Béchara Raï a accusé la classe politique de vouloir « financer ses campagnes électorales avec l’argent des déposants ». Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï s’est élevé hier contre les acrobaties politico-financières décidées la semaine dernière pour l’achat de carburant. Il a notamment accusé la classe politique de « voler » l’argent des déposants, en puisant dans les réserves obligatoires de la Banque du Liban (BDL), pour « financer ses campagnes électorales » et encouragé un recours en invalidation des décisions prises.
« Le clan politique qui isole délibérément le Liban de ses amis, appauvrit son peuple, sape son régime, dénature son pacte national, falsifie son identité et foule au pied la dignité des Libanais, vole aujourd’hui l’argent des déposants en puisant dans les réserves obligatoires de la Banque du Liban. C’est comme s’il voulait financer ses campagnes électorales avec l’argent des déposants », a dénoncé Mgr Raï, en faisant ainsi allusion aux prochaines présidentielle, législatives et municipales, en 2022.
« Ce qui se passe est un crime qualifié. Tout décret approuvé par le gouvernement en ce sens ou loi votée par le Parlement pour autoriser ce retrait des réserves devrait faire l’objet d’un recours en invalidation devant les autorités judiciaires compétentes », a insisté Mgr Raï. « Il est étrange que ce clan politique qui s’autorise à prendre l’argent du peuple s’interdit de former un gouvernement pour ce même peuple. Tout est-il devenu possible, si ce n’est la formation d’un gouvernement ? » s’est interrogé le chef de l’Église maronite.
« Ces mesures alternatives sont le résultat de l’absence de formation d’un cabinet de salut, capable d’entreprendre les réformes nécessaires pour obtenir l’aide de la communauté internationale. Formez un gouvernement et laissez l’argent du peuple! » a-t-il lancé à l’adresse des responsables.
« Une miche de pain, un peu d’essence »
Parallèlement, le métropolite Élias Audi a regretté qu’en dépit de tous les malheurs auxquels est confronté le pays, les responsables n’aient pas mis un terme à leur « approche destructrice » et n’aient « rien fait pour empêcher l’effondrement ».
« Dans notre pays, les gens meurent à la recherche d’une miche de pain ou d’un peu d’essence », a-t-il déploré. « La conscience des fonctionnaires n’a pas bougé, ils ont maintenu leur approche politique destructrice en émettant déclarations et contre-déclarations, ne recherchant que des intérêts personnels étroits. Combien de jeunes devraient encore émigrer? Combien d’enfants auront encore faim ? Combien de patients souffriront sans médicaments ? » a-t-il demandé.
« Nous sommes dans un pays dépourvu des droits humains les plus basiques. Nous vivons un vide politique, un déclin économique et une décadence morale dans lesquels l’homme, en tant que commerçant, importateur ou monopoliste, exploite son prochain », a lancé Mgr Audi. « D’autres pays ont surpassé l’épreuve difficile que nous traversons, mais la différence est que leurs responsables ont agi pour trouver des solutions », a déploré le métropolite.


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Comment se fait-il que ce digne Patriarche n'a plus aucune autorité? Il s'égosille à ramener à la raison les hommes politiques qui détruisent, pillent et sapent les fondements de leur propre pays et le laissent délibérément s'effondrer totalement. Mais rien n'y fait. Personne ne l'écoute. Comme Jésus, il prêche dans le désert!
02 h 28, le 29 juin 2021