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Agenda - Universités

Remise de diplômes à la faculté de médecine de l’USJ

Dans une allocution, le doyen a invité les étudiants à ne pas « fuir » leur pays et à reprendre « leur destin en main ».

Remise de diplômes à la faculté de médecine de l’USJ

Les étudiants de la promotion 2021 de la faculté de médecine entourant leurs responsables. Photo DR

Au cours d’une cérémonie limitée aux seuls étudiants en raison du Covid-19, les responsables de la faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph (USJ) ont remis vendredi les diplômes de fin d’études à 90 étudiants en médecine générale, ainsi que trente masters de recherche à ceux ayant suivi un double cursus MD/PhD.

Présidée par le recteur de l’USJ, le père Salim Daccache, la cérémonie s’est déroulée en présence notamment du doyen de la faculté de médecine, Roland Tomb, et des membres du conseil de la faculté.

S’adressant aux étudiants qui désirent quitter le Liban, le Dr Tomb a confié qu’à l’instar de chaque citoyen, il mesure l’étendue de la catastrophe que traverse le pays à tous les niveaux. « En tant que médecins, nous avons été aux premières loges pour accueillir les blessés de la révolution, les victimes de violences policières, les rescapés de l’explosion apocalyptique au port et pour prendre en charge les malades du Covid, a-t-il affirmé. Devant tant d’efforts, il y a parfois de quoi désespérer. »

Se penchant sur le sens du christianisme et sur ce que celui-ci sous-entend au niveau de « l’espérance », le Dr Tomb a fait remarquer que celle-ci « n’est pas une attitude béate qui consiste à attendre que la tempête passe », mais elle constitue « le moteur de la résistance ». Il a relevé dans ce cadre que les Libanais ont besoin de résister contre eux-mêmes, ainsi que « contre la lassitude, la reddition, la contagion des départs et des abandons ».

Un casino

Le Dr Tomb a estimé que nombreux sont ceux qui ont considéré le Liban comme « un casino où on pouvait gagner à tous les coups ». Mais celui-ci a fini par « faire faillite », ce qui a poussé de nombreuses personnes à chercher « un autre casino » ailleurs, a-t-il regretté. Dans ce contexte, il a invité les étudiants à « changer de perspective » et à considérer leur pays comme « un parent proche éprouvé et gangrené par la maladie ». Dans ce cas, « est-ce qu’on l’abandonnerait ? » s’est-il demandé, constatant que les Libanais « ont exploité leur pays ». « Nous avons élu et réélu les mêmes mafieux corrompus, abdiqué notre souveraineté, notre décision nationale, notre sens de la justice et de la solidarité, a martelé le Dr Tomb. Nous nous sommes couchés devant les tyrans, ceux-là mêmes qui ont défiguré notre pays, braqué notre argent et désespéré notre jeunesse. Après tant de lâchetés, nous tentons la lâcheté suprême : fuir. Fuir ce pays (…), cette situation et ces dirigeants. »

Or le Liban ne leur appartient pas, « mais il nous appartient », a-t-il encore insisté, s’interrogeant sur le fait de savoir si l’on va leur abandonner ce qu’ils n’ont pas encore pris, à savoir « nos villages, nos maisons, nos souvenirs, nos universités et nos hôpitaux ». Faisant remarquer qu’on qualifie souvent « la lâcheté » des Libanais de « résilience », il a affirmé que celle-ci est « une arme à double tranchant », puisqu’elle « nous autorise à subsister », mais elle « nous fait aussi supporter parfois l’insupportable ». « Arrêtons de nous coucher. Arrêtons d’avaler notre dignité. Reprenons en main notre destin », a martelé le doyen.

Appelant les étudiants à ne plus « se laisser abattre par le doute » ni « se laisser contaminer par les maîtres du désespoir », le Dr Tomb a relevé que « c’est une lourde responsabilité que de brader tout ce qui fait notre identité et d’abandonner la partie et la patrie ».

Le doyen s’est enfin penché sur les exploits accomplis malgré le Covid-19, notamment celui d’avoir organisé tous les examens en présentiel et d’avoir poursuivi la recherche, « le nombre de publications dans les revues internationales ayant doublé », ou aussi la mise en place d’un centre de simulation qui accueille déjà les étudiants et les médecins et l’aménagement des nouveaux locaux de la faculté de médecine.

Au cours d’une cérémonie limitée aux seuls étudiants en raison du Covid-19, les responsables de la faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph (USJ) ont remis vendredi les diplômes de fin d’études à 90 étudiants en médecine générale, ainsi que trente masters de recherche à ceux ayant suivi un double cursus MD/PhD.Présidée par le recteur de l’USJ, le père Salim Daccache, la cérémonie s’est déroulée en présence notamment du doyen de la faculté de médecine, Roland Tomb, et des membres du conseil de la faculté.S’adressant aux étudiants qui désirent quitter le Liban, le Dr Tomb a confié qu’à l’instar de chaque citoyen, il mesure l’étendue de la catastrophe que traverse le pays à tous les niveaux. « En tant que médecins, nous avons été aux premières loges pour accueillir les...