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Politique - Décryptage

Questions autour d’une visite en Syrie de députés libanais

Derrière les crises apparentes et multiples qui pèsent actuellement sur le quotidien des Libanais, se profile en douce le problème des relations avec la Syrie. Personne n’en parle ouvertement, mais ce dossier, qui n’a jamais été clairement réglé depuis 2005 (lorsque, suite à l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, les soldats syriens ont été contraints de quitter le Liban le 26 avril de la même année), redevient aujourd’hui une des principales préoccupations des parties politiques.

Selon des témoins oculaires, la voie de passage de Masnaa connaît depuis quelques semaines un regain d’affluence et les convois de personnalités politiques que l’on n’avait plus vus depuis des années ont recommencé à faire l’aller-retour entre Beyrouth et Damas. Récemment, on a même parlé de la visite à Damas d’une délégation de députés présidée par Assaad Hardane et qui comprenait, entre autres, les députés Abdel-Rahim Mrad et Ali Hassan Khalil. L’objectif de cette visite était de féliciter le président syrien Bachar el-Assad pour sa réélection à la tête de l’État pour un troisième mandat (qui devrait expirer en 2028). L’information aurait été banale il y a quelques années encore, notamment avant le déclenchement de la guerre en Syrie en 2011. Mais aujourd’hui, elle ne passe pas inaperçue. Et ce pour deux raisons.

D’abord, la formation d’une délégation de députés appartenant à différentes formations – même si elles sont toutes relativement dans le même camp politique proche de Damas – est un message clair de la volonté de ces formations d’afficher de nouveau leur souci d’avoir les meilleures relations possibles avec la Syrie. Un peu « comme au bon vieux temps de la tutelle syrienne » ( 1990-2005), pourrait-on dire.

Ensuite, la présence du député Ali Hassan Khalil, adjoint politique du président de la Chambre Nabih Berry, comme faisant partie de cette délégation a créé la surprise. Il faut préciser à cet égard que des rumeurs avaient circulé sur une détérioration des relations entre le mouvement Amal et Damas tout au long des dix dernières années. Selon des confidences faites par des visiteurs réguliers de Damas, les autorités syriennes auraient été irritées par le fait que, tout au long des années de guerre, le mouvement Amal – qui avait pourtant des relations étroites avec la Syrie depuis sa formation sur l’impulsion de l’imam Moussa Sadr et en particulier depuis l’arrivée de l’actuel président de la Chambre Nabih Berry à sa tête à partir des années 80 – n’avait pas clairement pris position aux côtés du régime. Selon ces mêmes visiteurs, les autorités syriennes auraient donc considéré que le mouvement Amal les lâchait. Certes, pendant toutes ces années, il n’a pas fait de déclarations hostiles à leur encontre, mais il n’a pas non plus pris des positions en leur faveur. Toujours selon les mêmes sources, depuis qu’il est devenu clair que le régime syrien allait rester en place, il y aurait eu plusieurs tentatives de la part du mouvement Amal de se rapprocher des Syriens et de rétablir les bonnes relations entre eux. Mais les autorités syriennes ne semblaient pas disposées à faire un geste en ce sens... Jusqu’à la visite de la délégation présidée par Assaad Hardane.

Il faut préciser dans ce contexte que Hardane, qui a été pendant un certain temps chef du Parti syrien national social (PSNS) avant de lancer un mouvement de contestation et une sorte de scission à la suite des dernières élections au sein de ce parti, a gardé de bonnes relations avec les autorités syriennes. Et le PSNS a participé aux combats en Syrie, aux côtés de l’armée du régime. La présence du député Ali Hassan Khalil dans la délégation que M. Hardane présidait a donc été perçue comme un signe positif de la part de la Syrie à l’égard du mouvement Amal et une volonté de dissiper le malaise qui s’était installé dans les relations entre ces deux parties.

Toutefois, selon certaines informations, la délégation libanaise a effectué plusieurs contacts à Damas mais le député Ali Hassan Khalil n’était pas présent lors de la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères syrien Fayçal Mokdad. Certains médias en ont immédiatement déduit qu’il s’agit d’un message négatif de la part des autorités syriennes au mouvement Amal. D’autres en ont minimisé l’importance alors que nombre d’entre eux ont démenti l’information. Face à ces différentes versions, il n’y a eu aucune position officielle, ni pour confirmer la présence de Khalil à la rencontre avec Mokdad ni pour l’infirmer.

Le flou demeure donc sur cette question, mais ce qui est sûr, c’est que de plus en plus de parties cherchent aujourd’hui à rétablir leurs relations avec les autorités syriennes. Cette tendance s’est précisée depuis la divulgation d’informations sur un début de dialogue entre les autorités syriennes et saoudiennes. Des analystes y ont aussitôt vu la perspective de relancer le fameux accord « S-S », selon la formule de Nabih Berry, qui avait permis en 2009 et 2010 à Damas et Riyad de se partager l’influence sur le Liban.

