Le rallye d’Ypres, qui remplace le rallye d’Allemagne, est la première épreuve belge à faire son apparition au calendrier du championnat du monde. Thierry Neuville (Hyundai) sera donc sur ses terres et, par conséquent, le favori de la course. Photo DR
Thierry Neuville sera, sur ses terres (asphaltées) à Ypres, le favori du rallye de Belgique, huitième manche du championnat du monde (WRC) qui se déroule ce week-end, lors duquel Sébastien Ogier tentera d’enfoncer encore un peu plus le clou en tête du classement des pilotes. Après sept manches sur douze, le Français de Toyota est dans un fauteuil avec ses 148 points, pour 111 à son équipier britannique Elfyn Evans et 96 à Neuville.
Pour relancer le suspense, une victoire de l’un de ces deux challengers est plus qu’indispensable. Et Neuville ne s’en cache pas : c’est lui qui sabrera le champagne dans le Westhoek, cette région flamande célèbre pour les batailles de tranchées lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918). « Normalement, si tout se passe comme prévu, la victoire devra venir toute seule »... Du Neuville dans le texte. Le Belge de Hyundai a certes des arguments. Il connaît ce rallye par cœur, l’ayant déjà disputé à 8 reprises (pour 2 victoires). Et il sera porté par un public survolté. Il y avait d’ailleurs déjà énormément de monde lors des reconnaissances plus tôt dans la semaine. Car le rallye d’Ypres (qui prend la place du rallye d’Allemagne) est la première épreuve belge à faire son apparition au calendrier du championnat du monde. Historique, donc.
« Hormis Thierry et Craig Breen, aucun des ténors du WRC n’a déjà roulé à Ypres. Cela a un côté découverte intéressant. Cela va apporter du piment », explique le Belge Yves Matton, responsable rallye au sein de la Fédération internationale de l’automobile (FIA). Sébastien Ogier en est ravi car « découvrir de nouveaux tracés est toujours excitant. On verra qui sont ceux qui parviendront à adapter leur pilotage à ce tracé très intéressant. Ne pas prendre trop de risque mais pousser un peu quand même ».
Le rythme et l’expérience
Mais Neuville l’assure : c’est l’expérience qui fera la différence. « Je connais le parcours et je devrai donc logiquement prendre moins de risques que mes concurrents. Je vais partir à mon rythme, sans forcer. Et s’il le faut, on accélérera un peu », avance le pilote Huyndai.
Sa voiture pourrait être le principal souci du pilote en raison de récurrents problèmes de fiabilité depuis l’entame de la saison. « Ma Hyundai sera-t-elle plus performante que les Toyota sur l’asphalte ? C’est difficile à dire. Sur certains rallyes, on pensait les battre facilement, et c’est le contraire qui s’est produit. Cela se joue souvent à peu de choses », estime le Belge. Neuville pourrait aussi se crisper à cause de la peur de gagner, lui qui ne s’est plus imposé depuis 19 mois et son succès au Monte-Carlo 2020. Mais l’homme est surtout gagné par l’excitation : « Je vais enfin avoir mon rallye à domicile comme Sébastien Ogier à Monaco, Dani Sordo en Espagne ou Elfyn Evans au pays de Galles ! »
L’Irlandais Craig Breen sera peut-être le principal concurrent de son équipier Neuville (à moins de consignes d’équipe). Breen, qui s’est déjà imposé à Ypres (en championnat d’Europe en 2019), se dit « très inspiré par l’un des plus beaux rallyes du monde ». « Ce rallye ne ressemble à aucun autre. J’y participe pour la cinquième fois. Hormis Thierry (Neuville), personne n’a roulé autant de fois ici. Et, croyez-moi, l’expérience est primordiale » pour venir à bout des 20 spéciales au programme (8 vendredi, 8 samedi et 4 dimanche) et de leurs 310,92 km chronométrés.
Benoît NOËL/AFP

