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Culture - Programme

Les écrans du Liban se rallument, même en plein black-out

La 16e édition des « Écrans du réel », organisée par l’association Metropolis, présente un programme éclectique et varié dans plusieurs régions du pays.

Les écrans du Liban se rallument, même en plein black-out

« Adolescentes », primé aux Césars. Photo Sébastien Lifshitz

L’association Metropolis, en partenariat avec l’Institut français du Liban et le soutien de GIZ Civil Peace Service, a lancé le 18 juin la 16e édition du Festival international du film documentaire « Écrans du réel ». Il se déroule jusqu’au 30 juillet dans plusieurs régions du Liban : au cinéma Montaigne de l’Institut français de Beyrouth (qui ouvre à nouveau ses portes), au Beirut Art Center (Jisr el-Wati), au Ishbilia Theatre & ArtHub (Saïda) mais aussi à al-Fundoq (Maasser el- Chouf), Action4Hope (Békaa), et à Hammana Artist House (Hammana).


« Let’s talk », de et avec Marianne Khoury. Crédit : Misr International films


Cette nouvelle édition proposée dans tous les coins du pays présente un panorama passionnant de la création documentaire actuelle avec une sélection de films primés dans nombreux festivals et dont la plupart sont encore inédits au Liban.

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Que s’est-il passé en cette année 2020-2021 ? Pendant la crise sanitaire, bien que de nombreux pays aient mis en suspens leur vie active et commerciale, l’industrie cinématographique et la création artistique n’ont pas cessé de fonctionner. Au ralenti peut-être, mais avec détermination. Nombre de réalisateurs se sont battus pour ne pas rester immobiles et essayer de s’oxygéner à travers leurs films. Une année entière, et même plus, est passée. Où en étions-nous du cinéma quand tout s’est arrêté ? S’en rappelle-t-on vraiment ? La pause qu’a effectuée le 7e art a-t-elle été bénéfique ou désavantageuse ? A-t-elle permis une nouvelle réflexion ? Un état des lieux ? Un constat sur les sujets ou sur les besoins des spectateurs ? Autant de questions qui se posent avec la reprise des festivals en présentiel et la réouverture des salles de cinéma.


« Bitter Bread » de Abbas Fahdel, ou quand le pain quotidien est amer. DR

Quoi qu’il en soit, revenir dans une salle et partager les émotions d’un film inédit, quelle aubaine pour le spectateur, mais aussi quelle récompense pour l’auteur et le metteur en scène qui n’ont certes pas mis leur travail dans le tiroir, mais ont fait des « slaloms » afin de les présenter dans certains festivals qui ouvraient ou se refermaient, c’est selon. Pour l’association Metropolis qui n’a pas encore une salle fixe (après son départ de la salle Empire Sofil à Achrafié début 2020), il était essentiel de maintenir ce rendez-vous annuel, et il a pu l’être grâce à la collaboration avec différents partenaires amoureux du cinéma qui ont prêté leurs salles à cet effet. « Écrans du réel », festival du documentaire par excellence, a prouvé tout au long de ses seize années d’existence qu’il pouvait être le pouls du cinéma qui bat et qui ne s’arrête pas en se mettant au diapason du quotidien des gens. Il est le miroir de leurs affres, de leurs peurs et de leurs désirs. Mais aussi leur exutoire. Cette édition présente ainsi vingt documentaires, essentiellement du Liban, de l’Égypte, de la France, qui traduisent cette flamme qui a vacillé un peu, mais s’embrase aujourd’hui de nouveau pour briller de mille feux.


Image tirée du film « Beirut Terminus » d’Elie Kamel. DR

Au programme donc : Talking About Trees de Suhaib Gasmelbari ; Let’s Talk de Marianne Khoury ; Beirut Terminus d’Élie Kamal ; The Adam Basma Project de Leila Basma ; Adolescentes de Sebastien Lifshitz ; Errans de Mira Adoumier ; Stove de Jad Andari; Their Algeria de Lina Soualem ; Kink Retrograde de Bassem Saad ; The Haunting Memory de Panos Aprahamian ; Overseas de Yoon Sung-a ; Sandjak de Chantal Partamian ; An Unusual Summer de Kamal al-Jafari ; The Insomnia of a Serial Dreamer de Mohamed Soueid ; We Are from There de Wissam Tanios ; As Above, As Below de Sarah Francis ; Dreaming Alyonka de Volga ; Bitter Bread de Abbas Fahdel ; The Landing d’Akram Zaatari; Honeyland de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov; What Side On Earth Do I Work For ? de Mohamed Berro.

