L’audience au cours de laquelle la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, devait interroger le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) dans « l’affaire de transferts financiers effectués vers l’étranger », en référence aux poursuites lancées pour des faits relevant du blanchiment d’argent et du transfert (supposément illégal) de fonds à l’étranger, a été reportée à la semaine prochaine. Le gouverneur ne s’était déjà pas présenté à l’audience prévue la semaine dernière et reportée à lundi.
En poste depuis 1993, Riad Salamé est visé par plusieurs affaires. Depuis janvier, il est au centre d’une procédure lancée par la justice suisse pour des faits relevant du blanchiment d’argent aggravé « au préjudice de la BDL ».
Si les déposants libanais subissent depuis l’automne 2019 des restrictions bancaires limitant l’accès à leur fonds en devises ou les transferts à l’étranger, plusieurs voix, dont l’ancien directeur général du ministère des Finances, Alain Bifani, ont dénoncé le fait que plusieurs milliards de dollars avaient malgré tout été exfiltrés du pays au profit de certains privilégiés. Une situation difficilement justifiable compte tenu de la gravité de la crise et au regard des standards internationaux en matière de transparence, bien que couverte au Liban par l’absence sur le plan juridique de loi instituant un contrôle formel des capitaux, qui aurait donc légalisé et généralisé ces restrictions. Lundi, le PDG de BLOM Bank, Saad Azhari, a concédé dans un entretien à Bloomberg que son établissement avait subi des « pressions » (selon une retranscription en arabe de la banque consultée par L’Orient-Le Jour), voire avait été « menacé » selon les termes employés par le banquier en anglais pour transférer de l’argent à l’étranger malgré les restrictions, sans toutefois identifier les auteurs des faits relatés.

