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Politique - Gouvernement

Toujours pas de compromis en vue

Une cinquième réunion entre Michel Aoun et Nagib Mikati est prévue aujourd’hui à Baabda.

Toujours pas de compromis en vue

Michel Aoun et Nagib Mikati à Baabda, le 2 août 2021. Photo Dalati et Nohra

Un premier rendez-vous manqué. Les protagonistes semblent de plus en plus empêtrés dans les mêmes considérations politiciennes futiles. Le cabinet n’a donc pas vu le jour ce 4 août, en dépit des pressions internationales et des appels à un compromis dont on semble encore loin. Les prochains jours pourraient toutefois être décisifs, surtout si la querelle toujours latente entre le président de la République Michel Aoun et le chef du législatif Nabih Berry se poursuit, empêchant le Premier ministre désigné Nagib Mikati de mener à bien sa mission.

À la veille de la cinquième réunion, prévue aujourd’hui à Baabda, entre le chef de l’État et le Premier ministre désigné, rien ne prête à croire qu’une percée est à attendre au niveau du processus gouvernemental. Face à un Nagib Mikati déterminé à garder intacte la répartition des portefeuilles au sein de la future équipe, Baabda insiste : il faut que le principe de la rotation des postes soit respecté, notamment au niveau des portefeuilles dits régaliens : Affaires étrangères, Finances, Intérieur, et Défense.

Le bras de fer entre MM. Aoun et Mikati s’articule autour du ministère de l’Intérieur (actuellement aux mains des sunnites) au sujet duquel le locataire de Baabda semble déterminé à avoir son mot à dire. Michel Aoun croit ainsi pouvoir faire d’une pierre deux coups : d’une part, il veut inclure dans son lot le ministère qui sera chargé d’organiser les législatives de mai 2022, et d’autre part, il veut retirer au tandem chiite, notamment le président de la Chambre, le ministère des Finances. Une lecture que les milieux de Baabda ne partagent pas, naturellement. Citée par notre correspondante Hoda Chédid, une source proche de la présidence explique que l’appel à la mise en application de la rotation vise surtout à garantir l’égalité entre les communautés religieuses libanaises en matière d’accès aux divers portefeuilles. La source proche des cercles de la présidence insiste sur le fait que la position du chef de l’État vise surtout à faire barrage aux tentatives de consacrer des coutumes politiques qui iraient à l’encontre de la Constitution. Une pique évidente à l’adresse du président de la Chambre avec qui Michel Aoun et son camp entretiennent des rapports en dents de scie.

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Cette position de Baabda, les évêques maronites l’ont appuyée, sans pour autant se noyer dans les dédales du bras de fer actuel. Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion mensuelle à Bkerké, sous la présidence du patriarche Béchara Raï, les prélats se sont félicités de la nomination d’un nouveau Premier ministre et du début des tractations en vue de former un nouveau gouvernement. Mais ils ont tenu à appeler au respect « des principes (politiques), notamment la rotation conformément à l’article 95 de la Constitution (…) ». Le texte en question ne mentionne pas clairement cependant la notion de rotation. Il stipule en revanche que les communautés religieuses sont représentées « d’une façon juste au sein du gouvernement ». Selon le même texte, les fonctions de première catégorie ne devraient pas être consacrées à des communautés bien déterminées.

Karamé au lieu de Mikati ?

Quoi qu’il en soit, Baabda s’efforce d’assurer que le président Aoun « n’insiste pas pour obtenir un portefeuille bien défini », pour reprendre les termes d’un proche de la présidence contacté par L’Orient-Le Jour. « Nous proposons la rotation pour résoudre le problème et sortir de l’impasse », assure-t-il.

Mais pour le moment, on semble encore loin d’arriver à un accord entre Michel Aoun et Nagib Mikati. Dans certains milieux politiques cités par notre chroniqueur politique Mounir Rabih, on accuse le chef de l’État de ne pas vouloir du milliardaire de Tripoli à la présidence du Conseil. On estime même qu’il préférerait Fayçal Karamé, également député de Tripoli mais proche du Hezbollah.

Ce qui est sûr à ce stade, c’est que le Premier ministre désigné ne compte pas jeter l’éponge. « Il n’est pas question pour lui de se récuser. Il veut former un gouvernement parce que le pays ne tolère plus d’atermoiements. Et c’est pour cela qu’il propose de garder inchangé le partage des portefeuilles », confie à L’OLJ Nicolas Nahas, membre du groupe parlementaire de M. Mikati.

Un premier rendez-vous manqué. Les protagonistes semblent de plus en plus empêtrés dans les mêmes considérations politiciennes futiles. Le cabinet n’a donc pas vu le jour ce 4 août, en dépit des pressions internationales et des appels à un compromis dont on semble encore loin. Les prochains jours pourraient toutefois être décisifs, surtout si la querelle toujours latente entre le...
commentaires (4)

Aoun ne voudra d’aucun Premier ministre, il va faire traîner la composition du gouvernement jusqu’au début 2022, pour ainsi laisser la place à son héritier naturel le freluquet Gibran. Il n’a que faire du pays, son entêtement est en dessous de tout entendement. Ce monsieur finira très mal, ses alliés actuels et passés, se lasseront de ses exigences, qui à chaque fois augmentent pour atteindre les sommets de l’inadmissible. Aoun joue sur deux tableaux ; Avilir le peuple, et avoir les pleins pouvoirs pour imposer ses quatre volontés à tout le monde. Il se retrouvera isolé dans son bunker jusqu’à sa descente en enfer en Mai 2022.

Le Point du Jour.

23 h 39, le 05 août 2021

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Commentaires (4)

  • Aoun ne voudra d’aucun Premier ministre, il va faire traîner la composition du gouvernement jusqu’au début 2022, pour ainsi laisser la place à son héritier naturel le freluquet Gibran. Il n’a que faire du pays, son entêtement est en dessous de tout entendement. Ce monsieur finira très mal, ses alliés actuels et passés, se lasseront de ses exigences, qui à chaque fois augmentent pour atteindre les sommets de l’inadmissible. Aoun joue sur deux tableaux ; Avilir le peuple, et avoir les pleins pouvoirs pour imposer ses quatre volontés à tout le monde. Il se retrouvera isolé dans son bunker jusqu’à sa descente en enfer en Mai 2022.

    Le Point du Jour.

    23 h 39, le 05 août 2021

  • Si on arrêtait de penser chrétiens, musulmans, sunnites, maronites etc, si on sortait de ce communautarisme, si on vivait dans un état laïc, on n'en serait pas là. Le Liban n'est pas un gâteau à se partager, c'est le mérite et la compétence qui doivent primer. La religion est une affaire privée.

    Politiquement incorrect(e)

    17 h 39, le 05 août 2021

  • Rien n'est futile dans ce contexte. Ils veulent tout pour eux et rien pour les chrétiens (il faut appeler le chat par son nom).,C'est ça le hic ds un pays d'une vingtaine de communautés.

    Hitti arlette

    15 h 03, le 05 août 2021

  • Pourquoi est ce que vous insistez à qualifier Monsieur Mikati de milliardaire de Tripoli. C’est péjoratif et discourtois. Si vous avez des doutes sur l’origine de sa fortune, investiguez et présentez les preuves à l’opinion publique, c’est ça votre métier de journaliste. De plus, il y a beaucoup d’autres milliardaires au Liban anciens et surtout nouveaux, mais ils sont épargnés par votre journal.

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 41, le 05 août 2021

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