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Pour une égalité des genres - Chiffres clés

La violence domestique dans le monde

"Chaque jour, en moyenne, 137 femmes sont tuées par un membre de leur propre famille", a déclaré Phumzile Mlambo-Ngcuka, Secrétaire générale adjointe de l'ONU et Directrice exécutive d'ONU Femmes, dans une déclaration publiée en mars 2020. Ces chiffres effrayants ne sont que l'une des nombreuses conséquences de la violence et des abus, notamment la violence domestique, commis à l’égard des femmes. La violence domestique est définie comme un mode de comportement utilisé pour obtenir ou maintenir le pouvoir et le contrôle sur un partenaire intime. Outre la violence physique, celle-ci peut prendre de nombreuses formes différentes — actions ou menaces d'actions sexuelles, émotionnelles, économiques ou psychologiques —, dont la plupart finissent souvent par dégénérer en agressions physiques graves, selon les experts. C'est l'une des formes de violence les plus courantes subies par les femmes dans le monde entier, à tous les niveaux socio-économiques, et elle représente aussi bien un enjeu de santé publique majeur qu'une violation des droits humains. Les confinements pendant la pandémie de Covid-19 et leurs impacts socio-économiques ont accru la vulnérabilité des femmes face aux partenaires violents, tout en limitant leur accès aux services d’assistance et d’aide aux victimes.

Voici les derniers chiffres au niveau mondial :

Une femme sur trois dans le monde subit des violences physiques ou sexuelles — le plus souvent par un partenaire intime, mais pas seulement —, selon les données de l’ONU. Si l'on tient compte également du harcèlement sexuel, ce chiffre est encore plus élevé.

Au niveau mondial, 27 % des femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont été en couple déclarent avoir subi une forme de violence physique et/ou sexuelle de la part de leur partenaire intime.

Les estimations de la prévalence de la violence commise par des partenaires intimes au cours de la vie d’une femme vont de 20 % dans le Pacifique occidental, 22 % dans les pays à revenu élevé et en Europe et 25 % dans les régions des Amériques de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) jusqu’à 33 % dans la région africaine de l'OMS, 31 % dans la région de la Méditerranée orientale de l'OMS et 33 % dans la région de l'Asie du Sud-Est de l'OMS.

Si les hommes sont le plus souvent les victimes des homicides, ce sont les femmes et les filles qui sont tuées le plus souvent par des membres de leur famille ou des partenaires intimes : du total des victimes d'homicides en 2017, à l'échelle mondiale, 80 % étaient des hommes et 20 % de femmes, mais sur la totalité des homicides commis par des partenaires intimes, 82 % des victimes étaient des femmes, et 18 % des hommes.

Dans la majorité des pays pour lesquels des données étaient disponibles en 2015, moins de 40 % des femmes victimes de violences cherchent à obtenir de l’aide. Parmi celles qui le font, moins de 10 % appellent la police.

Selon la Banque mondiale, la violence basée sur le genre n'est pas seulement dévastatrice pour les survivants et leurs familles, elle entraîne également des coûts sociaux et économiques importants. Dans certains cas, on estime que la violence à l'égard des femmes coûte aux pays jusqu'à 3,7 % de leur PIB, soit plus du double de ce que la plupart des gouvernements dépensent pour l'éducation.

Dans le monde, au moins 38 % des meurtres de femmes sont commis par des partenaires intimes — dont la majorité sont des hommes.

Une étude du Fonds des Nations unies pour la population, publiée en avril 2020, estime qu'il y a eu une augmentation de 20 % des incidents de violence domestique dans les 193 États membres de l'ONU pendant les confinements liés à la pandémie de Covid-19 en 2020.

Violences sexuelles et physiques - Les chiffres au niveau mondial :

Environ une jeune fille sur 20 âgée de 15 à 19 ans, soit environ 13 millions de personnes dans le monde, a subi des rapports sexuels forcés au cours de sa vie.

Selon l'ONU, 3 victimes sur 4 de la traite des personnes sont des femmes, et 4 femmes victimes sur 5 le sont à des fins d'exploitation sexuelle.

Au moins 200 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales féminines (MGF) dans 30 pays où des statistiques sont disponibles. Dans la plupart de ces pays, la majorité des filles ont été mutilées avant l'âge de 5 ans.

