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Les Bleus à un carrefour riche d’incertitudes

Les Bleus à un carrefour riche d’incertitudes

Les champions du monde français vivront peut-être un triste été, mais les affaires courantes reprendront très vite, dès le 1er septembre pour les qualifications au Mondial 2022. Autre rendez-vous pour Hugo Lloris et ses partenaires : le Final 4 de la Ligue des nations, en octobre. Franck Fife/AFP

Et maintenant ? L’équipe de France, éliminée dès les huitièmes de finale de l’Euro, se retrouve au croisement de plusieurs inconnues à un an du Mondial 2022. Le chef d’équipe Didier Deschamps a plusieurs chantiers sur le feu, à dix-sept mois du voyage au Qatar. Le sélectionneur, sous contrat jusqu’au tournoi planétaire, a donné rendez-vous à ses troupes en septembre pour la reprise des qualifications et le patron de la Fédération française « ne pense pas » que cette élimination prématurée compromettra son avenir. « Il ne faut pas confondre les choses, on aura besoin de discuter », a déclaré hier Noël Le Graët.

Défense sans filet

Les Bleus ont gagné le Mondial en 2018 avec leur défense, ils ont perdu l’Euro à cause d’elle. L’arrière-garde tricolore a maté l’Allemagne (1-0) en ouverture, mais elle a pris l’eau contre la Hongrie (1-1), sur un mauvais placement de Benjamin Pavard, contre le Portugal (2-2) avec deux penalties concédés, avant surtout de s’effondrer contre la Suisse (3-3 a.p., 5-4 t.a.b.). Certes, les pépins physiques ont assommé les Français, entre le K.-O. de Pavard contre la Mannschaft, la blessure musculaire de Lucas Digne, le coup reçu par Jules Koundé et le genou abîmé de Lucas Hernandez. Mais ils ont rendu encore plus flagrantes les carences au poste d’arrière droit : Pavard diminué, Deschamps a utilisé le défenseur axial Koundé à contre-emploi et maintenu Léo Dubois sur le banc.

Il a aussi osé un schéma à trois centraux avec Clément Lenglet contre la Suisse et le défenseur du FC Barcelone a manqué sa rencontre, en cédant sur le premier but, rendant fébriles ses voisins Presnel Kimpembe et Raphaël Varane. Désireux de « placer le trio offensif dans les meilleures dispositions », Deschamps en a presque oublié d’assurer ses arrières. L’urgence commence par là.

Attaque à appuyer

Après un retard à l’allumage, le trident offensif des Bleus a remis les pendules à l’heure contre la Suisse, sans que cela ne soit suffisant. Karim Benzema a de nouveau brillé avec un doublé, comme face au Portugal, et son association avec Kylian Mbappé et Antoine Griezmann a fait mal. Sur le premier but tricolore, ce dernier agit comme une rampe de lancement pour Mbappé qui remise sur Benzema. L’avant-centre du Real Madrid s’emmène alors le ballon dans la surface pour tromper Yann Sommer avec un pointu du pied gauche. Sur le deuxième, Griezmann sert Mbappé qui lui remet d’une talonnade, le Mâconnais pique son ballon au-dessus du gardien qui détourne légèrement et Benzema surgit de la tête au second poteau. Indéboulonnable depuis le début du tournoi, le trio a produit le déclic espéré par Deschamps, sélectionneur qui a pris un risque certain, mais calculé, en rappelant l’ancien banni Benzema à la surprise générale. Mais en le faisant au début de l’été, et non au stage de mars, il n’a pas eu le temps de perfectionner un trio qui n’a pas donné sa pleine mesure.

Avec quels hommes repartir ?

Malgré la fatigue affichée par les titulaires, Deschamps n’a introduit qu’une rotation très limitée au cours du tournoi, envoyant un message peu emballant aux habitués du banc. Wissam Ben Yedder n’a ainsi jamais joué et Olivier Giroud, le deuxième buteur de l’histoire des Bleus, a dû se contenter de miettes, magré son statut et son doublé contre la Bulgarie (3-0) en préparation. À 34 ans, l’attaquant de Chelsea ne semble plus trop entrer dans les plans du sélectionneur, comme Dubois, Lenglet et Kurt Zouma. Au-delà du trio d’attaque, Deschamps peut en revanche toujours s’appuyer sur ses milieux N’Golo Kanté et Paul Pogba. Le dernier notamment a réalisé un Euro de toute beauté, malgré une erreur sur le troisième but suisse. Dans ce secteur de jeu, la France dispose d’un réservoir sans équivalent, avec les espoirs Eduardo Camavinga, Aurélien Tchouaméni ou encore Boubakary Soumaré.

Pas le temps de cogiter

Les champions du monde vivront peut-être un triste été, mais les affaires courantes reprendront très vite, dès le 1er septembre avec la réception de la Bosnie-Herzégovine pour les qualifications au Mondial 2022. Ils enchaîneront avec un déplacement en Ukraine trois jours plus tard, avant de recevoir la Finlande, le 7 septembre à Lyon. Autre rendez-vous pour Hugo Lloris et ses partenaires : le Final 4 de la Ligue des nations, en octobre en Italie. Les Bleus affrontent la Belgique en demi-finale à Turin le 7 octobre et espèrent atteindre la finale de cette épreuve contre l’Espagne ou l’Italie. Un titre, même honorifique, pourrait leur remettre un peu la tête à l’endroit.

Jérémy TALBOT et

Antoine MAIGNAN/AFP

Et maintenant ? L’équipe de France, éliminée dès les huitièmes de finale de l’Euro, se retrouve au croisement de plusieurs inconnues à un an du Mondial 2022. Le chef d’équipe Didier Deschamps a plusieurs chantiers sur le feu, à dix-sept mois du voyage au Qatar. Le sélectionneur, sous contrat jusqu’au tournoi planétaire, a donné rendez-vous à ses troupes en septembre pour la reprise des qualifications et le patron de la Fédération française « ne pense pas » que cette élimination prématurée compromettra son avenir. « Il ne faut pas confondre les choses, on aura besoin de discuter », a déclaré hier Noël Le Graët.Défense sans filetLes Bleus ont gagné le Mondial en 2018 avec leur défense, ils ont perdu l’Euro à cause d’elle. L’arrière-garde tricolore a maté l’Allemagne (1-0)...
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