Michel Aoun et Nagib Mikati s’entretenant hier à Baabda. Photo Dalati et Nohra
Le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, a sciemment continué d’entretenir une atmosphère positive à l’issue de sa sixième rencontre hier avec le chef de l’État Michel Aoun, affirmant que les tractations concernant la formation du nouveau gouvernement « touchaient à leur fin ». Un optimisme qui ne semble pas vérifié pour le moment.
Lors d’une brève déclaration à l’issue de l’entretien au palais présidentiel, M. Mikati est resté vague, ne fixant aucune échéance pour la formation du gouvernement et indiquant qu’il allait poursuivre ses contacts avec le chef de l’État.
« Si nous décidons de ne pas appliquer la rotation des portefeuilles entre les différentes communautés, cela concernera la majorité d’entre eux », a affirmé M. Mikati, sans donner davantage de précisions. La question de la rotation des ministères régaliens (Intérieur, Défense, Affaires étrangères et Finances) est le principal point d’achoppement des tractations entre MM. Mikati et Aoun, surtout que ce dernier réclame l’Intérieur (crucial à quelques mois des législatives prévues en 2022) et que le tandem chiite Amal-Hezbolalh insiste pour conserver les Finances.
Selon notre chroniqueur politique Mounir Rabih, M. Mikati a rencontré jeudi des responsables du Hezbollah – avec lequel il maintient de bonnes relations – et a souligné, au cours de l’entretien, que la question de la rotation des portefeuilles entravait sérieusement le processus de formation du cabinet. Il a demandé l’aide des responsables de la formation chiite pour débloquer la situation et ces derniers auraient promis de faire ce qui est leur possible.
En conséquence, MM. Mikati et Aoun ont décidé de continuer à entretenir une atmosphère positive après leur réunion d’hier. Ils se sont entendus pour reporter la discussion sur la rotation des portefeuilles et d’autres sujets conflictuels à une étape ultérieure, et commencer à discuter pour le moment de la répartition des portefeuilles non régaliens entre différentes personnalités et forces politiques.
Mais d’après notre chroniqueur, les choses sont toujours au même point : le tandem chiite exige toujours le ministère des Finances, alors que le chef de l’État voudrait la rotation des portefeuilles et souhaiterait que son camp obtienne les ministères de l’Intérieur – actuellement aux mains de la communauté sunnite – et de la Justice. Le conflit porte également sur la partie qui nommerait les ministres chrétiens, le président exigeant d’en nommer la plupart, à l’exception de ceux relevant des Marada, du Tachnag et du PSNS.
Nagib Mikati n’a en outre pas annoncé la date de sa prochaine entrevue avec le chef de l’État. « Nous serons en contact demain (aujourd’hui, samedi) pour fixer une nouvelle date de réunion », a-t-il indiqué. « Le silence est plus fort que les mots », a-t-il affirmé pour justifier sa brève allocution.



Nous sommes rassurés le partage du gâteau va avoir lieu et le vol du citoyen continuer ...
10 h 01, le 09 août 2021