La junte birmane a lancé de nouvelles accusations de corruption contre Aung San Suu Kyi, qui pourrait être exclue de la vie politique si elle était reconnue coupable, et maintient son emprise sur plusieurs villes du pays en proie à une répression féroce. La junte resserre ainsi sa pression sur l’ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, maintenue au secret. La télévision d’État a diffusé une vidéo d’un homme d’affaires controversé qui confesse lui avoir versé 550 000 dollars en plusieurs fois entre 2018 et 2020. « D’après ce témoignage, les autorités ont détecté qu’Aung San Suu Kyi s’était rendue coupable de corruption et ils se préparent à l’inculper », a déclaré la chaîne MRTV. « Ces nouvelles accusations sont sans fondement et absurdes », a relevé hier l’avocat d’Aung San Suu Kyi, Khin Maung Zaw, affirmant que sa cliente a « peut-être des défauts, mais corrompre les gens n’est pas dans sa nature (...) la plupart des Birmans n’y croiront pas ». Sur le terrain, le bilan des victimes s’alourdit de jour en jour. Au moins sept personnes ont été tuées mercredi par les forces de sécurité, d’après l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Les violences ont été particulièrement importantes à Kalay (Ouest). Trois civils ont été touchés par des tirs mortels, soldats et policiers ouvrant le feu dans les rues et les places de la ville, rapporte l’ONG. Les militaires sont plus que jamais décidés à éteindre la contestation prodémocratie qui souffle sur le pays depuis le coup d’État du 1er février avec des manifestations quotidiennes et de nombreux fonctionnaires (enseignants, médecins, cheminots...) en grève.
Monde - Birmanie
Nouvelles accusations de corruption contre Suu Kyi
OLJ / le 19 mars 2021 à 00h00

