La banque centrale amérciaine (Fed) a levé jeudi des restrictions imposées pendant la pandémie sur les versements de dividendes et de rachats d’actions. Photo d’archives AFP
La banque centrale américaine a annoncé jeudi que les 23 grandes banques américaines avaient réussi haut la main les tests de résistance (elles disposaient de montants en capitaux bien supérieurs à ceux exigés au vu des risques), permettant la levée des restrictions imposées pendant la pandémie sur les versements de dividendes et de rachats d’actions. Concrètement, les banques, dont JPMorgan Chase, Wells Fargo et Bank of America, vont pouvoir émettre prochainement des dizaines de milliards de dollars de dividendes et de rachats d’actions, signalant alors une forme de normalisation
La Fed avait imposé des restrictions il y a un an, invoquant alors la nécessité de conserver du capital pendant la crise. Elle interdisait à ces grands établissements de procéder à des programmes de rachats d’actions et plafonnait les versements de dividendes aux actionnaires. Cette mesure devait s’achever initialement fin décembre 2020. Elle avait été allégée, mais prolongée dans un premier temps jusqu’au 31 mars puis jusqu’à fin juin.
Les tests de résistance avaient été mis en place par la loi Dodd-Frank après la crise financière de 2008 et évaluent la résilience des grandes banques en estimant leurs pertes, leurs revenus ou encore leurs niveaux de fonds propres, qui fournissent une protection contre les pertes dans des conditions hypothétiques et sur une période de neuf trimestres à venir. Ils ont été réalisés trois fois au cours de la dernière année en raison de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, contre une seule fois par an auparavant.
Récession et dette des entreprises
Pour ces derniers tests, la Fed avait pris comme base une grave récession mondiale combinée à des tensions importantes sur le marché de l’immobilier commercial et de la dette des entreprises. Dans ce scénario, le taux de chômage augmentait de 4 points de pourcentage pour atteindre un sommet de plus de 10 %, alors que la Fed table actuellement sur un taux de chômage de 4,5 % à fin 2021. Le PIB chutait, lui, de 4 % entre le quatrième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2022. Et les prix des actifs baissaient fortement de 55 %. Sur la base de ces éléments catastrophiques, « les 23 grandes banques perdraient collectivement plus de 470 milliards de dollars, dont près de 160 milliards de pertes liées à l’immobilier commercial et aux prêts aux entreprises », détaille la Fed. « Cependant, leurs ratios de capital chuteraient à 10,6 % », ce qui resterait plus du double du taux minimum requis.
Source : AFP

