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Économie - Monnaie

Forte volatilité de la livre sur le marché durant le week-end

Forte volatilité de la livre sur le marché durant le week-end

La baisse de l’offre des agents de change est responsable de la volatilité du taux sur le marché, selon une source proche de l’Association des changeurs. Joseph Eid/archives AFP

Après avoir atteint 11 000 livres pour un dollar vendredi, la livre libanaise a été très volatile durant le week-end. Elle s’est dépréciée à près de 12 500 livres le samedi, selon plusieurs sources concordantes, pour ensuite revenir à 11 500 livres hier, selon une source proche de l’Association des changeurs. Cette dernière estime que la cause de cette volatilité est la diminution de l’offre physique en raison de l’arrestation de plusieurs changeurs. « Si quelqu’un veut acheter des dollars, il ne va plus se rendre chez un agent de change qui est fermé, mais va demander les taux sur plusieurs groupes de changeurs sur les réseaux sociaux, faisant ainsi augmenter artificiellement la demande », explique-t-elle. Ainsi, si une personne voulant acheter 100 dollars va demander leur taux à plusieurs agents, ils vont croire qu’il s’agit de plusieurs opérations différentes, alors que ce n’est pas le cas. Cette source regrette donc la vague d’arrestations et la fermeture des bureaux de change qui ont débuté la semaine passée, les agents étant accusés de ne pas respecter le taux de 3 900 livres pour un dollar, institué depuis juin 2020 avec la circulaire n° 5 de la Banque du Liban (BDL) qui a mis en place l’application Sayrafa. Cette dernière devait permettre aux agents de change d’enregistrer les transactions à ce taux.

Or, le fait qu’il n’ait aucun moyen pour connaître la véritable demande sur le marché ne permet pas de savoir quel devrait être le taux réel. Sans compter que, toujours selon cette source, les agents économiques qui souhaitent vendre des dollars « se basent sur les applications ou les plateformes électroniques qui relayent les taux et n’acceptent donc pas un taux inférieur ». La source ne jette toutefois pas la pierre à ces plateformes – contrairement à l’État libanais qui leur a interdit l’accès sur le réseau passant par Ogero –, car elles permettent tant bien que mal aux agents économiques d’accéder à des informations sur le taux. L’accès aux plateformes reste toutefois possible au moyen des données mobiles ou par VPN-Virtual Private Network.

Les banques non responsables de la volatilité

Des rumeurs concernant l’implication des banques dans cette dépréciation allaient également bon train samedi sur les réseaux sociaux. Les banques étant accusées de siphonner les dollars sur le marché pour parvenir à remplir les conditions concernant les capitaux propres et la liquidité fixées en août par la BDL (circulaire n° 154), comme prérequis avant la restructuration du secteur qui devrait débuter ce mois-ci. Sans oublier qu’elles pourraient également vouloir acheter des dollars pour consolider leurs bilans afin de rester sur le marché, ajoute une source.

L’Association des banques du Liban (ABL) a déjà nié, il y a une dizaine de jours, toute responsabilité des banques dans les dérapages du taux, au lendemain du dépassement du seuil des 10 000 livres pour un dollar. Selon l’ABL, le marché des changes libanais est tout simplement trop petit pour répondre aux besoins des banques (3 millions de dollars sur le marché, selon l’ABL, alors que les besoins de liquidité s’élèvent à plus de 4 milliards de dollars).

Si la source proche des agents de change affirme que des établissements bancaires ont bien et bel acheté des dollars contre des chèques bancaires en dollars (provenant de comptes sur lesquels s’appliquent depuis l’été 2019 des restrictions sur les retraits et les transferts à l’étranger), elle exclut que les banques soient la cause de la volatilité récente du marché. « Cela a bien sûr impliqué une dépréciation de la livre, mais elle doit être plus lente. La volatilité de ce week-end était trop forte pour que les banques en soient responsables. »

La livre a commencé à se déprécier à l’été 2019, quand la BDL a restreint l’accès au billet vert dans l’économie. Se côtoient actuellement trois taux de change différents (en excluant les autres taux liés aux chèques bancaires) : le taux officiel (1 507,5 livres pour un dollar), le taux de retrait des « dollars libanais » (3 900 livres) et le taux du marché noir, qui a donc atteint hier près de 11 500 livres. Depuis que le billet vert a passé la barre symbolique des 10 000 livres, les manifestations contre le pouvoir en place ont repris à travers le Liban.

Après avoir atteint 11 000 livres pour un dollar vendredi, la livre libanaise a été très volatile durant le week-end. Elle s’est dépréciée à près de 12 500 livres le samedi, selon plusieurs sources concordantes, pour ensuite revenir à 11 500 livres hier, selon une source proche de l’Association des changeurs. Cette dernière estime que la cause de cette volatilité est la diminution de l’offre physique en raison de l’arrestation de plusieurs changeurs. « Si quelqu’un veut acheter des dollars, il ne va plus se rendre chez un agent de change qui est fermé, mais va demander les taux sur plusieurs groupes de changeurs sur les réseaux sociaux, faisant ainsi augmenter artificiellement la demande », explique-t-elle. Ainsi, si une personne voulant acheter 100 dollars va demander leur taux à...
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