En moyenne, 45% à 55% des femmes dans l'Union européenne ont été victimes de harcèlement sexuel depuis l'âge de 15 ans.

Dans l'UE, 31 % des femmes ont été victimes d’au moins un acte de violence physique depuis l'âge de 15 ans.

La Commission européenne estime qu'une femme sur 20 (5 %) ont été violées dans les pays de l'UE depuis l'âge de 15 ans.

Au moins 500 000 femmes vivant dans l'UE ont subi une mutilation génitale féminine.

Le mariage d’enfants - Les chiffres au niveau mondial :

Depuis 1995, le taux mondial de mariage d'enfants est passé d'une fille sur 4 à une sur 5, mais l'UNICEF estime que plus de 120 millions de filles supplémentaires se marieront avant leur 18e anniversaire d'ici 2030 si l'on n'empêche pas cette pratique.

Selon l'UNICEF, environ 21% des femmes et des filles dans le monde aujourd'hui —650 millions de personnes— ont été mariées avant l'âge de 18 ans.

La prévalence de mariage d’enfants a diminué en Asie du Sud, de 49% à 30% au cours de la dernière décennie.

Près de 12 millions de filles de moins de 18 ans sont mariées chaque année. En Afrique subsaharienne cela représente 37 % des jeunes femmes, soit 4 filles sur 10.

Le mariage d'enfants est souvent une conséquence des inégalités entre les genres, ce qui explique que les filles sont touchées de manière disproportionnée par cette pratique. Au niveau mondial, la prévalence du mariage d'enfants chez les garçons n'est que d'un sixième de celle des filles.

Le mariage d'enfants entraîne souvent des grossesses précoces et l’isolement social, interrompt la scolarité, limite les possibilités des jeunes filles et augmente leur risque de subir des violences domestiques.

Meurtres de femmes liés aux violences domestiques – Derniers chiffres par région (2017) :

Asie: C’est dans ce continent que le plus grand nombre de femmes ont été tuées (20 000) par un partenaire intime ou un membre de leur famille en 2017, avec un taux de 0,9 pour 100 000 femmes.

Afrique (19,000 cas en 2017) – Avec un taux d'homicide commis par des partenaires intimes ou des membres de la famille de 3,1 pour 100 000 femmes, l'Afrique est la région où les femmes courent le plus grand risque d'être tuées dans un cas de violence domestique.

Amériques (8,000 cas en 2017) – Le taux de meurtres liés à des violences conjugales ou domestiques était également élevé dans les Amériques en 2017, avec 1,6 pour 100 000 femmes.

Europe (3,000 cas en 2017) – Le continent européen a le taux de prévalence le plus bas au niveau mondial, avec 0.7 pour 100,000 femmes.

Océanie (300 cas en 2017) – Le taux de l’Océanie se situe à 1,3 pour 100 000 femmes.

(Source : Étude mondiale sur les homicides de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime - Les meurtres liés au genre Femmes de femmes et de filles, 2018)

Chiffres sur la violence domestique par pays des médias partenaires de Towards Equality (francophones ou avec des articles liés à cette thématique) :

→ Brésil :

Une personne est violée toutes les 8 minutes au Brésil, selon les données de 2019 du Forum brésilien de la sécurité publique : 85,7 % des victimes sont des femmes et environ 58 % ont moins de 13 ans.
Toujours selon le BPSF, 1 326 féminicides ont été enregistrés en 2019, soit une augmentation de 7,1% par rapport à l'année précédente. Près de 9 sur 10 ont été tuées par leur propre partenaire ou ex-partenaire, et plus de 66 % étaient noires.
16% des femmes âgées de 16 ans et plus ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime au moins une fois dans leur vie, et 26,2% des femmes âgées de 20 à 24 ans qui ont été mariées pour la première fois ou en union avant l'âge de 18 ans, selon les données de l'ONU.

→ France :

26 % des femmes âgées de 18 à 74 ans ayant déjà eu un partenaire intime ont subi des violences physiques et/ou sexuelles au moins une fois dans leur vie, et 9 % des femmes âgées de 18 à 74 ans ont subi des violences sexuelles perpétrées par une personne autre qu'un partenaire intime au moins une fois dans leur vie, selon les données de l'ONU.

La France a l'un des taux les plus élevés de féminicides en Europe occidentale. En 2019, 149 femmes ont été tuées à cause de la violence domestique, selon l'organisme de surveillance à but non lucratif Féminicides par compagnon ou ex.

