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Dernières Infos - Crise au Liban

Pas de redressement sans l'aide de la communauté internationale, affirme Diab

Pas de redressement sans l'aide de la communauté internationale, affirme Diab

La ministre libanaise sortante des Affaires étrangères Zeina Acar (c) participant à la réuniondu groupe consultatif du cadre de réforme, de relèvement et de reconstruction (3RF) qui s’est tenue mardi au Grand sérail. Photo DR

Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab, a souligné mardi le besoin "urgent" pour le Liban de se doter d'un nouveau gouvernement, soulignant qu'il est clair que le pays, en proie à une grave crise économique et sociale, ne pourrait pas se redresser sans l'aide de la communauté internationale. M. Diab s'exprimait lors de la deuxième réunion du groupe consultatif du plan de réforme, de relèvement et de reconstruction (3RF) qui s’est tenue mardi au Grand sérail.

Initié en décembre dernier, ce plan vise à apporter une réponse rapide, ciblée et non conditionnée à la mise en place de réformes aux pans les plus urgents de la reconstruction de Beyrouth, partiellement ravagée par la double explosion meurtrière survenue le 4 août 2020.

Étaient notamment présents à cette réunion les ministres sortants des Affaires étrangères, Zeina Acar, de l’Économie, Raoul Nehmé et de l'Energie Raymond Ghajar, ainsi que, la coordinatrice spéciale adjointe des Nations unies au Liban, Najat Rochdi, l'ambassadeur de l'Union européenne au Liban, Ralph Tarraf, le représentant de la Banque mondiale au Liban, Saroj Kumar Jha.  Le coordinateur de l'aide internationale pour le Liban, l'ambassadeur Pierre Duquesne, ainsi que des représentants de l'ONU et de la Banque mondiale ont assisté à la réunion par visioconférence.

Dans son allocution, à l'ouverture de la réunion, le Premier ministre sortant a rappelé que  le Liban subit un effondrement "historique" à tous les niveaux. "Il est impératif d’agir rapidement pour inverser la vapeur et accélérer le processus de redressement", a affirmé M. Diab, estimant qu'"il est clair qu'il serait extrêmement difficile pour le pays de se remettre de cet effondrement sans précédent sans l'aide et le soutien de la communauté internationale". Depuis l'été 2019, le Liban est en proie à une crise économique et sociale sans précédent, marquée notamment par la dégringolade vertigineuse de la livre libanaise face au dollar. Après avoir atteint des niveaux records avoisinant les 24 000 livres pour un billet vert  sur le marché parallèle il y a quelques jours, la livre a connu une importante volatilité lundi, lors des consultations parlementaires contraignantes ayant mené à la désignation de Nagib Mikati, pour former le nouveau gouvernement. La future équipe ministérielle est très attendue par les pays donateurs débloquer les fonds promis au Liban depuis des années, à condition que des réformes structurelles soient sérieusement mises sur les rails.

A ce sujet, Hassane Diab a déclaré : "Compte tenu de la détérioration rapide du pouvoir d'achat des familles libanaises, une priorité absolue pour le gouvernement libanais à ce stade est de mettre en place le programme de création d'un filet de protection sociale d'urgence (ESSN)". "Nous collaborons actuellement avec la Banque mondiale afin que la mise en œuvre du projet puisse commencer le plus rapidement possible, conformément aux normes internationales fixées par nos partenaires internationaux". Concernant le programme de subventions octroyées par la Banque du Liban pour l'importation de certains produits de première nécessité, depuis le début de la crise en 2019, qui pourrait être freiné, faute de réserves de la BDL, le Premier ministre sortant a souligné que ce programme a malheureusement été entaché de problèmes, entraînant un épuisement rapide des réserves de devises de la banque centrale. Il ne resterait que 14 % des réserves en devises étrangères, selon lui. "Le gouvernement a tenu à assurer des transferts en espèces aux familles libanaises défavorisées avant la levée des subventions", afin de les aider à faire face à l'inflation. 

En ce qui concerne les pénuries d'électricité et de carburant, M. Diab a souligné que, grâce à la signature samedi dernier d'un contrat avec l'Irak pour l'importation d'un million de tonnes de pétrole, pour le compte d'Electricité du Liban, "l’approvisionnement en électricité devrait augmenter dans les jours à venir". Il a promis que son équipe "continuera à lutter contre les pratiques illégales du marché et les activités de contrebande".

En ce qui concerne le projet 3RF et les réformes réclamées par la communauté internationale, Hassane Diab a rappelé que plusieurs lois favorisant la transparence et la lutte contre la corruption ont été votées ces derniers mois, notamment celle sur les marchés publics, qui a été adoptée le 30 juin dernier. Hassane Diab a, en outre, réaffirmé (son) "engagement à mettre en œuvre des actions politiques et des réformes dans les limites de la capacité légale du gouvernement sortant". Il a toutefois insisté sur le fait que "cela ne doit en aucun cas occulter le besoin urgent de former un nouveau gouvernement inclusif".


Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab, a souligné mardi le besoin "urgent" pour le Liban de se doter d'un nouveau gouvernement, soulignant qu'il est clair que le pays, en proie à une grave crise économique et sociale, ne pourrait pas se redresser sans l'aide de la communauté internationale. M. Diab s'exprimait lors de la deuxième réunion du groupe consultatif du plan de...