Une partisane du Likoud tient un poster à l’effigie du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dans le marché Mahane Yehuda, hier à Jérusalem. Emmanuel Dunand/AFP
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et ses rivaux ont tenté hier de rallier les dernières voix au terme d’une course électorale dominée par une intense campagne de vaccination anti-Covid et marquée par une vive compétition pour le monopole de la « vraie » droite. Ces quatrièmes élections législatives en moins de deux ans, prévues mardi prochain, ont sans doute été les plus étranges en Israël.
Malgré le déconfinement amorcé à la faveur de la plus intense campagne de vaccination au monde qui a permis d’inoculer deux doses de vaccins à près de 50 % de la population dont environ les deux tiers des électeurs, les règles sanitaires n’ont pu permettre la tenue de vastes « meetings » électoraux. Les candidats ont fait campagne par visioconférence, sur les réseaux sociaux, sur les radios locales, et ont limité l’accès à la presse pour de rares rencontres avec des électeurs. Dans un dernier élan avant le jour J, le chef de l’opposition Yair Lapid a rencontré hier des supporters à Hod Hasharon (centre), quand les candidats d’extrême droite Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir ont parcouru le marché Mahane Yehuda de Jérusalem.
« Suffisant ? »
Avant une rencontre avec des partisans à Raanana, au nord de Tel-Aviv, M. Netanyahu a, lui, aidé une ONG à la préparation de colis alimentaires pour des personnes défavorisées en prévision de la Pâque juive, débutant en fin de semaine prochaine. « Pour Pessah, nous serons tous vaccinés ! » a-t-il lancé dans une vidéo publiée sur Facebook où on le voit remplir des cartons.
Après les dernières élections, M. Netanyahu avait tenté en vain de former des gouvernements de droite stables en multipliant les promesses d’annexion par Israël de pans de la Cisjordanie occupée par Israël, un enjeu-clé pour une grande partie de l’électorat de droite. Mais cette fois-ci, « Pfizer a pris la place de l’annexion », résume pour l’AFP l’analyste politique israélienne Dahlia Scheindlin, soulignant ainsi l’emphase mise par le Premier ministre sur la vaste campagne de vaccination anti-Covid lancée dès décembre à la faveur d’un accord avec le géant pharmaceutique américain.
Mais le vaccin immunise-t-il Benjamin Netanyahu contre une défait? Les sondages créditent son parti, le Likoud, de 27 à 30 sièges, sur les 120 de la Knesset (Parlement), en première place face à ses adversaires, mais à court de quelques voix pour franchir avec ses alliés le seuil de la majorité (61 députés) requis pour pouvoir former un gouvernement. Au pouvoir sans discontinuer depuis 12 ans, M. Netanyahu est aussi accusé par la justice de corruption et de malversation dans une série d’affaires, ce qui alimente une contestation populaire contre lui, et même une fronde au sein de son parti. « Le vaccin l’aide, mais est-ce que ce sera suffisant ? » s’interroge Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem. « Le vaccin reste clairement sa carte électorale, il parle des vaccins tous les jours, il veut que les gens en parlent. Pour lui, c’est “vaccins, vaccins, vaccins”, au point où on en arrive presque à penser qu’il a lui-même vacciné la population », dit-il à l’AFP.
Guerre à droite
Lors des trois dernières campagnes électorales, Benjamin Netanyahu affrontait principalement le même rival : l’ancien chef de l’armée et centriste Benny Gantz. Après trois duels sans vainqueur, les deux hommes ont formé un gouvernement d’union au printemps qui a volé en éclats au début de l’hiver. Et l’étoile politique de Benny Gantz s’est étiolée.
Aujourd’hui, M. Netanyahu affronte le chef de l’opposition centriste Yair Lapid et deux candidats à droite : Gideon Saar, un ex-Likoud ayant formé le parti « Nouvel Espoir », et le ténor de la droite radicale Naftali Bennett. « Netanyahu est vraiment bon pour mener des campagnes négatives contre un candidat, mais avoir devant lui plusieurs candidats rend la chose beaucoup plus difficile », ajoute M. Rahat. Actuellement, ni les partis pro-Netanyahu (Likoud + partis religieux) ni les partis anti-Netanyahu (gauche, centre, une partie de la droite) n’arriveraient à obtenir assez d’appuis pour former un gouvernement, ce qui place Naftali Bennett (qui ne s’est pas positionné) dans le rôle de « faiseur de rois ».
« Nous sommes la vraie droite », a martelé jeudi soir M. Netanyahu à l’égard des électeurs de Bennett, affirmant qu’il ne laisserait pas à ce dernier le poste de Premier ministre dans une éventuelle rotation à la tête du gouvernement. « Quiconque cherche à renvoyer chez lui le gouvernement le plus corrompu au monde (...) vote Bennett », a rétorqué le principal intéressé, alors que des milliers d’Israéliens sont attendus ce soir à Jérusalem pour une dernière manifestation anti-Netanyahu avant les élections de mardi.
Source : AFP
Malgré le déconfinement amorcé à la faveur de la plus intense campagne de vaccination au monde qui a permis d’inoculer deux doses de vaccins à près de 50 % de la population dont environ les deux tiers des électeurs, les règles sanitaires n’ont pu permettre la tenue de vastes « meetings » électoraux. Les candidats ont fait campagne par visioconférence, sur les réseaux...


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