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Moyen-Orient - Violences

Pas de répit à Gaza, en Israël et en Cisjordanie

L’offensive diplomatique s’intensifie pour tenter de faire cesser l’escalade meurtrière.

Pas de répit à Gaza, en Israël et en Cisjordanie

Un jeune Palestinien cherche des objets à sauver de sa maison détruite lors d’un raid israélien sur Gaza, hier. Mahmud Hams/AFP

Bombardements israéliens et salves de roquettes du Hamas palestinien ont fait des morts supplémentaires hier, tandis que les violences se ravivaient en Cisjordanie, au moment où la communauté internationale intensifie ses efforts pour tenter de faire cesser l’escalade meurtrière.

Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé hier une journée de grève générale et de « colère » en solidarité avec Gaza, qui a été très largement suivie. En marge de ces rassemblements, qui ont dégénéré en affrontements avec l’armée, deux Palestiniens ont été tués et des soldats israéliens blessés par balle. Depuis le début du nouveau cycle de violences armées entre l’État hébreu et des groupes de Gaza le 10 mai, au moins 230 personnes, en très grande majorité des Palestiniens, ont été tuées. Les raids israéliens se sont poursuivis sur l’enclave palestinienne de la bande de Gaza, laissant de plus en plus d’immeubles éventrés.

À peine ouvert quelques heures, le point de passage de Kerem Shalom a été refermé mardi par Israël après des tirs d’obus palestiniens, faisant faire demi-tour aux camions de l’aide internationale chargés de vivres, de médicaments et d’essence. La France a demandé hier à Israël de « garantir l’accès rapide et sans entrave de l’aide à Gaza », après la fermeture de ce point de passage crucial, a indiqué le Premier ministre Jean Castex devant l’Assemblée nationale.

40 000 déplacés

À la crise sécuritaire s’ajoute le risque d’une crise humanitaire, avec près de 40 000 Palestiniens déplacés et 2 500 personnes ayant perdu leur maison dans les bombardements, et un risque de pénurie alimentaire et sanitaire, selon les agences humanitaires internationales.

Côté israélien, deux ouvriers thaïlandais ont été tués dans l’après-midi par des tirs de missiles depuis Gaza vers le sud du pays, a annoncé la police.

En neuf jours, 3 500 roquettes ont été tirées dont environ 90 % ont été interceptées par le système de défense antiaérienne israélien, selon l’armée. Depuis le début des hostilités armées, 213 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1 440 blessés, selon un bilan palestinien. En Israël, douze personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées par des tirs de roquettes.

Le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir une quatrième fois en urgence hier, alors que les États-Unis refusent toujours l’adoption d’une déclaration appelant à « une cessation des violences ». Le président américain Joe Biden a exprimé pour la première fois son soutien à un « cessez-le-feu », lors d’un nouvel entretien téléphonique lundi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. « Nous continuerons le temps qu’il faudra pour ramener la tranquillité aux citoyens d’Israël », a toutefois martelé M. Netanyahu.

Diplomatie « discrète »

Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a menacé de tirer de nouvelles roquettes vers Tel-Aviv si l’aviation israélienne ne cessait pas « de cibler des civils », tandis que ses missiles visaient par dizaines le sud d’Israël. L’armée israélienne a dit avoir ciblé ce qu’elle appelle « le métro » – des tunnels souterrains permettant selon Israël au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions – ainsi que des maisons de commandants du Hamas, affirmant que certaines servaient à « stocker des armes ».

Sur le front diplomatique, le président palestinien Mahmoud Abbas a plaidé devant l’émissaire américain Hady Amr en visite en Cisjordanie pour une « intervention » de Washington. La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki a défendu l’approche diplomatique « discrète » mais « intensive » de Washington. Plusieurs canaux de médiation ont été ouverts. Les présidents français et égyptien Emmanuel Macron et Abdel Fattah al-Sissi, qui travaillent à une médiation, ont de nouveau discuté hier avec en plus le roi Abdallah II de Jordanie, selon la présidence française. Une seconde médiation est également en cours, via l’ONU aidée du Qatar et de l’Égypte.

Bruxelles s’est également penché à son tour sur le conflit, lors d’une visioréunion d’urgence des ministres européens des Affaires étrangères hier. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a appelé à « un arrêt immédiat de toutes les violences et à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu » entre Israël et les Palestiniens, une déclaration soutenue par 26 des 27 États membres, mais pas la Hongrie. « Nous condamnons les attaques de roquettes du Hamas et d’autres groupes terroristes sur le territoire d’Israël, et nous soutenons totalement le droit d’Israël à se défendre (...) mais cela doit être fait de façon proportionnée et en respectant le droit humanitaire international », a souligné M. Borrell à l’issue de la réunion.

Le conflit a éclaté après le tir d’un barrage de roquettes du Hamas sur Israël en solidarité avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. À l’origine des violences, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans ce secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

Source : AFP

Bombardements israéliens et salves de roquettes du Hamas palestinien ont fait des morts supplémentaires hier, tandis que les violences se ravivaient en Cisjordanie, au moment où la communauté internationale intensifie ses efforts pour tenter de faire cesser l’escalade meurtrière.Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé hier une journée de grève générale et de « colère » en solidarité avec Gaza, qui a été très largement suivie. En marge de ces rassemblements, qui ont dégénéré en affrontements avec l’armée, deux Palestiniens ont été tués et des soldats israéliens blessés par balle. Depuis le début du nouveau cycle de violences armées entre l’État hébreu et des groupes de Gaza le 10 mai, au moins 230 personnes, en très grande majorité des Palestiniens, ont été tuées. Les raids...
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