De même, les derniers propos attribués au chef du PSP Walid Joumblatt dans lesquels il a évoqué l’aide qu’avait accordée le président Hafez el-Assad aux druzes, ainsi que la grande réconciliation qui s’est déroulée à Khaldé le week-end dernier entre Joumblatt, l’émir Talal Arslane et l’ancien ministre Wi’am Wahhab, ont été interprétés comme une volonté de la part du leader de Moukhtara non pas de revenir vers la Syrie, mais au moins de pacifier les relations avec elle comme d’ailleurs avec toutes les composantes locales, dans le but de protéger le Liban, et en particulier la Montagne, en cette période confuse.

Ces éléments mis bout à bout semblent annoncer les prémices d’un changement dans l’attitude des différentes parties politiques libanaises à l’égard des autorités syriennes. Est-ce à dire que le Liban se prépare à une nouvelle période de tutelle ? Toutes les parties politiques interrogées répondent par la négative, affirmant que le contexte de 2021 est totalement différent de celui des années 1990...


Derrière les crises apparentes et multiples qui pèsent actuellement sur le quotidien des Libanais, se profile en douce le problème des relations avec la Syrie. Personne n’en parle ouvertement, mais ce dossier, qui n’a jamais été clairement réglé depuis 2005 (lorsque, suite à l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, les soldats syriens ont été contraints de quitter le Liban...

commentaires (7)

Eh bien Mme Haddad, En ce qui concerne les forces politiques souverainistes, les vrais, les durs, rien n'a changé et La Syrie n'est pas la bienvenue sur la scène politique. La Syrie devrait être conduite devant les tribunaux internationaux pour crime de guerre contre les Libanais, vol et destruction du pays pour des montants qui s’élèvent a plus de 70 milliards de USD. Après seulement nous pourrons discuter de relations de bon voisinage car ce pays a été tout sauf un bon voisin et surtout pas une sœur. Espérons, comme le dit si bien un internaute, que ces traîtres finissent par voir la lumière et revenir l'esprit ouvert et guéri pour le bien du pays et du peuple Libanais. Sinon, ils peuvent toujours se faire pendre comme Judas nous ne nous fâcherons pas non plus.

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 53, le 02 juillet 2021

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Commentaires (7)

  • Eh bien Mme Haddad, En ce qui concerne les forces politiques souverainistes, les vrais, les durs, rien n'a changé et La Syrie n'est pas la bienvenue sur la scène politique. La Syrie devrait être conduite devant les tribunaux internationaux pour crime de guerre contre les Libanais, vol et destruction du pays pour des montants qui s’élèvent a plus de 70 milliards de USD. Après seulement nous pourrons discuter de relations de bon voisinage car ce pays a été tout sauf un bon voisin et surtout pas une sœur. Espérons, comme le dit si bien un internaute, que ces traîtres finissent par voir la lumière et revenir l'esprit ouvert et guéri pour le bien du pays et du peuple Libanais. Sinon, ils peuvent toujours se faire pendre comme Judas nous ne nous fâcherons pas non plus.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 53, le 02 juillet 2021

  • Paul de Tarse sur le chemin de Damas a vu soudain la lumière divine et s'est converti au Christianisme pour terminer sa vie en Saint et en grand apôtre de Jesus. Prions pour que nos politiciens qui font le chemin de Damas soient au moins touchés par la foudre divine qui puisse leur écarquiller les yeux et les gratifier d'une conscience morale afin qu'ils oeuvrent pour le bien de leur pays!

    Georges Airut

    02 h 45, le 02 juillet 2021

  • Il faut bien aller a Damas pour recevoir les comissions reversees sur le trafic de fuel subventionne....

    Michel Trad

    18 h 18, le 01 juillet 2021

  • Nos chers politiciens suivant toujours de grandes et nobles visions, des principes honnêtes, trouvent toujours l‘excuse de la diplomatie quand ils sautent d‘un clan à l‘autre. Business as usual pour ces magnates qui n’ont aucun projet omis celui de rester en œuvre. Le peuple désorienté et impuissant attend que la nature rappelle les grisonnants, leurs descendants étant moins talentueux. C’est l’unique espoir.

    Khazzaka May

    13 h 01, le 01 juillet 2021

  • REBELOTE, nos chers elus kellon repetent leur trahison, a moins qu'ils ne sentent menaces et fuient le navire appele Liban !

    Gaby SIOUFI

    08 h 46, le 01 juillet 2021

  • Ah les nostalgiques de la mainmise syrienne et leur porte parole s’activent de plus en plus. Mais il n’y a plus d’argent à voler, donc ne vous agitez pas trop.

    Censuré par l’OLJ

    08 h 39, le 01 juillet 2021

  • TOUT LE MONDE S'EST DONC SOUDAIN ASSAGI ...RETOUR À LA NORMALE CLASSIQUE .

    Chucri Abboud

    03 h 31, le 01 juillet 2021

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