Roger Federer a quitté le Center Court de Wimbledon tête basse mercredi, éliminé après avoir encaissé un terrible 6-0 en quarts de finale. Edward Whitaker/AELTC/Pool/AFP
Simple au revoir ou triste adieu ? Roger Federer a quitté le Center Court de Wimbledon tête basse mercredi, éliminé après avoir encaissé un terrible 6-0 en quarts de finale. Un mois et un jour avant de fêter ses 40 ans, le Suisse laisse ainsi la voie – un peu plus – libre à Novak Djokovic, qui s’est lui très facilement qualifié pour les demi-finales et entend égaler sur le gazon londonien le record de 20 titres majeurs codétenu par Federer et Rafael Nadal.
Alors que le public se lève pour applaudir debout la sortie de son champion de cœur, Federer, la tête baissée, lève rapidement un bras avant de s’éclipser, battu 6-3, 7-6 (7/4), 6-0 par Hubert Hurkacz (18e mondial), qui n’avait jamais dépassé le troisième tour en grand chelem. « C’est pour ces ovations que je joue et que je joue toujours », a commenté Federer avant de reconnaître qu’une telle défaite, « ça secoue ». Se pourrait-il que ce soit la dernière image du Suisse sur le Center Court, terre de tant de ses exploits, où il a écrit une partie de sa légende ? « Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas, a-t-il assuré. Je suis vraiment très content d’être arrivé jusque-là dans le tournoi et même d’avoir pu jouer Wimbledon à ce niveau après tout ce que j’ai vécu. Bien sûr que je voudrais y jouer de nouveau, mais à mon âge, on ne sait jamais ce qui peut se passer. »
Après plus d’un an d’absence et une double opération du genou droit, Federer avait fait de Wimbledon son grand objectif. Il rêvait d’y être sacré pour la neuvième fois et de porter ainsi à 21 le record de titres du grand chelem. Mais il est tombé sur un admirateur qui n’avait pas l’intention de laisser passer son idole. « Je ne sais pas quoi dire. Jouer contre Roger Federer sur le Center Court était un rêve d’enfant. Mais je n’aurais probablement pas imaginé le battre », a déclaré Hurkacz, qui n’a laissé que 1h49 au public pour voir jouer sa vedette. À 24 ans, il réalise à Wimbledon son meilleur parcours en tournoi du grand chelem et affrontera Matteo Berrettini (9e), vainqueur de Félix Auger-Aliassime (19e) 6-3, 5-7, 7-5, 6-3, pour une place en finale.
Deuxième Polonais de l’histoire à atteindre le dernier carré d’un tournoi du grand chelem, après Jerzy Janowicz en 2013, déjà à Wimbledon, Hurkacz devient également le cinquième joueur à avoir infligé un 6-0 à Federer dans toute sa carrière, après James Blake au Queen’s en 1999, Patrick Rafter à Roland-Garros en 1999, Vince Spadea à Monte-Carlo en 1999 et Rafael Nadal à Roland-Garros en 2008 ! En outre, le maître suisse n’avait jusqu’ici perdu que deux fois en trois sets à Wimbledon, où il a joué 119 matches : en 2000 face à Yevgeny Kafelnikov et en 2002 face à Mario Ancic.
En plus de son héros, le tournoi a perdu mercredi la possibilité d’une alléchante finale, revanche de celle de 2019, où Djokovic avait battu Federer en cinq sets après avoir sauvé deux balles de match. Le n° 1 mondial sera, lui, au rendez-vous des demies. Le double tenant du titre, en quête d’un sixième sacre à Wimbledon et d’un très rare doublé Roland-Garros/Wimbledon la même année (seuls Federer en 2009 et Nadal en 2008 et 2010 y sont parvenus depuis Björn Borg en 1980), a nettement dominé le Hongrois Marton Fucsovics (48e mondial) 6-3, 6-4, 6-4 en quarts. « J’ai fait un match solide. J’ai très bien commencé et dans les deuxième et troisième sets, un break à chaque fois a été suffisant », a souligné le Serbe, qui affrontera aujourd’hui pour une place en finale le Canadien Denis Shapovalov (12e mondial), vainqueur du Russe Karen Khachanov (29e mondial) 6-4, 3-6, 5-7, 6-1, 6-4.
Que devra-t-il faire face à son prochain adversaire ? « Gagner ! » a-t-il répondu du tac au tac. Djokovic a enchaîné mercredi une 19e victoire consécutive sur le gazon londonien en comptant ses deux campagnes victorieuses en 2018 et 2019, pour atteindre sa 41e demi-finale de tournoi du grand chelem au total. « C’est bien d’écrire l’histoire. Continuons ! » a-t-il lancé.
Igor GEDILAGHINE/AFP


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