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Culture - Disparition

César Nammour, l’ami des arts, n’est plus

L’historien et éditeur est parti à pas feutrés vendredi dernier, laissant orphelins tous les artistes et les arts libanais.

César Nammour, l’ami des arts, n’est plus

César Nammour, historien de l’art, éditeur et fondateur du musée Macam. Photo DR

Il était plus qu’un mécène. Un ami de l’art et des artistes qu’il aimait protéger, alors que les institutions publiques font défaut dans ce domaine. César Nammour, historien de l’art et éditeur, décédé vendredi 7 mai à l’âge de 84 ans, avait suivi de près les arts plastiques au Liban depuis 1959. Il les avait accompagnés, leur a tendu la main avec son affabilité et son caractère chaleureux et jovial comme en attestent tous ses amis.

Après son BBA en gestion d’affaires à l’Université américaine de Beyrouth en 1961, il obtient un MBA en 1964 à l’Université américaine de Washington. Depuis, il ne s’est pas arrêté de créer, de construire. Ainsi, dans sa longue carrière, il a dirigé trois galeries : d’abord la Contact Art Gallery de Beyrouth, qu’il a cofondée en 1972, mais aussi la galerie Les Cimaises à Zouk Mosbeh, qu’il a cofondée en 1987, et Art et Culture toujours dans la même localité en 1993.

Outre l’intérêt qu’il portait à ces espaces d’art rassembleurs, le mécène s’intéressait aussi à l’édition et à la rédaction de livres. Très souvent conférencier sur la peinture et la sculpture libanaises (son sujet de prédilection), il a ainsi publié plus d’une centaine d’articles dans les journaux libanais et plus d’une vingtaine de livres sur l’art, notamment l’ouvrage d’art sur les Basbous. Il en a également préfacé plusieurs autres.

Témoin soucieux de la scène artistique beyrouthine et gardien de la mémoire institutionnelle de l’art contemporain, César Nammour cofonde la Société d’art contemporain en 1997 et l’Association libanaise des critiques d’art en 1998. Dans sa ville natale de Rabieh, il organise de nombreuses activités culturelles au club municipal alors qu’il dirige l’administration de la localité pendant plus de douze ans. Il a également enseigné l’appréciation de l’art et l’histoire de l’art dans de nombreuses institutions au Liban. César Nammour aimait rassembler, partager des idées et transmettre. Avec Gabriela Schaub, sa compagne, il cofonde la librairie RectoVerso en 2009, le Festival of Lebanese Art Book en 2010, devenu la Beirut Art Book Fair en 2011, et le Monot Street Book Market en 2011. Doté d’une âme toujours jeune et à l’âge où les gens de sa génération prennent leur retraite, César Nammour continue à avoir des idées nouvelles et avant-gardistes. RectoVerso pallie le manque de connaissance dans l’art moderne et contemporain au Liban et dans la région. Elle comprend plus de 800 titres sur les étagères, classés par ordre alphabétique, y compris les monographies d’artiste, catalogues d’exposition, magazines et livres de référence. Seulement 150 d’entre eux sont à la vente. Le reste provient de la collection personnelle de l’éditeur et la plupart d’entre eux sont rares, épuisés ou impossibles à trouver ailleurs.

Réalisant qu’il était nécessaire de préserver et de présenter ces œuvres d’art avec sa partenaire Gabriela Schaub, ils essayent de trouver un espace pour afficher les installations dispersées. Le projet prend forme puis s’élargit et inclut tout l’art moderne et contemporain. Ainsi naît le projet Macam en 2012. Perché sur une colline surplombant Byblos et la Méditerranée, l’endroit est une ancienne usine, maintenant devenue musée d’art contemporain, Alita. La réalisation d’un tel projet visionnaire va offrir aux artistes locaux une plateforme phénoménale pour présenter leurs œuvres. Avec plus de 400 sculptures et 60 artistes exposés, Macam accorde aux visiteurs une vue d’ensemble de l’œuvre de chaque artiste. De plus, il est ce lieu unificateur où César Nammour s’amusait à organiser des concours pour jeunes, des expositions en tous genres avec un grand respect pour la nature. Comme il l’a toujours désiré.


Il était plus qu’un mécène. Un ami de l’art et des artistes qu’il aimait protéger, alors que les institutions publiques font défaut dans ce domaine. César Nammour, historien de l’art et éditeur, décédé vendredi 7 mai à l’âge de 84 ans, avait suivi de près les arts plastiques au Liban depuis 1959. Il les avait accompagnés, leur a tendu la main avec son affabilité et son...

commentaires (1)

Grande perte...tu vas nous manquer,ici...

Marie Claude

08 h 07, le 10 mai 2021

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Commentaires (1)

  • Grande perte...tu vas nous manquer,ici...

    Marie Claude

    08 h 07, le 10 mai 2021

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