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Lifestyle - Coolitude

« Guernica » en version douce-amère par des chocolatiers basques

Une œuvre en chocolat grandeur nature du célèbre tableau de Picasso représentant le bombardement de la petite ville basque en 1937 pendant la guerre civile espagnole a été créée à l’occasion de la 85e commémoration de ce tragique événement.

« Guernica » en version douce-amère par des chocolatiers basques

Les artistes chocolatiers à l’œuvre. Vincent West/Reuters

C’est en 1937 que Pablo Picasso exprimait à sa manière grandiose une dénonciation du fascisme et du nazisme dans une peinture de 3,5 mètres de haut et 8 mètres de large, intitulée Guernica. Il y exprimait les horreurs de la guerre, dans des nuances de gris, de noir et de blanc. Sa peinture emblématique à l’huile a, depuis, inspiré d’innombrables et improbables réinterprétations dans d’autres médiums, y compris en tapisserie ou encore, d’une manière plus inattendue, en pièces de Lego. Aujourd’hui, 85 ans plus tard, une quarantaine d’artistes chocolatiers appartenant à une association locale Euskal Gozogileak (Chocolatiers basques) ont collaboré pour confectionner une réplique grandeur nature de l’impressionnante œuvre d’art. Pour mener ce projet à bout, l’équipe a patiemment travaillé, reproduisant finement et fidèlement les figures angulaires et les coups de pinceau de Picasso avec différents types de chocolat, pour les nuances et la consistante, en 14 plaques séparées. Dans leur version, riche en cacao, les pâtissiers ont adhéré étroitement à la composition originale de Picasso.

De la précision

Selon TeleMadrid et les nombreux médias qui ont relayé l’événement, les chefs ont utilisé plus de 500 kilos de cacao pour fabriquer le chocolat nécessaire à l’œuvre, allant jusqu’à peser et mesurer leurs ingrédients au milligramme et millimètre près. Des séquences vidéo montrent les artisans à l’œuvre, en train de tempérer avec précision le chocolat, de dessiner les formes avec des pipettes de laboratoire, utilisant également des pistolets à peinture pour obtenir des ombres, tout en se souciant de la durabilité nécessaire à cette réplique qu’ils veulent semi-permanente.

Dans un article publié en 2017, le Washington Post titrait que toutes ces années plus tard, l’attaque des nazis et fascistes contre Guernica gardait son acuité et ses cicatrices. Son signataire, Ishaan Tharoor, y soulignait que de nombreux historiens classent aujourd’hui le bombardement de Guernica comme un crime de guerre. « Au fur et à mesure que les rapports et les images de l’attaque se répandaient dans les journaux internationaux, le bombardement de Guernica est devenu l’un des premiers crimes contre l’humanité à avoir envahi l’imaginaire mondial. » Selon le musée Reine Sofia, qui abrite le fameux tableau dans ses collections, Picasso a créé une œuvre qui ne faisait pas spécifiquement allusion aux détails de l’attaque contre la ville basque, élaborant plutôt « un plaidoyer générique contre la barbarie et la terreur de la guerre ». En effet, le grand maître de l’art moderne a choisi d’axer son œuvre sur l’image chaotique, les visages accablés de chagrin et les corps entremêlés. Un taureau blanc se tient étrangement dans un coin, tandis qu’une mère lève son visage vers le ciel dans un élan de désespoir alors qu’elle tient un enfant sans vie dans ses bras.

La réplique en chocolat de 7,70 x 3,50 mètres du tableau « Guernica » est exposée dans la ville de Guernica pour commémorer le 85e anniversaire du bombardement de la petite ville basque par les avions nazis en 1937. Ander Gillenea/AFP

Un défi technique

Lorena Gomez, présidente de l’Association des chocolatiers basques, donne sa propre interprétation : « Il y a cette part de souffrance et cette part de paix. Et il y a un message d’espoir. Pour nous, c’est aussi très emblématique de notre patrie. » Le projet a été un défi technique en raison de la grande taille du tableau. Les chocolatiers ont exécuté l’œuvre chocolatée dans une cuisine industrielle de la petite ville de Lezo. « Nous nous sommes appliqués à faire correspondre différents modèles, couleurs et images, et nous avions du pain sur la planche ! »

a confié Ismael Sayalero, l’un des chocolatiers présents. « Nous avons peut-être raté quelques détails, mais dans l’ensemble je pense que cela s’est plutôt bien passé. » En plus de participer à un événement important de leur calendrier culturel, les artistes chocolatiers ont voulu attirer l’attention sur le haut niveau de savoir-faire que leur métier exige. « La confiserie a toujours été le parent pauvre de la haute cuisine, a déclaré Gomez. Ce que nous voulons, c’est apporter à ce secteur la reconnaissance qu’il mérite, au même titre que la gastronomie. » Le Guernica original de Picasso a beaucoup voyagé après sa création et son installation au musée Reine Sofia, attirant de grandes foules dans les musées d’Europe et des États-Unis. Les créateurs de cette version insolite se proposent d’en faire l’objet d’une exposition itinérante. La toile chocolatée a déjà été invitée à participer à des expositions internationales de chocolat à Paris et Madrid, rapporte TeleMadrid. Pour pouvoir la consommer sans modération, avec les yeux.


C’est en 1937 que Pablo Picasso exprimait à sa manière grandiose une dénonciation du fascisme et du nazisme dans une peinture de 3,5 mètres de haut et 8 mètres de large, intitulée Guernica. Il y exprimait les horreurs de la guerre, dans des nuances de gris, de noir et de blanc. Sa peinture emblématique à l’huile a, depuis, inspiré d’innombrables et improbables réinterprétations...

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