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Moyen-Orient - Diplomatie

La Grèce et Chypre se prépareraient à rouvrir leurs ambassades à Damas

La République tchèque et la Roumanie étaient les seuls États membres de l’Union européenne à maintenir leur ambassade ouverte depuis l’éclatement de la guerre civile en Syrie.

La Grèce et Chypre se prépareraient à rouvrir leurs ambassades à Damas

Des Syriens passent devant des panneaux d’affichage représentant le président syrien Bachar el-Assad à Damas, le 25 mai 2021. Photo AFP

La Grèce et la République de Chypre se prépareraient à rouvrir leurs ambassades à Damas, fermées depuis 2012. L’Union des avocats syriens a rapporté lundi sur sa page officielle avoir signé un contrat avec le chargé d’affaires de l’ambassade chypriote en Syrie, Sivak Avedissian, afin de louer une nouvelle propriété pour abriter la représentation de la République de Chypre à Damas. Celle-ci se trouvera dans le quartier diplomatique de Abou Remmané, situé dans l’ouest de la capitale syrienne. Une photo de M. Avedissian et du président du barreau Firas Farès au moment de la signature du bail a également été dévoilée. Peu après cette annonce, un diplomate syrien ayant requis l’anonymat a cependant indiqué à la radio officieuse Sham FM que les ambassades chypriotes et grecques ont été rouvertes à Damas il y a plus de six mois, au sein desquelles des chargés d’affaires ont été nommés. L’ambassade de Hongrie aurait également été rouverte depuis un an, selon le diplomate précité. « Cela n’a pas été annoncé pour éviter que les trois pays subissent des pressions européennes. Les récents événements portent seulement sur la location d’un nouveau bâtiment dédié à l’ambassade de Chypre, il n’y a actuellement aucune initiative pour améliorer la représentation diplomatique avec ces pays », a-t-il ajouté.

Influence accrue

Fermées à partir de 2012 après l’éclatement de la guerre civile en Syrie, les ambassades des pays membres de l’Union européenne sont restées closes à l’exception de celles de la République tchèque et de la Roumanie. Plusieurs signes avaient récemment laissé entrevoir la réouverture des ambassades grecque et chypriote en Syrie. En mai 2020, la Grèce avait notamment nommé l’ancienne ambassadrice en Syrie et en Russie, Tasia Athanassiou, « envoyée spéciale du ministère grec des Affaires étrangères pour la Syrie ». Selon plusieurs sources, la pandémie du Covid-19 aurait retardé les préparatifs.

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À travers ce geste, Athènes et Nicosie pourraient chercher à étendre leur influence au Moyen-Orient. « Le chef de la diplomatie grecque avait déclaré que les relations avec la Syrie et la Libye étaient “extrêmement importantes” dans le passé. La Grèce et la République de Chypre espèrent élargir leur réseau d’alliés dans le monde arabe à travers Damas », analyse Berkay Mandiraci, spécialiste de la Turquie à l’International Crisis Group. Une volonté d’autant plus grande que les deux pays cherchent à consolider le front antiturc face à l’aventurisme croissant d’Ankara sur la scène régionale et internationale. Si la rencontre entre le ministre turc des Affaires étrangères et son homologue grec dimanche et lundi derniers a été positive, de profonds désaccords persistent entre Ankara d’une part et Athènes et Nicosie de l’autre, alors qu’« aucun progrès concret n’a été réalisé lors des récents pourparlers de Genève sur la solution chypriote, et un soutien croissant aux ultranationalistes chypriotes grecs lors des élections de dimanche dernier risque d’aggraver davantage le fossé sur l’île », poursuit le spécialiste. Sur le plan symbolique, la présence en Syrie du patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche revêt également une importance particulière pour la diplomatie culturelle grecque.

Mesures punitives

La réouverture des ambassades chypriote et grecque représente une victoire importante pour le régime syrien, qui espère retrouver petit à petit une légitimité internationale. La stratégie de Damas est d’agir comme si le conflit touchait à sa fin, en incitant les réfugiés syriens à retourner dans le pays désormais « sûr » et en appelant à sa reconstruction après 10 années de guerre dévastatrice. Mais l’UE est loin de faire le jeu du président syrien. « La ligne de l’UE concernant la normalisation avec le régime syrien est claire et continue, et les récentes élections organisées par lui ne peuvent conduire à aucune mesure de normalisation internationale », indique Luis Miguel Bueno, porte-parole de l’UE au Moyen-Orient.

Après la réélection sans surprise de Bachar el-Assad à la présidence du pays le 27 mai dernier, l’UE a ainsi déclaré que le scrutin n’était « ni libre ni équitable ». Depuis 2011, celle-ci impose également des sanctions à Damas en réponse à la répression que le pouvoir exerce sur sa population. À ce jour, 283 individus et 70 entités sont visées par ces mesures punitives, qui comprennent une interdiction d’entrée dans l’UE et un gel de leurs avoirs en Europe. Samedi, le ministère syrien des Affaires étrangères a accusé l’UE de « partenariat dans la guerre injuste contre la Syrie », après sa récente décision de renouveler ses sanctions contre Damas. La reconstruction de la Syrie sous Bachar el-Assad est surtout entravée par la loi César, qui a plongé le pays, déjà ruiné par la guerre, au bord de l’asphyxie. Entrée en vigueur à l’été 2020, cette loi sanctionne toute personne, société ou institution commerçant avec le pouvoir en place à Damas ou contribuant à la reconstruction du pays.


La Grèce et la République de Chypre se prépareraient à rouvrir leurs ambassades à Damas, fermées depuis 2012. L’Union des avocats syriens a rapporté lundi sur sa page officielle avoir signé un contrat avec le chargé d’affaires de l’ambassade chypriote en Syrie, Sivak Avedissian, afin de louer une nouvelle propriété pour abriter la représentation de la République de Chypre à...

commentaires (1)

La Grece et Chypre sont fous???

Eleni Caridopoulou

21 h 09, le 02 juin 2021

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Commentaires (1)

  • La Grece et Chypre sont fous???

    Eleni Caridopoulou

    21 h 09, le 02 juin 2021

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