Réservations sur metropoliscinema.net Prix des billets : 10 000 LL. 

Le choix de « L’OLJ »

« Let’s Talk » de Marianne Khoury

Une mère et sa fille explorent ensemble quatre générations de femmes d’une même famille, une famille égyptienne, originaire du Levant, une famille où la vie et le cinéma ont toujours été et continuent d’être intrinsèquement liés. C’est une histoire intime entre des images d’archives personnelles où se croisent réalité et fiction et les films autobiographiques de Youssef Chahine. D’Alexandrie au Caire, en passant par Paris et La Havane, Marianne Khoury, nièce de Youssef Chahine, nous entraîne dans un voyage personnel, à la fois viscéral et visuel, en interrogeant les émotions de ces femmes et leurs destins.

-Jeudi 24 juin, 20h, cinéma Montaigne (Institut français du Liban).

-Vendredi 2 juillet, 19h30, théâtre Ishbilia et ArtHub (Saïda).

« Beirut Terminus » d’Élie Kamal

Beirut Terminus explore les notions de frontières, d’identité et d’appartenance au sein d’une région du monde perpétuellement troublée. Utilisant le chemin de fer abandonné du Liban et ce qui reste de son infrastructure déserte comme décor principal, le film entremêle faits personnels et historiques, tout en effectuant un voyage contemplatif et géographique des gares périphériques du pays vers la gare centrale de sa capitale, Beyrouth, pour tenter d’analyser, de questionner et de comprendre son passé, son présent et son avenir incertain.

-Vendredi 25 juin, 19h30, théâtre Ishbilia et ArtHub (Saïda).

-Jeudi 22 juillet, 20h, cinéma Montaigne (Institut français du Liban).

En présence du réalisateur.

« Adolescentes » de Sebastien Lifshitz

Emma et Anaïs sont inséparables, et pourtant, tout les oppose. Le réalisateur Sebastien Lifshitz et la monteuse franco-libanaise Tina Baz suivent leur parcours depuis leur 13 ans jusqu’à leur majorité. Cinq ans de vie où se bousculent les transformations et les premières fois. À leurs 18 ans, on se demande alors quelles femmes sont-elles devenues et où en est leur amitié. À travers cette chronique de la jeunesse, le film dresse aussi le portrait de la France de ces cinq dernières années.-Lundi 28 juin, 19h, cinéma Montaigne (Institut français du Liban).

« Bitter Bread » de Abbas Fahdel

Abbas Fahdel revient au documentaire après avoir fait une pause avec son film Yara. Et, comme il l’a fait avec son précédent Homeland (Irak Year Zero), il aborde un univers que nous avons l’habitude de voir à travers le prisme biaisé de l’actualité : un camp de réfugiés syriens au Liban. Fahdel dépeint un hiver très difficile dans lequel même les actions les plus simples deviennent impossibles et, sans recourir à des images exploiteuses, il révèle l’inégalité qui s’exprime à travers la vie quotidienne. C’est un documentaire simple dans son apparence, mais profond dans sa politique. Encore une fois, les enfants sont la porte qui s’ouvre sur cet autre monde : beaucoup d’entre eux sont nés dans ces tentes et composent un petit univers parallèle à celui des adultes. Ce sont leurs visages qui ponctuent l’histoire ; une décision puissante dans un film qui, ancré dans le présent, questionne sans crainte l’avenir.

-Samedi 26 juillet, 20h, cinéma Montaigne (Institut français du Liban).En présence du réalisateur.


L’association Metropolis, en partenariat avec l’Institut français du Liban et le soutien de GIZ Civil Peace Service, a lancé le 18 juin la 16e édition du Festival international du film documentaire « Écrans du réel ». Il se déroule jusqu’au 30 juillet dans plusieurs régions du Liban : au cinéma Montaigne de l’Institut français de Beyrouth (qui ouvre à nouveau...

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