de Tleil, au Liban-Nord, le Akkar continuait d'enterrer ses victimes, les familles ayant décidé que les funérailles seront privées et non collectives.Dans la matinée, des convois d'ambulances de la Croix-Rouge ont transporté les corps des victimes, rapporte notre correspondant sur place Michel Hallak. Une foule nombreuse a accompagné le cortège de cercueils, en exigeant des représailles contre les coupables du drame et une accélération de l'enquête. Le cortège s'est arrêté à Halba, à Koueikhat et à Tleil pour se diriger ensuite jusqu'aux lieux de naissance des victimes. Leurs proches ont demandé que les députés de la région du Akkar ne participent pas aux funérailles.Environ 15 victimes...
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