Selon le ministère français de l'Intérieur, les cas de viols et de violences conjugales ont connu une augmentation de 11 % et 9 % respectivement l'année dernière, par rapport à leurs niveaux de 2019, lorsque 142 310 personnes, hommes et femmes, ont déclaré avoir été victimes de violences conjugales selon la police française — dont 88 % étaient des femmes.

→ Liban :

Selon la Fondation Thomson Reuters (TRF), les Forces de sécurité intérieure libanaises (FSI) ont déclaré que les signalements de violences domestiques ont doublé en 2020, avec 1 468 cas enregistrés, contre 747 l'année précédente. Cependant, il n'existe pas de statistiques officielles et les FSI ne sont pas autorisées à parler aux médias, précise la fondation.

ABAAD, une organisation de défense des droits des femmes, a vu les appels à sa ligne d'assistance tripler pour atteindre 4 127 en 2020, contre 1 375 en 2019, selon la TRF.

Globalement, chaque Libanais âgé de 20 à 50 ans connaît en moyenne 1,7 victime de violence domestique, selon une étude menée par Ipsos pour le Fonds des Nations unies pour la population et ONU Femmes publiée en mars 2021.

→ Maroc :

Au Maroc, plus de 50% des femmes ont subi des violences, selon les données 2019 publiées par le ministère de la Solidarité, de la Famille et du Développement social. Parmi ces femmes, seulement environ 28% ont demandé de l'aide à d'autres personnes.

16% des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées pour la première fois ou en union avant l'âge de 18 ans, selon les données de l'ONU.

Au Maroc, 8 femmes sur 10 ont déjà subi au moins un acte de violence au cours de leur vie, selon une étude de Statista.

→ Suisse :

29 personnes ont été tuées en Suisse en 2019 suite à des violences conjugales, dont 72% étaient des femmes, selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), ce qui signifie que deux tiers de tous les homicides de l'année dernière étaient le résultat de la violence d'un partenaire intime. Toutes les quatre semaines, une femme est tuée au sein d'un couple.

19 669 cas de violences domestiques ont été enregistrés en 2019, soit une hausse de 6,2 % par rapport à l'année précédente.

Selon une étude menée par Amnesty International en 2019, une femme interrogée sur cinq a subi des violences sexuelles en Suisse, et plus de 10 % des femmes interrogées ont été violées. Seules 8 % des femmes interrogées ont signalé l'agression à la police.

→ Royaume-Uni :

Au cours de l'année se terminant en mars 2020, 5,5 % des personnes âgées de 16 à 74 ans en Angleterre et au Pays de Galles ont subi des violences domestiques au cours des 12 mois précédents - dont 1,6 million étaient des femmes - selon les données du gouvernement britannique. Les femmes blanches étaient plus de deux fois plus susceptibles (7,7 %) que les hommes blancs (3,6 %) de subir des violences domestiques. Elles étaient également plus susceptibles de subir des violences domestiques que les femmes asiatiques (4,4 %) ou les femmes noires (4,6 %).

La police a enregistré un total de plus de 750 000 incidents et crimes liés à la violence domestique en Angleterre et au Pays de Galles (excluant le Grand Manchester) au cours de l'année se terminant en mars 2020, selon l'Office des statistiques nationales du Royaume-Uni.

Selon l'Office des statistiques nationales du Royaume-Uni, près d'une femme sur trois âgée de 16 à 59 ans sera victime de violences domestiques au cours de sa vie. Rien qu'en Angleterre et au Pays de Galles, deux femmes par semaine sont tuées par leur partenaire ou leur ex.

NDLR : Il n'y a pas de données plus récentes pour mettre à jour les chiffres européennes. Eurostat coordonne actuellement une enquête à l'échelle de l'UE sur les violence sexistes, dont les résultats sont attendus en 2023.


"Chaque jour, en moyenne, 137 femmes sont tuées par un membre de leur propre famille", a déclaré Phumzile Mlambo-Ngcuka, Secrétaire générale adjointe de l'ONU et Directrice exécutive d'ONU Femmes, dans une déclaration publiée en mars 2020. Ces chiffres effrayants ne sont que l'une des nombreuses conséquences de la violence et des abus, notamment la violence domestique, commis à...
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